Textures

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Annee de sortie: 2010
Interview de Jochem Jacobs, guitariste et Remko Tielemans, le nouveau bassiste de Textures, qui s’est déroulée dans la réserve du Katabar, à Paris, c’est à dire entourés de dizaines de bouteilles de whisky, vodka, alcools et jus divers etc… promis on en a pas taxé.

Tu as rejoins le groupe juste avant l’enregistrement de l’album?

Remko : Oui, ça fait 1 an et demi, c’était 2 ou 3 mois avant d’enregistrer le nouvel album. A ce moment là, les morceaux étaient bien avancés mais pas complètement écrits, il y avait la structure globale et les riffs principaux mais j’ai pu y apporter ma touche. C’était le timing parfait pour moi parce que j’ai pu apporter ma perspective aux morceaux avant de les enregistrer, me les approprier.

Comment avec vous trouvé Remko et décider de l’intégrer au groupe?

Jochem : On se connait depuis 4 ans en fait. Il jouait dans un groupe nommé 37 stabwounds avec qui nous avons joué beaucoup de fois. Au départ de notre ancien bassiste, on cherchait quelqu’un qui nous soit proche, avec qui on s’entendrait, et il se trouve que le jour même où nous avons commencé à chercher un nouveau bassiste, 37 stabwounds a splitté. On a appris ça le jour-même, on l’a directement appelé et on lui a demandé si il voulait jouer dans Textures. Il a tout de suite accepté, c’était aussi simple que ça, il a répondu "Ok".

Il est arrivé en septembre dans le groupe et on n’a enregistré qu’en décembre, en fait les basses n’ont été enregistrées qu’en janvier.

L’enregistrement a pris du temps?

Assez longtemps pour un album de ce genre. Il y a tellement de couches d’enregistrements sur un album de Textures, tant de pistes, de lignes mélodiques, et on voulait que ça soit parfait, donc on recommençait sans cesse. On a enregistré 2 mois en continuité, puis il y a eu 2 semaines de mix puis quelques jours de mastering et c’était bon.

Je sais que vous avez enregistré dans ton propre studio, Split Second Sound, est-ce que ça vous a permis de travailler plus en détails votre son?

Oui, et déjà du fait qu’on connaît bien le studio et qu’on s’y sent bien. Cela dit, j’ai ce studio avec 2 autres types, on a beaucoup de matériel très cher et on avait besoin de pas mal d’argent pour enregistrer parce que sans ça, on aurait fait faillite. Enfin, on a fait un bon prix pour pouvoir travailler sérieusement sur cet album comme c’était le notre.

Remko : En fait, Jochem, tout en enregistrant l’album de notre groupe continuait à travailler dans son studio, parce que c’est aussi son boulot habituel, qu’il ne pouvait pas quitter pendant 2 mois. Un enregistrement dans un autre studio équivalent aurait pu nous coûter dans les 60000€, donc on a évidemment bénéficié du fait que Jochem ait son propre studio pour fignoler cet album.


Ton expérience en studio avec d’autres groupes doit te permettre en plus d’avoir une idée assez précise de ce que tu voudrais appliquer comme procédés d’enregistrement pour Textures.

Jochem : Ça fait maintenant 5 ans que j’enregistre des groupes en permanence dans ce studio, c’est comme un voyage où j’acquière progressivement de l’expérience. Mais tout de même j’essaye d’envisager chaque album d’une façon particulière, j’essaye du moins. J’ai appris beaucoup depuis l’album précédent, on a aussi pu acheter du meilleur matériel.

Comme vous enregistrez toujours au même endroit, ça vous permet d’avoir un son assez similaire, une sorte de "son Textures"?

Je pense que le son est assez différent justement sur ce nouvel album. C’est quelque chose qu’on travaille à chaque album, il faut que le son s’adapte aux compositions.

Remko : On ne pouvait pas utiliser le même type de production que pour Drawing Circles, les morceaux sont différents, l’ambiance est différente, et on voulait que les gens qui écouteront ce nouvel album le ressentent comme nouveau, pour essayer d’être inventifs à chaque album.

Je comprend bien , je suis le groupe depuis ses débuts et j’aime beaucoup le nouveau également, mais j’ai quand même trouvé, même si ce n’est évidemment pas la même musique, et qu’elle reste très intéressante, que les compositions de Silhouettes restent dans la même veine que celles de Drawing Circles. Les nouvelles compositions sont réussies, mais le feeling général reste le même.

Remko : Peut-être est-ce du à notre chanteur, sur le premier album, les voix étaient assez différentes, assez axées hardcore, celles d’Erik sont plus variées, il sait combiner des voix growlées, hurlées et chantées dans un même morceau, et c’est ce qui ressort des 2 derniers albums et qui les rend plus similaires je pense.

La dualité entre les passages agressifs aux riffs saccadés et ceux plus atmosphériques avec des voix chantées est toujours la caractéristique de Textures, vous n’avez pas eu envie de surprendre en proposant certains morceaux différents, peut-être plus jazz, plus prog, quelque chose que vous n’aviez jamais essayé avant?

