Rorcal – Myrra, Mordvynn, Marayaa

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Style: doomcoreAnnee de sortie: 2008Label: Thundering Records

L’arrivée des fêtes de fin d’année commence déjà à vous courir sur les nerfs ? Vous ne supportez plus cette cohue faussement souriante qui commence déjà à s’agglutiner dans les grands magasins ? Ces rues habillées de guirlandes et de lumière vous donnent la nausée ? Alors ne bougez plus, j’ai exactement ce qu’il vous faut en magasin ! Avec Myrra, Mordvynn, Marayaa – premier véritable album des doomcoreux de Rorcal – vous allez voir le monde différemment, car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne ressort pas indemne de cet album concept qui nous conte les aventures de trois baleines (d’où le titre Myrra, Mordvynn, Marayaa) ayant vécu dans les vastes océans terrestres, bien avant l’apparition de l’être humain.
Après seulement deux ans d’existence, le groupe compte déjà de nombreuses collaborations (notamment avec Kehlvin sur le EP Ascension, ainsi que sur Monochrome – concept audiovisuel regroupant divers musiciens et réalisateurs venus d’horizons différents –), un EP (The way we are, the way we were, the way we will be) qui laissait déjà présager plein de bonnes choses, et des premières parties pour des groupes tels que Black Cobra, Sludge, Red Sparrowes. On peut rêver pire comme carte de visite, non ? Fraîchement signé sur le label Thundering Records, le combo genevois continue donc sa quête de lourdeur, et nous livre là un album étouffant, éprouvant, et d’une puissance impressionnante.
Dès les premières notes de Aurore, le décor est planté et c’est sans crier gare que le quintet entre dans le vif du sujet. Si vous êtes amateur de riffs titanesques, de rythmiques de plomb, et autres plaintes gutturales chargées de hargne, cet album est clairement fait pour vous. Alignant les morceaux fleuves (avec une moyenne de dix minutes par titre), le quintet prend son temps, développe ses ambiances petit à petit, arrivant progressivement à hypnotiser l’auditeur et à le plonger au plus profond de ce trip sombre et torturé. L’approche de ce disque n’est certes pas aisée, car avec plus de soixante-dix minutes au compteur, vous vous doutez bien que ce n’est pas du tout le genre d’album qui s’assimile en deux jours. Afin de rendre le tout plus « accessible », le groupe a donc décidé de scinder son œuvre en trois chapitres, proposant deux intermèdes (le très aérien As doubt grew from her soul, et l’étrange Tension echoes from the heart of the ocean), ainsi qu’un épilogue (And from their corpses a new chapter begins). Si le rôle de ce dernier est principalement de clore cet album, il annonce aussi clairement une suite, car le riff de guitare qui fait suite à ce qui semble être un crépitement de feu, est stoppé net dans sa course, comme frappé par la foudre. Mais bon, avant de parler de la suite, concentrons-nous sur ce que le groupe a à nous offrir pour le moment.
Comme je l’ai dit plus haut, la musique distillée par Rorcal est bien loin d’être un hymne à la joie, même si cette dernière n’est pas pour autant dénuée de reliefs. Au fil que les titres défilent, les éclaircies mélodiques se font plus omniprésentes, plus flagrantes. Alors que tout au long d’ Aurore l’auditeur cherche la moindre bouffée d’air frais qui ne semble jamais venir, il en est tout autrement sur des titres tels que Ether et Ataraxia. Tout au long de ces deux titres, on dénote en effet un accent post-rock plus prononcé qui donne clairement à l’auditeur cette sensation de s’extirper un court instant d’un charnier encore fumant, causé par les déflagrations saturées et dissonantes des titres précédents. Mais ne vous méprenez pas, ces quelques éclaircies restent de courte durée, et c’est d’ailleurs ce qui fait leur charme. On notera aussi la présence de Michael Schindl (Impure Wilhelmina) qui vient pousser la chansonnette sur « Ether, ainsi que Jean-Philippe Schopfer (l’auteur du conte Myrra, Mordvynn, Marayaa) à la guitare, qui fait d’ailleurs lui aussi une apparition au micro sur Aurore. Et puisque l’on est dans les featurings, on retrouve aussi Yonni (Kehlvin) sur le titre Dysrethmia, qui, sans être mauvais, est peut-être le titre que je définirais comme le plus commun présent sur cette galette.
Mais là encore rien n’est figé, car une fois les soixante quatorze minutes vraiment digérées, cet album passe comme du petit lait, pour autant que vous trouviez le temps de vraiment vous laissez envahir par la musique du groupe.
Ecouté dans son intégralité (et au casque de préférence), cet album prend vraiment toute son ampleur, mettant ainsi l’auditeur dans un état second qui ne cesse de s’accentuer à mesure que les titres s’enchaînent.
Au final, si cet album n’est pas des plus facile d’accès (quoi que…), il reste une véritable expérience sonore et émotionnelle qui se dévoile lentement, à l’image de certains films qui nécessitent plusieurs visionnages afin de révéler toutes leurs subtilités. Une chose est certaine, cet album risque sans problème de faire le bonheur des amateurs de grosses guitares, de rythmiques assommantes, et autres ambiances étouffantes. Terrifiant et enivrant à la fois !

  1. aurore
  2. savernaya
  3. as doubt grew from her soul
  4. norys
  5. dysrethmia
  6. tension echoes from the heart of the ocean
  7. ether
  8. ataraxia
  9. and from their corpses a new chapter begins
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11 Commentaires

  1. Palpman says:

    Commandé!

  2. gemini_com says:

    C’est quoi la différence entre le doomcore et le sludge..suis perdu..

  3. sokaw says:

    C’est quoi la différence entre un groupe suisse surcoté et un autre groupe suisse surcoté ?

  4. Rémi says:

    hahaha sokaw, qui dit tout haut ce que d’autres…

  5. Bernard says:

    Après de nombreuses écoutes j’ai toujours pas eu le déclic… Tous les éléments sont présents pour que ça me botte mais l’album passe plus comme une musique de fond que comme le truc qui te prend à la gorge. On en reparle dans quelques mois…

  6. Zepekegno says:

    Pareil que le General Lee… pas mauvais mais vraiment anecdotique.

  7. pearly says:

    Chaque écoute me laissait froid, jusqu’à une écoute bien précise : 1h15 de marche dans un paris plutôt vide, discman à bloc. Là, j’ai foutrement voyagé. Dans cette condition, j’ai aimé leur minimalisme, il crée quelque chose d’assez particulier.
    C’est un parti pris pas évident. faudra que je réécoute, pour voir…

  8. deek says:

    pareil que general lee? on est à la limite de l’insulte là…

  9. Zepekegno says:

    Les coups et les douleurs hein…. Et puis un groupe qui a pondu un titre comme Path of the Unicorn ne peut pas être foncièrement mauvais!

  10. gino says:

    pareil que le general lee ???? et bien Zepekegno faudrait enlever le bouchon de merde que ta dans les oreilles

  11. Zepekegno says:

    Ces deux groupes sont médiocres, Gino. Va falloir faire avec. Sois fort, la vie continue ;-)

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