Bruce Dickinson – Tyranny of Souls

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Style: heavy metalAnnee de sortie: 2005Label: Sanctuary

Bruce Dickinson est un homme occupé. Outre son activité de front-man avec Iron Maiden, ses vols en A737 pour ses fans les plus suicidaires et les livres qu’il écrit, le bougre a enregistré cette année une série d’émissions documentaires sur l’aviation pour Discovery Channel et anime chaque samedi soir sur la BBC une plage musicale de 3 heures. Un planning bien chargé qui n’a pas empêché ‘Air Red Siren’ de nous gratifier d’une nouvelle offrande entre deux tournées avec la Vierge de Fer. Alors qu’en est-il de ce Tyranny of Souls, 6ème album studio d’un chanteur dont le premier enregistrement remonte à 1977 ? L’ancien a-t-il encore des choses à dire puisqu’il n’a quasiment plus rien à prouver ? La réponse est un OUI enthousiaste (L’honnêteté nous oblige dès maintenant à vous informer que le rédacteur de la présente chronique est un die-hard fan du grand Duck Brucinson).

Revoici donc Bruce en toute liberté, dégagé du carcan parfois un peu lourd imposé par Steve Harris. Tyranny of Souls s’inscrit dans la lignée de Chemical Wedding tant sur le fond que sur la forme. L’ésotérisme, le fantastique et l’aviation, ses grandes passions, sous-tendent l’ensemble de l’opus, enregistré et produit par son comparse Roy Z. depuis Accident of Birth. La sphère Heavy-Metal mélodique et hargneuse dans laquelle évolue le chanteur ne change pas et les ambiances dans lesquelles il aime se mettre en scène sont au rendez-vous. Passons à présent l’opus en revue.

L’album démarre avec l’introductif ‘Mars Within’ où la voix prend déjà toute sa latitude sur fond de guitares plombées et d’ambiance mystique. Une rythmique rappelant celle de ‘Freak’ qui ouvrait Accident of Birth annonce ‘Abduction’. Les guitares harmonisent sur le refrain et le break très agressif est jouissif. La formule est classique chez Dickinson et fonctionne à plein, bien qu’il ne prenne aucun risque. ‘Soul Intruders’ ne déroge pas non plus à la règle, les couplets sont de véritables boulevards à chant et le pont est typique des domaines où Bruce excelle. Le refrain épique est enlevé, le patron est de retour et il domine son sujet.

La suite va d’ailleurs le prouver avec le titre suivant : sans conteste la pièce maîtresse de l’album. Nous voilà en compagnie des frères Wright lors de leur premier vol au dessus de ‘Kill Devil Hill’. Une rythmique mid-tempo sur laquelle le chanteur, très à l’aise, développe des lignes altières. Le refrain est splendide et l’adjonction discrète d’un orgue complète l’alchimie. C’est l’envol immédiat puis le retour au couplet avec des claviers soutenant les envolées du chanteur en pleine possession de ses moyens. C’est un moment épique et c’est pour ce type de morceaux que les fans de l’Anglais se damnent. Le final est un merveilleux moment de grâce avec piano et une guitare apaisée distillant une ligne hypnotique qui nous emmène en douceur vers la conclusion. La voix mixée à l’arrière-plan vient harmoniser avec tout ce beau monde, fabuleux tout simplement.

Une belle parenthèse succède à ce moment de bravoure avec ‘Navigate the Seas of the Sun’ : une ballade acoustique (qui a dit digne d’Avril Lavigne ?) où se dévoile une belle sensibilité. Une seule envolée du pont lance le morceau mais il n’y aura pas de récital cette fois. Juste une variation qui nous permet d’apprécier pleinement son timbre reconnaissable entre mille. Nous avons droit a un très beau solo (Qui pour la première fois ne fait pas office de remplissage) et les vocalises finales viennent se mêler aux guitares. Vient ensuite ‘River of No Return’. On retrouve avec plaisir les ambiances mystiques de The Chemical Wedding (Meilleur album du maître à ce jour). On note un bon travail du clavier et un couplet chanté à mi-voix prouvant que le chanteur sait alterner les plaisirs et moduler l’utilisation de son puissant organe…

