Prophecy of Doom – Total Mind War

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Style: Grind / Death / CrustAnnee de sortie: 2012Label: Agipunk

Ce n’est pas à Jim Whitely que l’on va raconter l’histoire du grind, lui qu’on pouvait déjà retrouver sur la face B de l’immense et déjà bien entamé Scum des britishs de Napalm Death. Oh il y avait déjà du beau monde dans les rangs de l’usine à gaz, sur la Face A du disque on pouvait retrouver l’ami Broadrick, avant qu’il ne forme Godflesh, en compagnie de Bullen et Mick Harris tandis que sur l’autre face Lee Dorian, le démiurge de Cathedral, poussait le bout de gras en compagnie de Bill Steer le tirailleur guitariste à plein temps chez Carcass et de Whitely qui les accompagnait joyeusement à la basse. Le genre d’expérience qui marque car après cette année 1987 Scum est devenu un des disques cultes de l’histoire de la musique extrême bruitiste et amplifiée de l’époque. Mais tout ça vous le savez.

Le père Jim se barrera avant l’enregistrement de From Enslavement to Obliteration mais ça ne l’empêchera pas de revoir les potes à des occasions ponctuelles comme avec Drop Dead par exemple, et puis il se balade, va pousser les accords chez Doom sur A Vile Peace parce qu’il a l’ode au Joyeux facile et bien sûr il est toujours dans les parages pour enregistrer avec son groupe Prophecy of Doom les morceaux qui mettront des branlées aux fosses les plus sceptiques.

En tout et pour tout ce sont une dizaine de parutions que l’on peut compter des gars de Tewkesbury. Deux albums : Acknowledge The Confusion Master paru en 90 et Matrix paru en 92 ainsi que pas mal de démos et d’EP qui se sont accumulés jusqu’à la fin des années 90. Et ça on le sait moins. C’est justement pour pallier à ce vide équivoque qu’Agipunk nous a sorti cette année une compilation sur un vinyle qui a de la tenue. Le genre de disque qu’on n’attendait pas et qui s’invite comme une bonne surprise sur la platine à chaque fois qu’il fait aboyer les enceintes.

 

Total Mind War reprend les morceaux enregistrés pour les secondes Peel session en 1991 et la démo The Ego Deathgrind parue, elle, en 1996. Deux petits exocets qui mettent tout de suite la machine Prophecy of Doom en branle. Pas le temps de badiner avec la pochette du disque que vous vous prenez le premier uppercut. L’alliage fond dans les oreilles comme du grind liquide en fusion. On en est en 91 et le Death Metal commence tout juste à se faire un nom chez les marchands de biens et Prophecy of Doom en est plus qu’un témoin privilégié, il est l’expérience vivante de cette scène . Crossover jusqu’au bout des baguettes la musique du groupe développe cette puissance de feu toute métallique croisée aux effluves de d-beat caverneux qui ferait saigner plus d’un émo-phile. Ce ne sera d’ailleurs une surprise pour personne de voir qu’en 1990 le groupe a signé son split album avec la machine Axegrinder , un des meilleurs groupes crossover/crust anglais. Affaires de famille.

La puissance de la frappe est effective, la basse de Whitely bastonne bien, ça ferraille sec sur les 30 minutes de l’album et les 7 titres qui le composent viennent coucher leurs sillons impeccablement sur la galette. La riffaille est féroce autant que le chant de Shrew. C’est plombé et frelaté comme il faut et c’est servi nature, le genre d’attention qui vous plonge immédiatement dans le trip.

Remarquable compilation, un objet qui tient ses promesses et qui propose un voyage dans le temps nous faisant penser qu’il y a 20 ans on produisait de la musique qui avait une vraie gueule de bulldozer. Mammouth le mollard.

http://www.youtube.com/watch?v=qD9otWPiALo&feature=related

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3 Commentaires

  1. darkantisthene dit :

    oula oui, en effet, c’est quand même la bande-son idéale pour manger un renard putréfié

  2. Noohmsul dit :

    « morceaux qui mettront des branlées aux fosses les plus sceptiques » Hahaha merci, tu as ensoleillé ma journée :D
    Sinon, le morceau en écoute est sympa mais ne m’a pas transcendé…

  3. guim dit :

    Complètement compréhensible. C’est un fragment de l’objet, il est juste là pour donner une idée du ton du disque, sans parler du son moisi de youtube qui n’aide pas forcément. La réédition, elle, de tels morceaux causera plus aux intéressés de cette scène, du début des années 90, pour se plonger dedans faut s’enfiler les morceaux les uns à la suite des autres pour comprendre, le ton, la vocation, et l’univers de Prophecy of Doom. Si tu mets en relation la personnalité du combo avec les ténors du genre à l’époque tu te rends compte de l’utilité d’une telle release. Replacée dans le contexte et comparativement à ce qu’ils ont produit, c’est certainement un des plus beaux témoignages pour approcher ce groupe.

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