Isis – Wavering Radiant

Que les passionnés de Celestial et d’Oceanic sèchent leurs larmes et s’en aillent chercher ailleurs, il n’y a plus rien pour eux sur ce nouveau disque d’Isis. Quand, à leur concert à la Maroquinerie, le groupe interpréta un morceau extrait de The Red sea pour, je présume, faire plaisir à leurs fans de la première heure, je doute qu’il y en ait eu beaucoup dans la salle. N’étant moi-même devenu un fervent disciple de Isis qu’à partir de Celestial (et encore, pas a la sortie du disque) je fus heureux d’entendre un petit bout du glorieux passé sludge d’un de mes groupes favori mais cette époque est bien révolue et personne n’arrivera à faire croire aux premiers fans, maintenant partis écouter tous les groupes qui reproduisent aujourd’hui à merveille leurs débuts, que le Isis d’aujourd’hui a quoique ce soit en commun avec leur héritage sludge.

Les cris gutturaux de Aaron Turner sont, certes, toujours en place mais n’inspirent plus le même sentiment, maintenus pour le simple besoin du contraste avec des voix claires encore mieux maitrisées. La couleur de Wavering radiant est tout simplement lumineuse et dorée sans pour autant être faussée. Isis est toujours aussi sincère dans leur vocation à composer des chansons aux mélodies épiques et douces s’articulant au-dessus de passage hésitant entre metal et rock progressif.

Le post rock figure toujours dans la liste des styles qu’Isis mélange avec brio mais ce que l’on appelait post hardcore en parlant du son crée par Neurosis n’est plus ou presque plus présent. La faute, ou grâce, tout dépend du point de vue où l’on se place, à un chant clair venu remplacer les seuls hurlements mais qui n’encombre pas pour autant les chansons puisque le quota de voix par morceau n’a pas beaucoup augmenté depuis leurs débuts. Ça fait tout de même une constante dans tout ces vents contraires.

Plus maitrisé qu’In the Absence of Truth où l’influence de Tool était flagrante, elle l’est beaucoup moins et rend donc le disque plus cohérent. Chaque chanson, six au total plus un interlude ambiant, est parfaitement ciselée en tout point. Les mélodies sont mémorables, les structures toujours éclatées et l’interaction entre les instruments toujours aussi plaisante. Wavering radiant prend le meilleur de Panopticon et d’In the absence of truth et fait avancer le groupe vers une nouvelle destination. La redite est donc très largement évitée, bien que certains accords propres au groupe apparaissent aussi dans les mélodies (ce qui est somme toute assez normale, les musiciens n’ont pas changé, le groupe a juste évolué, il ne s’est pas transformé en quelque chose d’autre).

La conclusion de ma réflexion est donc qu’Isis a de nouveau progressé et propose aujourd’hui un excellent compromis entre le post rock et le rock progressif avec des touches metal en plus. Leur musique n’a finalement plus grand-chose de commun avec la scène post hardcore à qui ils ont donnés naissance. Tant mieux pour eux, dommage pour les premiers fans, les nouveaux seront quand à eux largement contentés et satisfaits par ce nouveau disque, superbe et abouti.

  1. hall of the dead
  2. ghost key
  3. hand of the host
  4. wavering radiant
  5. stone to wake a serpent
  6. 20 minutes/40 years
  7. treshold of transformation
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A PROPOS DE hororo

hororo Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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