‘Power of the Sun’ comporte un bien étrange démarrage (La voix de Bruce est ici samplée) pour un morceau typiquement Heavy-Metal rapide expédié sans efforts. Le solo encore une fois n’est pas bouleversant, voire clichesque et le morceau est de facture honnête, passons. C’est un bon morceau rock qui s’annonce avec ‘Devil on a Hog’. On pensera à Tattooed millionaire, avec un refrain FM très accrocheur. La chanson s’apprécie comme un bon vin (de table, n’exagérons rien…) que l’on connaît bien et dont on est heureux de retrouver les saveurs. ‘Believil’ lui succède avec des sonorités proches de Balls to Picasso (Cyclops notamment) avec son riff rock lascif. Le break est intéressant, l’ambiance est sombre mais le morceau est assez répétitif.

La fin s’annonce déjà avec ‘Tyranny of Souls’, le morceau titre. L’entrée en matière se fait mystérieuse et le refrain taillé pour Bruce envoie sérieusement sur des harmonies de guitare. Le rusé chanteur prend son monde à contre-pied par un break agressif et rugueux où sa voix prend des tours dissonants. Avant de nous quitter sur un dernier refrain… Le bilan est bon et les fans de Bruce peuvent se procurer l’opus sans crainte, le gaillard ne les a pas trahi même si on peut regretter une prise de risque minimum et un album un peu court. L’on se prend alors à rêver à une tournée solo, peu probable quand on sait que Bruce n’a rempli que la moitié de l’Élysée Montmartre lors de sa dernière venue en France. Que voulez-vous, y a plus de jeunesse ma pôv’ dame ! Et merci l’artiste !

Note Alchemist : 16/20

Monster :

Diantre, je ne savais point que la vie de ce cher Bruce était aussi rempli que ce que vient de nous apprendre Alchemist (notamment sur le fait qu’il a écrit des bouquins). Bref, vous l’avez compris, je suis beaucoup moins fan et connaisseur de la carrière de ce cher Bruce que l’est mon collègue. Evidemment je connais mon petit Maiden illustré sur le bout des doigts, là n’est pas le problème. Mais pour ce qui est de la carrière solo de Air Red Siren, c’est une autre histoire… Je connais évidemment l’excellent Chemical Wedding et, en écoutant Tyranny Of Souls, c’est bien à cet opus qu’on pense tout de suite.

En effet, comme Chemical Wedding, Tyranny Of Souls se veut la juste mesure entre le classicisme du heavy metal traditionnel et quelques éléments « nouveaux ». En gros, comme l’album précédent, cet album ne déroutera pas les passionnés de la vierge de fer et de l’ami Bruce mais il ne sera pas non plus de facture trop classique pour lasser ceux qui ont envie d’entendre une certaine nouveauté.

Le début du disque (en omettant le sombre introductif « Mars Within ») se veut plutôt de facture classique. Dès « Abduction », Roy Z prouve qu’il a toujours sur lui des formules magiques pour trouver le riff qui tue, la rythmique qui fait headbanguer, le break jouissif et le solo magique et virtuose. Même chose sur « Soul Intruders » qui est aussi de facture classique. Bruce est très en voix sur ce titre. Très classique aussi mais cependant moins mémorable : « Power Of The Sun » reste un morceau honnête. « Devil On A Hog » est le morceau rock n’ roll de cet album. C’est aussi, à mon sens, le moins intéressant du disque ; la faute à un refrain ayant quelques tendances FMisante. Le fan de heavy metal lambda ne sera donc pas trop dépaysé par ces quatre morceaux.

