Biffy Clyro – Only Revolutions

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Style: rock alternatif protéiformeAnnee de sortie: 2009Label: Wea

[http://www.mavie.com] Cette fin d’année aura été assez fatigante pour moi et je dois dire qu’une certaine lassitude s’est installée dans mon rapport à la musique cette année. Ca ne m’empêchera pas d’avoir sans difficulté pas mal d’albums marquants à faire figurer dans le traditionnel top annuel, mais si l’année 2010 est à l’image de cette fin d’année, l’exercice sera peut-être plus difficile en fin d’année prochaine.
Toujours est-il que mes besoins musicaux sont en cette fin 2009, essentiellement satisfaits par des disques qui sortent du cadre classique et de l’étiquette très large « metal/hardcore » pour s’aventurer sur des terres plus pop. Je ne vois pas ça comme un problème puisque la vocation d’Eklektik a toujours été justement de l’être… éclectique. Dont acte.

Je ne sais pas encore si l’album dont il est question aujourd’hui figurera dans mon top annuel, mais ce qui est certain, c’est qu’aux côtés de l’excellent Kingdom of Welcome Addiction de I Am X, ce Only Revolutions tourne en boucle dans un genre assez différent. [/http://www.mavie.com]

Certains d’entre vous, amis lecteurs, connaissent certainement le trio écossais de Biffy Clyro qui n’en est pas à son coup d’essai (le groupe existant depuis plus de 10 ans).
Pour ma part, la découverte est très récente. Je me suis intéressé à l’ensemble des albums sortis (4 ou 5 opus) et, quoique je trouve de vraies qualités aux albums précédents, c’est vraiment ce nouvel album sorti cette année, qui me scotche littéralement à mes écouteurs.

Biffy Clyro tape dans le rock, un rock un peu fou-fou, qui vient se heurter sans complexe à d’autres genres, que ce soit le métal, le punk ou la pop.
S’il est bien un dénominateur commun entre les différentes œuvres du groupe, c’est clairement cette variété de styles, ce mélange de genres, frais, qui permet de présenter des albums protéiformes, et qui ne se contentent pas de répéter la même formule sur 11 ou 12 titres.
Le groupe passe ainsi sans le moindre complexe d’une pop riche en orchestrations (avec le renfort de cuivres voire de violons) sur l’introductif « The Captain » avant de donner l’espace de quelques instants l’illusion d’une claque métal (à la limite du stoner) sur l’excellent « That Golden Rule » qui aboutit à un refrain digne des Foo Fighters au meilleur de leur forme. On notera la participation de Josh Homme (Queens of the Stone Age, Them Crooked Vultures) qui en tant que fan du groupe, est venu poser une partie de guitare sur le non moins excellent « Bubbles ».
Même en tapant dans le registre peau de banane de la ballade, le groupe tombe juste, évoquant presque un Tenacious D (les paroles malignes de « God and Satan »).
On ne va pas parler de tous les titres, sachez seulement qu’ils sont tous intéressants et réussis, et que l’alternance entre gros riffs rock et mélodies pop est particulièrement bien gérée, garantissant une écoute jouissive et sans la moindre trace de lassitude.
Le registre vocal de Simon Neil se décrirait comme un parfait mélange de Dave Grohl (Foo Fighters), Chris Martin (Coldplay) ou même, plus étonnant peut-être, de Jimmy Pop des débiles de Bloodhound Gang. Le bougre ne hurle plus, comme il le faisait par le passé, mais sa voix véhicule un mélange d’émotion, de puissance et de 2nd degré qui sied parfaitement aux compositions admirablement mises en valeur et arrangées par Dave Campbell (qui pour l’anecdote, fut bassiste de Marvin Gaye).
Derrière une fausse simplicité et une accessibilité pop, l’album cache en fait une grande richesse orchestrale qui se dévoile au fil des écoutes et contribue à préserver la fraîcheur de Only Revolutions.

Une bien belle réussite et un album assez addictif que je recommande à tous les clients occasionnels ou réguliers de très bon rock alternatif.

Tracklist :

  1. the captain
  2. that golden rule
  3. bubbles
  4. god & satan
  5. born on a horse
  6. mountains
  7. shock shock
  8. many of horror
  9. boooooom, blast & ruin
  10. cloud of stink
  11. know your quarry
  12. whorses

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 893 articles sur Eklektik.

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8 Commentaires

  1. Joss says:

    Le peu que j’ai écouté (un peu de celui-là et un peu du précédent) m’a franchement pas emballé… je retenterais peut-être à l’occasion. Sinon concernant le « 3615 ta vie », tu devrais écouter le dernier Emilie Simon ^^

  2. Plunk says:

    Mon seul contact avec cet album s’est fait via Deezer pour l’instant, mais ça suffit pour constater qu’ils ont continué dans le style de Puzzle. Je me le prendrai quand même parce qu’il faut reconnaître que c’est plaisant et bien torché, mais je trouve toujours ce changement de style un peu « bête » car se positionner ainsi sur le terrain des Foo Fighters n’a que peu d’intérêt, surtout vu à quel point ce groupe était unique auparavant.
    J’exhorte – non, j’oblige – ceux qui ont découvert le groupe avec les deux derniers albums à se pencher sur leurs trois premiers, tous des chefs d’œuvre. Une sorte de régurgitation formidable de tout ce qui s’est fait en matière de rock alternatif US durant les 90’s, ce qui inclut aussi bien des choses très pop comme Weezer, le post-hardcore furieux de Fugazi, et l’emo de Sunny Day Real Estate. Le premier album est un véritable hommage à l’emo 90’s, avec 7-8 ans de retard.

  3. krakoukass Krakoukass says:

    Il est évident qu’on peut trouver des similitudes avec les Foo Fighters, mais je trouve la musique de Biffy largement mieux foutue et tout de même plus couillue que ce que nous propose la bande à Grohl depuis quelques temps… Enfin c’est clairement un album qui s’insinue peu à peu pour devenir une quasi-drogue. Se contenter d’une écoute n’est clairement pas suffisant.

  4. Plunk says:

    Mention spéciale quand même pour les paroles les plus dérangées de l’année : « I pronounce it aluminium / ‘Cause there’s an I next to the U and M / Now write it out slowly and read it out fast / She’s got eyes, preposterous eyes / I’ve never had a lover who’s my sister or brother before »

  5. krakoukass Krakoukass says:

    L’album continue à tourner en boucle chez moi. Une belle tuerie dont je n’arrive pas du tout à me lasser.

  6. shaq says:

    J’ai découvert ce groupe récemment, et même si je comprends l’engouement pour leurs premières galettes, celui-ci est vraiment le plus plaisant à mes oreilles. Un gros travail de compositions et d’arrangements qui font la différence avec le groupe de rock lambda, et la voix de Simon Neil est vraiment efficace.
    Je suis désormais Biffy Clyro avec une grande attention.

  7. krakoukass krakoukass says:

    @shaq : Essaye « Puzzle » le précédent album qui est excellent aussi, dans la même veine. Je partage ta préférence pour les sorties récentes de BC par rapport aux plus anciennes, sympas mais moins abouties.

  8. l'ogre doux says:

    Et bien moi je préfères largement Infinity land !

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