Vision Of Disorder – Imprint

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Style: hardcore/metalAnnee de sortie: 1998Label: Roadrunner Records

Une vague de sons comme autant d’uppercuts déboule dans les enceintes, cet album se déverse avec une intensité que peu de groupes arrivent à exprimer et qui ne tarira pas jusqu’à sa dernière note. Vision of Disorder confronte metal et hardcore, s’extrayant, dans la banlieue de New York des années 90, de deux scènes alors dos à dos.

Après plusieurs démos/EP et de nombreux concerts entre Long Island et New York dans les années 94/95, qui ont posé le groupe comme un des représentants les plus actifs de la scène hardcore de la région, le groupe se démarque avec un premier album éponyme marqué par une vision assez neuve, insufflant un son metal à une base hardcore new-yorkaise traditionnelle. 2 ans après leur premier album éponyme, le groupe, qui a entre temps signé sur Roadrunner revient avec Imprint, qui présente une rage toujours aussi palpable mais avec une créativité renouvelée, glanant certaines influences metal supplémentaires, mettant plus en valeur les incursions en chant clair de Tim Williams qui a gagné en maîtrise.

Ces éléments font de Vision of Disorder un groupe à part, hors des conventions de « scène », et d’Imprint un album devenu un classique du metal et/ou du hardcore selon le background.
Cela dit, même en 1998, l’image de Roadrunner n’était déjà plus vraiment intègre, et pas vraiment bien vue des puristes du hardcore. Le son de l’album, capturé par la patte puissante mais rock de Dave Sardy (Helmet, Far, Red Hot Chilli Peppers), marquait également une évolution, la production « NYHC » sèche du premier album laissait place à un son plus produit, puissant et chaleureux, mais encore brut et sans artifices. L’album déçut donc une partie des fans de la première heure du groupe, sans toucher les amateurs de néo métal le jugeant trop violent et ne marqua pas vraiment l’actualité musicale de son temps.

Toujours est-il que 10 ans après l’album n’a pas pris une ride et est toujours aussi unique. Aucun groupe actuel semble d’ailleurs avoir directement suivi la veine ouverte par Vision of Disorder. L’énergie et la hargne d’un hardcore métallisé sans concession, propulsé par un rythme puissant et groovy, des mélodies provenant du rock/metal alternatif et une voix polyvalente, aussi vindicative que touchante. Tous ces éléments mélangés par un collectif de musiciens talentueux, ayant réussi à apporter des idées originales à une symbiose des musiques agressives, n’hésitant pas à placer des chants clairs dans l’ensemble.

Les cris de rage frénétique de « Twelve Steps to Nothing », le ton acerbe de « By the River » ou de « Imprint » donnent le ton à l’album, misant tout sur l’agressivité, mais en évitant la simplicité, grâce à des riffs de guitare recherchés soutenu par un jeu de batterie étoffé. On est pas dans le style 2-temps classique du hardcore mais dans des rythmiques beaucoup plus fournies, accentuant au maximum l’impact de mélodies syncopés. Mosh part, accélérations thrash, break percutants, mid-tempo groovy, les morceaux fourmillent de riffs et d’idées, poussés par la voix monstrueuse de Tim Williams, leçon pour beaucoup de hurleurs actuels. Il rivalise d’ailleurs sans peine avec Phil Anselmo, guest sur le titre « By the River ». La majorité des voix sont haineuses et vindicatives mais le chant clair est bien présent, singulier et s’est bien amélioré depuis leur 1er album, emprunt d’un vibrato mélancolique, désabusé, presque grunge, marquant de sa marque tous les titres et en particulier le morceau final phénoménal, « Jada Bloom ».

Imprint est tout simplement l’album qui m’a fait apprécier le metal/hardcore et en général les musiques plus extrêmes, j’ai lentement assimilé sa violence brute difficile à aborder au premier abord, malgré une réaction de rejet instinctive, tellement les compositions de cet album, ses riffs groovy, son énergie ont un impact énorme. Cela joue bien sûr sur mon admiration mais celle-ci n’a pas dévié, je considère toujours cet album comme d’actualité, le son, les riffs n’ont pas vieilli d’un poil et l’accélération démente introduisant « Imprint » me provoque toujours une vague de fébrilité.

Malgré le peu de reconnaissance des médias et des ventes, l’éponyme de 1996 et Imprint restent des albums respectés, qui ont grandi en influence depuis leur sortie, malgré le split du groupe en 2002. Juste avant, le groupe avait enregistré un 3ème album, From Bliss to Devastation, tout aussi réussi tout en intégrant massivement une influence grunge/southern metal dans la musique du groupe, déjà sensiblement présent dans les parties les plus mélodiques d’Imprint. On retrouve désormais le chanteur et gratteux dans Bloodsimple, et après quelques concerts de reformation, il semble que Vision of Disorder soit déterminé à reprendre du service. Je ne risque pas de m’en plaindre.

  1. what you are
  2. 12 steps to nothing
  3. landslide
  4. by the river
  5. imprint
  6. colorblind
  7. rebirth of tragedy
  8. locust of the dead earth
  9. up in you
  10. clone
  11. jada bloom
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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7 Commentaires

  1. kollapse says:

    Classique du hardcore/metal des 90’s, VOD est à son apogée avec cet album coup de poing, ne comportant aucune baisse de régime, fait rare et qui indique à quel point ce disque est inspiré. De l’intro in your face « what you are » en passant par la surpuissante « by the river » en duo avec Anselmo, et l’immense conclusion qu’est « jada bloom », VOD nous balance son talent en pleine de gueule et marque d’une pierre blanche un genre qui ne comporte que très peu d’albums de cette trempe. Grand disque.
    Ps : Je me demande ce qu’un eventuel nouvel album pourrait donner…Mais je ne vais pas m’en plaindre moi non plus :-)

  2. Nico says:

    Disque énorme, toujours aussi bon après toutes ses années. Vraiment excellent, sauf peut-être un Jada Bloom un peu mitigé. Production, riffs, et surtout la voix sont énormes!
    Et malgré le fait qu´ils sortent du hardcore traditionnel, comme 108, ils ont toujours été respectés (voir le NYHC documentary, où ils sont interviewés au milieu de Lord Ezec, District 9, Madball, No Redeeming Social Value, etc…) de la scène hardcore de New-York.

  3. damien luce says:

    Un album que j’ai ecouté comme un dingue à sa sortie, le final de colorblind et rebirth of tragedy me foutent toujours autant des frissons, et c’est exactement cela il se dégage de cet album un sentiment de tristesse incroyable…. Imprint n’ a pas pris une ride !!!

  4. Zepekegno says:

    Un des grands disques des 90’s, sans une seconde de baisse de régime, bien représentatif de cette période durant laquelle le mélange des genres ne rimait pas forcément avec la putasserie…

  5. Rémi says:

    10ans déjà… et à l’époque, quelle baffe!

  6. Clarion says:

    « Imprint est tout simplement l’album qui m’a fait apprécier le metal/hardcore et en général les musiques plus extrêmes, »
    idem ici avec We are the romans de Botch, découvert tous deux fin 1999, Times of Grace enfoncerait le clou me concernant quelques mois après…

  7. mattmax says:

    un veritable choc la premiere fois que j’ai ecouté cet album un vraiment monument du hardcore/metal que du bon quoi !!!!

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