Jochem : On ne compose pas en réfléchissant comme ça en fait, on joue seulement ce qu’on a en tête, ce qu’on a envie de jouer, c’est quelque chose de très naturel qui nous incite à continuer à écrire de la musique. Il y a une évolution entre les albums, mais elle n’est pas programmée. On a un serveur sur lequel on enregistre progressivement toutes les idées qui nous viennent, certaines y sont encore depuis 4 ans et on constate une évolution entre ces idées et celles qu’on a maintenant.

Comment est-ce que le groupe fonctionne, vous vivez dans le même coin et répétez toute l’année?

Oui, la Hollande n’est pas si grande, on vit dans le même coin. On joue déjà beaucoup de concerts, on va faire plus de 70 concerts cette année, ça va nous prendre beaucoup de temps. Sinon le reste de l’année, on répète 2 jours par semaine. C’est beaucoup, c’est trop même parfois, mais on aime ça.
En ce moment on se relocalise dans la banlieue d’Amsterdam, je suis en train de faire construire un bâtiment avec un grand studio d’enregistrement, c’est ce que j’ai toujours voulu avoir, c’est comme un rêve qui se réalise, un studio dans un bâtiment entier. Le studio marche bien, on est complet pendant un bon moment.

Erik est en guest sur le dernier album de The Ocean, Precambrian, est-ce que vous les connaissez bien?

The Ocean est un collectif qui attire beaucoup de gens différents pour travailler sur leurs albums, ils ont plusieurs chanteurs, des membres interchangeables. On les connaît depuis un bon moment maintenant, on aime beaucoup ce qu’ils font et vice versa, on est en contact régulièrement, donc ils ont juste demandé à Erik si il voulait participer à un morceau, et il a naturellement accepté.

A mon avis, même si vos musiques sont différentes, The Ocean et Textures ont la même envie de faire évoluer le metal vers un son plus moderne sans pour autant aller vers quelque chose de futuriste. Est-ce que vous connaissez d’autres groupes dont vous vous sentez proches également?

Oui, je suis d’accord, on a la même vision. Je pense directement au groupe français Hacride également, mais il y en a d’autres. Il y a beaucoup de groupes qui font une musique technique en essayant de proposer quelque chose qui n’a jamais été joué avant ou qui au moins sonne nouveau aux oreilles du public. Tu dois en connaître beaucoup plus que nous. En groupe français, il y a Gojira aussi.

A ce propos, Gojira, qui sont aussi signés sur Listenable Records, commencent à beaucoup faire parler d’eux depuis la sortie de leur dernier album, ils ont fait une tournée aux Etats-Unis dernièrement, avez vous le même objectif avec la sortie de votre 3ème album, Silhouettes? Est-ce que vous avez déjà joué hors d’Europe?

Remko : Non en fait jamais, mais effectivement on compte faire ça cette année, faire une tournée en Australie et aux Etats-Unis, peut-être au Japon. Je ne sais pas exactement combien mais Drawing Circles s’est bien vendu, on espère que le nouvel album sera bien reçu partout.

Comme on vous a souvent comparés eux et que leur dernier album vient de sortir, qu’est-ce que vous pensez de Obzen, le dernier Meshuggah?

Remko : C’est un bon album, ils essayent d’évoluer à chaque album, et ce dernier est dans une évolution logique. Je suis fan de Meshuggah depuis des années, Destroy Erase Improve est un de mes albums préférés. En fait, c’est une question difficile parce que le groupe a souvent été comparé à Meshuggah bien avant que je le rejoigne, ça ne nous dérange pas mais on pense tous que la comparaison n’est plus si évidente que ça. Meshuggah est un groupe génial qui a son propre son, je suis impressionné par chacun de leurs nouveaux albums, mais on essaye de se dégager de cette influence, de faire quelque chose de différent.

Jochem : Obzen est un album difficile, il faut l’écouter de nombreuses fois avant de le cerner, il est dense. C’est peut-être ce qu’on a le plus en commun, le nouvel album de Textures n’est pas facile non plus, tout le monde ne peux pas le comprendre à la première écoute.

J’ai vu sur Youtube une pub pour Nokia dans laquelle vous apparaissez, comment c’est arrivé? la pub a été diffusée?

En fait, ils ont créé une cabine téléphonique isolée pour les festivals et il leur fallait un groupe pour pouvoir prouver qu’on pouvait appeler d’une telle cabine dans un environnement bruyant. C’est le publicitaire qui nous a appelé, on a trouvé ça marrant et on a accepté. La pub est passée en Hollande.

Sinon j’ai lu sur votre site web que vous ferez un set différent au Symphorce Festival, à Tilburg fin août. Il y a écrit "Special symphonic set", qu’est-ce que ça veut dire

Qui a écrit ça? En fait, on fera juste un set spécial, plus calme et prog. Il faudrait qu’on fasse changer ça sur le site, on va pas embaucher un orchestre symphonique spécialement pour l’occasion, c’est trop de boulot. Ca reste un festival metal, donc on fera quelques morceaux plus agressifs aussi. Au ProgPower, on avait fait un concert presque entièrement agressif et les gens avaient aimé.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 502 articles sur Eklektik.

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