Does it djent? 13 morceaux à écouter

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Annee de sortie: 2013

13 morceaux qui correspondent à mon appréciation du micro-genre musical djent, en tant que type de riff metal progressif dont le but est de créer un groove énorme par la combinaison de rythmes syncopés, à base de mélodies alambiquées et cassures nettes, et d’un gros son saturé au gain élevé. J’avoue, dans l’enthousiasme de l’actualité, encenser une pelletée de groupes affiliés, le temps fera son oeuvre et on verra bien ce qu’il en restera.

Ensuite le mix de 13 titres et un court commentaire sur mon appréciation de chaque groupe : Corelia, Ever Forthright, Intervals, The Afterimage, Novallo, Tesseract, Periphery, Vildhjarta, The Contortionist, Monuments, Substructure, The Safety Fire.

Corelia, quelle claque m’a mis ce premier EP du groupe. Ça commence à faire 2 ans qu’il est sorti et toujours pas trace d’un seul nouveau morceau. Tout bon dans les riffs de ce groupe, le groove du djent sur des mélodies tarabiscotées, claires, nettes. Le chanteur prend le parti de se lâcher au niveau voix claire, qui sonne presque féminin, en tout cas maniéré, mais contrebalance avec des growls cinglants également. Le style vocal est proche de celui de Periphery, le chanteur de ces derniers avait d’ailleurs commencé à chanter avec Corelia et apparaît en guest sur le morceau que j’ai choisi, « Treetops ». La voix nécessite un temps d’adaptation mais ensuite on comprend là où il veut en venir. Grand chanteur. Son puissant, passages agressifs hyper pêchus, solos admirables, morceaux à rallonge, épiques et énergiques. Quand est-ce qu’ils sortent leur premier album bordel?

Autre groupe évoluant autour de Periphery (et excellent), Ever Forthright adoptent une approche très complexe, travaillée, et jouée par des types qui se sont rencontré en école de musique et ont donc un background classique et jazz. Ça se ressent d’une certaine manière car la musique du groupe semble parfois scolaire, appliquée, dans les variations aux seins des morceaux, et la variété des styles approchés. La trame de la musique du groupe est un metal au son djent dans sa dimension la plus extrême. Agressive et violente, elle évolue par l’adjonction d’influences metal progressif et purement jazz. Chris Barretto a été un temps chanteur de Periphery, il a quitté le groupe juste avant la sortie de leur premier album, pour se consacrer à Ever Forthright. Il joue aussi du saxophone dans le groupe, il est présent sur un solo dantesque en fin de « The Little Albert Experiment ». Je voue un culte à ce morceau et en particulier à cette partie finale ultime.

Moins à dire sur Intervals, un groupe de djent instrumental, riffs sautillants ultra groovy joués avec une saturation de baisé générée numériquement, des solos très rock et rythmés. Bien trempé, viril, c’est pas du prog de tarlouze même si il n’y a pas de chant extrême. Pas le meilleur du lot mais ça se défend. Les solos sont un peu légers quand même. Je préfère les anglais de Chimp Spanner dans le genre en instrumental mais les riffs d’Intervals correspondent plus à la définition du djent que je me fais, d’où leur présence dans ce mix.

Je ne connais à vrai dire rien d’autre de ce groupe nommé The Afterimage que ce morceau, mais il est sacrément prometteur. « The Seeking » est mené par une voix growlée putain de rageuse, par contre le refrain détonne avec un chant émo assez curieux, mais tout participe à la dynamique du morceau, succession de riffs djent saccadés à base de cassures rythmiques nettes surtout, avec quelques effets quasi glitch. Les sonorités électroniques sont terribles, elles apportent un contraste souvent saisissant avec des riffs et une ambiance bien menaçante, jusqu’aux refrains qui eux caressent dans le sens du poil. Enfin difficile à vrai dire de se faire une idée sur un seul morceau.

Novallo, un groupe découvert très récemment, leur premier étant pourtant sorti depuis bien un an. J’ai rapidement beaucoup aimé, le groupe propose direct une version du style hyper élaborée, on en prend un maximum dans les oreilles à tout points de vue, mélodique, rythmique, vocal. Un gros groove se dégage du groupe, presque une touche funk, mais ça déboite quand même niveau puissance, et le chanteur est juste talentueux dans le style schizo enjôleur/bête affamée désormais classique du genre (voire les groupes précédents de cette liste ainsi que celui cité plusieurs fois). Tout bon ce groupe, la production est exemplaire. Grosse attente quand l’album arrivera vu la qualité de l’EP.

Vétérans, Tesseract ont le djent dans le sang. Acle sur une guitare, ça djent. 3ème chanteur, donc un peu d’appréhension, dans l’attente de savoir si ils réussiront à rebondir. Le nouveau possède un beau brin de voix, aigue, aux intonations féminines, qui correspond bien à la musique qui elle continue à envoyer du riff ultra cadensé Meshuggah inside en version simplifiée ultra groovy. On voit bien où le groupe veut en venir avec ce chanteur dans le pont central de ce nouveau morceau en exclu de l’album à sortir. Le petit passage ultra émo main sur le coeur déboulant en point central du morceau est carrément énorme, épique à souhait. Ca s’annonce bien cet album.

