Les oubliés du palmarès 2018 : Death Alley et Chapel of Disease

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Annee de sortie: 2018

Chaque année c’est la même chose, on découvre tardivement des albums de l’année qui vient de se terminer, et dont on n’a (logiquement) pas parlé au moment de leur sortie. On a beau prendre son temps pour boucler son palmarès annuel, il y en a toujours qui viennent nous rappeler que suivre au jour le jour l’actualité du flot des sorties est une mission quasiment impossible ou qui nécessiterait d’y consacrer 100% de son temps…

Concernant 2018, le constat n’est cependant pas trop catastrophique, puisqu’au jour où j’écris ces lignes seuls deux albums me viennent à l’esprit comme ayant échappé à notre vigilance. Mais deux albums de qualité dont il convient de parler aujourd’hui.

Death AlleySuperbia (Century Media)

Commençons par les bataves de Death Alley, et leur excellent Superbia que je me mords les doigts de ne pas avoir inclus dans mon top annuel, tant cet album découvert tardivement a tourné et tourne encore depuis quelques semaines. Un peu pénible à décrire, la seule chose qui me vienne serait de parler d’une sorte de hard rock progressif, avec quelques influences 70’s mais néanmoins plutôt bien ancré dans son époque.

« The Chain » serait un bon exemple du style de Death Alley qu’on connaissait déjà sur le précédent album, ce hard rock n’roll, qui inscrit finalement Death Alley dans la continuité du groupe -les chiens ne font pas des chats- dont sont issus plusieurs membres à savoir The Devil’s Blood. La guitare tricote pas mal sur plusieurs morceaux, comme le très rock « Feeding the Lions », tandis que le chant plutôt haut perché de Douwe Truijens, évoque parfois celui de Perry Farrel (Jane’s Addiction) et fait partie intégrante de l’identité du groupe qui revendique au rang de ses influences, des groupes comme Motörhead, MC5 ou Black Sabbath. A noter que Douwe est régulièrement secondé par d’autres membres du groupe, avec de très chouettes harmonies vocales qui font très plaisir aux oreilles et évoquent encore une fois la filiation avec les aînés.

Contrairement au premier album du groupe, on retrouve sur la plupart des morceaux de Superbia un côté plus progressif qui était quasiment absent (à l’exception du final « Supernatural Predator » qui culminait déjà à 12min40) et ce dès le premier titre « Daemon » et ses 9min10 tout de même. Les morceaux de bravoure s’enchaînent durant 50 minutes, en particulier avec la triplette « Headlights in the Dark » (meilleur morceau de l’album, absolument dantesque avec cette accélération jouissive à 2min26) / « Shake the Coil » / « Murder your Dreams » qui représente vraiment le noyau fort de l’album. Un album qui se clôture comme le précédent avec un gros morceau, « The Sewage » emportant l’auditeur sur 11min37.

Mélange de tradition et modernité, Superbia est un album superbe, réussi du début à la fin, dont la seule faiblesse est peut-être finalement sa pochette très quelconque et même un peu moche. Un des meilleurs albums de 2018, à découvrir si vous êtes également passé à côté lors de sa sortie.

Chapel of Disease…And As We Have Seen the Storm, We Have Embraced the Eye (Van Records)

Chapel of Disease est un groupe allemand né en 2008 et pratiquant un death metal à l’origine fortement influencé par les ténors du death old-school des années 90 (le nom du groupe étant une synthèse de deux titres de morceaux de Morbid Angel), au hasard Pestilence, Asphyx, ou autres Death. Peu à peu le groupe semble s’ouvrir à de nouvelles influences, et  à s’éloigner de l’ambition basique du simple hommage aux anciens.

Pour faire simple on peut rapprocher le travail d’ouverture de Chapel of Disease, de celui de groupes comme Horrendous, Tribulation ou (feu) Morbus Chron.  Leur précédent album sorti en 2015, avait déjà fait son petit effet sur la scène death, mais ce cru 2018 marque un changement d’orientation assez net : une accentuation de l’ouverture et de l’éclaircissement du jeu, et un vrai recul de la lourdeur « doom » qu’on retrouvait encore à l’époque.

A l’image de ce très bel artwork lumineux qui succède à l’artwork très sombre du précédent album, le propos du groupe est beaucoup plus lumineux et léger. On aurait même tendance à retrouver quelques influences « classic-rock » notamment dans le jeu de guitares, et ce dès le premier titre « Void of Words ». Même si certains passages sont justement un peu trop longs à mon goût, ils apportent clairement quelque chose de nouveau par rapport à ce qu’on connaissait de la musique des allemands.

Les compositions sont pour la plupart assez longues, le titre le plus court « 1000 Different Paths » étant aussi le plus audacieux en terme d’ouverture, avec le recours à des voix claires et une ambiance presque gothique qui m’a parfois rappelé l’ambiance de l’excellent SUN de Secrets of the Moon.

Un très bon album au final (doté en outre d’une fort belle pochette), qui contient en particulier 2 titres monstrueux (« Oblivious / Obnoxious / Deviant » et « Null »), mais moins marquant dans la durée à mon sens que les albums référence de Tribulation (The Formulas of Death) et Morbus Chron (et son monumental Sweven) qui passent avec brio l’épreuve du temps.

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 887 articles sur Eklektik.

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