Textures – Silhouettes

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Style: death/thrash moderne progressifAnnee de sortie: 2008Label: Listenable

Textures est un groupe auquel j’ai accroché dès la sortie de Polars, le groupe hollandais s’étant déjà à mon sens inséré dans la cour des grands dès cette première réussite, en proposant une musique sortant de l’ombre conjuguée de Meshuggah et des oeuvres de Devin Townsend. Avec la consécration de Drawing Circles, on constatait un éloignement progressif de leurs influences, l’évidence de l’affiliation à Meshuggah s’estompant, l’apport d’un nouveau chanteur à l’aise dans tous types de chant apportant également une avancée majeure dans la formation de la personnalité du groupe.

Après un changement de bassiste passant inaperçu, voici donc le 3ème album du groupe, Silhouettes, qui poursuit au rythme d’une sortie tous les 2 ans. Les premières écoutes soulignent la dimension rentre-dedans , agressive des compositions, le groupe n’a visiblement aucunement perdu sa fougue, entre la vélocité de riffs death techniques bien rapides et la lourdeur de gros coups de hachoir sur des rythmes polymétriques. On est manifestement dans la lignée de Drawing Circles, sans baisse de régime, certaines rythmiques tabassent même étonnement, soulignées par des blasts convaincants du batteur Stef Broks, dont le niveau ne cesse de s’affiner. Armés de rythmiques bien groovy et en mouvement perpétuel, les titres de Silhouettes sont clairement taillées pour déboîter les cervicales en concert. D’ailleurs le groupe s’est révélé excellent toutes les fois où je les ai vus, y compris tout récemment sur scène où les morceaux de Silhouettes ont pris une place prépondérante du set du groupe.

Malgré un premier abord qui n’est pas de tout repos, les compositions proposées étant riches et parfois rudes à appréhender, les écoutes suivantes révèlent de nombreux passages plus aériens, où le clavier prend une place prépondérante, posant les ambiances avec des nappes aux sonorités modernes mais généralement soulignées par des accords saturés au son massif. Certains morceaux sont même largement consacrés à cet aspect plus épique et délié du groupe, qui laisse alors se déplier les mélodies dans des couches de sons enveloppants, et forment un terrain idéal pour les mélodies vocales.
Toujours produit par Jochem, le guitariste du groupe, dont le studio commence à se faire un nom, la production est parfaitement adaptée à la musique du groupe, moderne et précise sans paraître trop artificielle, elle se charge de répartir les nombreuses couches de sons superposés qui donnent l’impression d’envahir tout le spectre sonore. En fait les 9 titres qui composent l’album métissent assez bien les différentes nuances de leur jeu, ce sont des pièces complexes, chargées en évolutions, pouvant commencer brutalement pour finir sur des mélopées chantées, ou vice versa. Cela dit, le contraire aurait été étonnant étant donné que ça a toujours été lecredo du groupe.

Le chant de Eric Kalsbeek est encore parfaitement adapté quel que soit le registre, il se partage entre cris puissants dans un style pas si éloigné de Kidman de Meshuggah mais en plus variés, et un chant clair puissant qui fuse en un flux chaleureux et maîtrisé, certains passages chantés en sont purement jubilatoires comme celles de « Awake » ou « Messenger ». Ces parties en chant clair sont particulièrement élaborées, j’aime beaucoup le fait que les lignes mélodiques évoluent continuellement, comme si elles racontaient une histoire en rebondissements, contrairement aux phrases répétées en boucle qu’on trouve dans la plupart du rock. L’utilisation de cette voix reconnaissable entre mille consolide la personnalité du groupe et l’éloigne d’autant plus des comparaisons hatives avec Meshuggah.

On a donc affaire à un album complet, sans vraiment de défauts en terme de composition ou de baisse de dynamique. On ne peut pas leur reprocher un manque d’inspiration tant les morceaux de Silhouettes sont tous intéressants et complexes mais malgré cela, je reste un peu sur ma faim du fait que Silhouettes poursuit dans la droite ligne des morceaux les plus réussis Drawing Circles, sans proposer d’expérimentation, de nouveautés réellement surprenantes, comme pouvait l’être par exemple le côté jazz/prog des derniers morceaux de l’album précédent que j’aurais bien aimer voir poursuivi. Avec exactement les même principes au niveau de la composition et un son relativement proche, Silhouettes me semble être un peu trop proche de la redite et j’espère que le groupe tentera d’élargir sa musique sur son prochain album. Ainsi, je ne sais pas si je ne conseillerais pas plutôt Drawing Circles à quelqu’un n’ayant jamais écouté le groupe, car Silhouettes me semble plus dense et difficilement assimilable.
Cela dit, aucune déception quand même, je n’attendais pas moins de Textures et cet album ne me lasse aucunement et me procure toujours autant de plaisir de la première à la dernière seconde. Techniquement impressionnant, énergique et prenant, Silhouettes a toutes les chances de rester un des must have de l’année.

  1. old days born anew
  2. the sun’s architect
  3. awake
  4. laments of an icarus
  5. one eye for a thousand
  6. state of disobedience
  7. storm warning
  8. messengers
  9. to erase a lifetime
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 502 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    Un poil moins bon que le précédent, et par contre je trouve une différence avec les anciennes oeuvres : l’usage de riffs qui font carrément penser à du Pantera ou du A Life Once Lost. Pas sûr que ce soit hyper à propos dans la musique des bataves d’ailleurs.
    Quoi qu’il en soit, ça reste de la belle ouvrage.

  2. Arnaud says:

    Mouais, l’influence Pantera était déjà bien décelable sur « Drawing Circles », mais elle semble un peu plus présente sur ce nouvel album.
    Vivement que je reçoive ça.

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