Jusqu’à Tesseract qui sont anglais, ce n’était que des groupes américains, voici maintenant des Polonais, Disperse.
Le groupe a commencé avec un premier album où ils évoluent dans un metal prog classique, influencé par Dream Theater/Symphony X mené par un guitariste particulièrement doué. Sur leur second album, ce dernier s’est trouvé une vocation djent, ce qui prouve bien que c’est un type de riff, le groupe n’ayant pas changé de son mais se sont mis à composer des riffs djent. Du coup sur la longueur de l’album ça sonne un peu systématique, les voix claires sont placées de façon un peu curieuse, mais ça arrive à sonner, ils arrivent à apporter leur patte au genre.

Periphery maintenant, le groupe instigateur du genre, son guitariste Misha Mansoor ayant répandu le terme « djent » comme le son de guitare et le style de riff qui y est associé. Machine à riffs, chacun à décortiquer sur de nombreuses écoutes pour en tirer la substantifique moëlle à headbang.

Un groupe à part, qui se démarque par un style bien particulier, les suédois de Vildhjarta pratiquent un metal plus acéré, chaotique, dissonant, et surtout malsain que tous les autres groupes de ce mix. L’influence de Meshuggah est ici la plus prégnante mais il est pour autant aisé de reconnaître un son Vildhjarta, marqué par des techniques au niveau du jeu de guitare destinées à produire des sons dissonants déviants.

Ce 2ème album de The Contortionist est un des albums de 2012, à mon goût un de ces chefs d’oeuvre qui passent inaperçus. Dans ce morceau figurent les 2 aspects de leur musique, un deathcore complexe sur la première partie puis un metal prog lumineux et spacial plongeant dans un univers de science fiction, grâce aux voix éthérées, digitales, ainsi qu’aux claviers, sorte de nappes new age qu’on associe instinctivement aux étoiles. Les 2 styles se croisent souvent, un solo jazz peu s’immiscer entre quelques riffs corrosifs. Du djent, des rythmiques polymétriques et ce groove tranché. Le groupe a perdu son chanteur depuis, ça ne me dérangerait pas qu’ils en profitent en se démarquant totalement du deathcore en trouvant un chanteur moins cliché dans ce genre.

Monuments sont les précurseurs de ce micro-genre avec Periphery et Tesseract, mais leurs débuts furent pénibles et ils continuent à l’être, le groupe n’arrête pas de voir ses membres changer, dont les chanteurs. Du coup leur premier album n’est sorti qu’en 2012. Leur vision du djent est proche de celle de leurs compatriotes de Tesseract mais dans une version plus énergique, moins atmosphérique, quoique tout aussi futuriste et baignée de sonorités électroniques, et avec un chant scandé qui a un côté néo.

Rejetons plus proche du deathcore que du djent mais avec un potentiel certain, Substructure a quoiqu’il en soit splitté récemment, ce morceau étant un single sorti en fin d’année dernière qui aurait pu figurer sur un éventuel second album. Dommage le groupe propose une musique travaillée, là aussi un metal moderne, complexe, autour d’une ambiance futuriste faite de bruitages tels tirés une bande son de jeu vidéo façon Mass Effect.

Et pour terminer The Safety Fire, qui eux se positionnent en plein dans le genre tout en ayant une approche particulière. Pas d’électronique ici, les sonorités sont très organiques, le jeu de guitare est très précis et assez expérimental, de gros riffs à base de mélodies cabossées en contre-temps, avec un chant hurlé et harmonique bien particulier, à la limite du faux.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 491 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. Mysho says:

    Merci de parler de ce style, devenu un peu trop « hipster » car on est à la mode de la 8 cordes et des riffs en 0-0-0-1, mais des riffs en mesures impaires, des grooves énormes et un gros son bien grave riche en puissance, c’est tout ça qui fait de ce style une tuerie quand on trouve les bons groupes bien représentatifs, voire ceux mélangeant plusieurs influences comme Ever Forthright qui sont musicalement parlant un groupe à part dans cette liste.
    Voir des passionnés de musiques actuelles en tout genre parler de ça, c’est vraiment cool !
    Quand je vois tes influences « Jonben, auteur de ce texte », du death, du prog, du jazz-fusion, on voit pourquoi t’as écrit sur le djent !
    Red Seas Fire est pas mal dans son genre aussi, pas vraiment djent mais des riffs dans l’esprit.
    Très bon webzine, bonne continuation et vive la musique !

    P.S. : (Hiromi’s Sonicbloom ;) )

  2. jonben jonben says:

    Merci pour le commentaire. J’ai hate d’écouter le nouveau Ever Forthright, clairement les fleurons du genre, meme si effectivement leur musique sort du cadre purement djent. A part ça, dans une veine plus mélodique, j’attend les premiers albums de Corelia et Novallo.

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