Les autres titres sont certes moins heavy mais jouent plus sur les ambiances sombres voir sur l’émotion. Le morceau le plus émouvant de cet album est sûrement « Kill Devil Hill ». Il s’agit d’un titre épique avec grandes orgues pour le refrain. Il se termine de façon très fine et éthérée avec du piano et une guitare de brume. Transition adéquate pour le morceau suivant : le paisible « Navigate The Seas Of The Sun ». Cette ballade acoustique vaut son pesant d’or. Dans
le genre apaisé, on a aussi les couplets de « River Of No Return » ; le refrain est déjà plus costaud, de même que le break au milieu du morceau. Bref, le genre de titre maniant avec dextérité la plume et l’enclume. A noter qu’un soin particulier a été apporté aux claviers sur ce titre.

Les deux derniers morceaux sont les plus sombres de l’album. « Believil » commence avec des guitares rampantes. Bruce chante d’une façon plus sombre, plus funeste qui colle très bien à l’ambiance générale du morceau. Le refrain est énergique et rompt avec l’ambiance obscure du morceau. Le break est simple mais génial : une rythmique lourde, des samples grandiloquents et d’autres mécaniques. Le morceau se termine comme il a commencé, avec des guitares rampantes qui semblent s’enfoncer dans les ténèbres. C’est assurément le titre qui sonne le moins traditionnel sur cet album. « A Tyranny Of Souls » commence lui aussi de façon sombre, avec des guitares rampantes là encore. Le refrain est lui aussi très court et tranche avec l’ambiance générale du morceau. Sauf que le break sonne très thrash metal, Bruce se fait plus agressif que jamais.

Ce morceau clôture en beauté le sixième album solo du maître. Un sixième opus de qualité qui ravira, à n’en point douter, les nombreux fan du bonhomme (il y a qu’à voir Alchemist :p). On regrettera cependant qu’il soit trop proche de The Chemical Wedding et qu’il n’y ait finalement pas plus de prise de risque.

Note Monster : 15/20

  1. mars within (intro)
  2. abduction
  3. soul intruders
  4. kill devil hill
  5. navigate the seas of the sun
  6. river of no return
  7. power of the sun
  8. devil on a hog
  9. believil
  10. a tyranny of souls

Chroniqueur

alchemist

Chroniqueur inter mi-temps, amateur de chats, de Metal mélodique sous toutes ses formes, de fromages de caractère, de bons bouquins, de radios intelligibles... et de zombies.

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5 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Vraiment evil cet album, c’est la 666ème chronique. :)

  2. AlCheMist says:

    Sérieux ??? T’as vu ça Monster ? On est trop des Bêtes :OD

  3. Monster says:

    N’empêche que je remarque que Avril Lavigne est en gras dans cette chronique :p
    C’est malin, certains qui survolent cette chro risque de faire l’amalgame entre Bruuuuuccceeeeee et Avriiiiilllllll !
    Sinon je suis bien content que cette chro soit la 666ème, comme quoi l’association Alchemist-Monster le temps d’une chro à quelque chose de malefique !

  4. jonben jonben says:

    Je me demande bien pourquoi Bruce fait du Maiden en dehors de Maiden, ils ne veulent pas de ses compos dans le groupe?

  5. AlCheMist says:

    C’est là toute la question… première raison, je pense que l’ego de Bruuuce est du genre surdimensionné (A mon sens ce n’est pas un défaut mais plutôt une énorme qualité qui en fait un front-man hors pair) et qu’il a un réel besoin de s’exprimer en solo avec son nom en gros sur la pochette et pas celui de Maiden. Seconde raison, du point de vue artistique, la zique de Bruuuce en solo est un poil plus personnelle et moderne que celle de Maiden (Voir des albums comme Balls to Picasso ou Skunkworks). Maintenant faisant partie de Maiden et composant avec le groupe, il est assez inévitable de retrouver des traces de la Vierge de Fer dans sa zique, si en plus ça peut contenter les fans… Si vous voulez en savoir plus à ce propos, je sais pas moi, décrochez une interview du bougre, j’assumerai sans faillir le douloureux devoir d’aller me prosterner devant sa majesté ;OP

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