Everytime I Die + Twelve Tribes + A Life Once Lost – 16 août 2005 – Nouveau Casino – Paris

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Le Under the Gun Tour réunissait 3 groupes liés par leur appartenance à des labels catalogués hardcore affiliés à Roadrunner depuis quelques mois, Ferret et Trustkill.
Everytime I Die, Twelve Tribes et A Life Once Lost, 3 groupes de la nouvelle scène metal/hardcore américaine passait ce soir-là dans une des meilleures salles de concert parisienne, le Nouveau Casino, dont la petite taille permet des concerts intense avec un bon son quasiment garanti, et qui était ce soir-là correctement garnie niveau public.
Le concert commence une demi-heure enretard mais je les excuse, les groupes étant affairés à vendre des t-shirts, ceux des 3 groupes étaient d’ailleurs tous vendus 10€, un exploit qu’on aimerait que d’autres groupes renouvèlent.

A vrai dire je ne savais pas dans quel ordre allaient passer les groupes ce soir là, Everytime I Die n’étant pas un groupe des plus connus en Europe (ils étaient passés en 1er sur 4 groupes lors de leur dernier passage avec Lamb of God il y a pas longtemps). Pourtant ils étaient là en tête d’affiche et à raison car la majorité du public, assez lookée émo/hardcore, étaient là pour voir le groupe de hardcore n’roll américain.

A Life Once Lost furent les premiers à fouler la scène du Nouveau Casino, leur musique particulière et agressive, qu’on peut décrire grossièrement comme à la croisée de Converge et Meshuggah, avec une pointe de thrash moderne à la Lamb Of God.
Une des personnes avec qui j’étais aura reconnu un morceau trip au synthé de Black Sabbath en intro, le groupe commence ensuite directement sur le single de leur dernier (et 3ème) album, Hunter. On constate directement un son des plus exemplaires pour ce groupe, les grosses rythmiques cadencées de A Life Once Lost sonnent parfaitement sur scène, les 2 guitaristes ont un son bien limpide. Le chanteur à la grosse barbe bouclée se déplace tout du long de la scène, gueulant dans son micro d’une façon un peu trop linéaire à mon goût mais il apporte une bonne dynamique au court set du groupe.
Ils joueront majoritairement des titres du dernier album qui rendent plutôt bien en concert même si le public reste assez statique. Le groupe pourtant est énergique et ne relachera presque pas la pression pendant une demi heure chargée en riffs chaotiques et saccadé, à part pendant quelques solos bien envoyés par le guitariste lead.
Une bonne impression de ce groupe qui confirme un album intéressant quoiqu’un peu obscur et oppressant.

3ème passage de Twelve Tribes en moins d’1 an, le groupe américain aime l’Europe, d’ailleurs le chanteur remerciera chaleureusement les personnes qui était aux shows de Killswitch Engage et 36 Crazyfists dont ils ont fait la 1ère partie. Dès leur arrivée sur scène, on sent que ces 2 derniers passages en France leur on apporté du soutien ici et le public ne tarde pas à réagir aux interpellations du grand chanteur autrement plus communicant que celui d’A Life Once Lost. Il balaie la scène de ces dreads impressionnantes, tout en posant son chant mi-hardcore, mi-parlé/chanté, sur les compos du groupe, metal/hardcore assez particulier, proche de Poison the Well mais avec des rythmiques complexes décalées assez répétitives. Ils joueront principalement des titres de leur bon album The Rebirth of Tragedy, avec un son assez moyen, guère meilleur que lors de leurs 2 autres passages et surtout beaucoup moins bon que celui du groupe précédent.

Twelve Tribes donnent assez bien en live, leur musique a un impact certain, alliant puissance et déchainement hardcore avec des errements plus atmosphériques où les mélodies ressortent. Mais l’aspect direct de leur musique est accentué par le fait que le chanteur remplace souvent le chant clair assez réussi de leurs morceaux sur album par des cris, surtout qu’il est parfois accompagné par les cris aigus du gratteux, ce qui fait que même les passages les plus posés sur album sonnent agressifs sur scène.

Malgré cela le groupe est méritant et nous a fait passé un très bon moment, le pit s’excitant avec plaisir.

Puis viennent la tête d’affiche de la soirée, Everytime I Die, qui dès les premières notes de leur hardcore façon rock n’roll déchainent de plus belle le public, et on peut dire que ça envoie sévèrement, et le groupe bouge dans tous les sens à la manière d’un Norma jean, et le public suit, les emo/hardcoreux parisiens moshent gaiement pendant que le chanteur s’égosille. Les singles d’Hot Damn, « Romeo A Go-Go », « Off Broadway » ainsi que les 2 morceaux du nouvel album, Gutter Phenomenon, qui vient de sortir et étaient déjà écoutables sur le net, « Bored Stiff » et « Guitared and Feathered » déchainent encore plus le public. Les riffs speed chaotiques alternent avec les passages lourds, les guitaristes font preuve d’une dextérité à toute épreuve, les nouveaux titres sont d’ailleurs particulièrement techniques. Par contre, la musique d’Everytime I Die n’est pas des plus digeste, la complexité des riffs devenant facilement brouhaha sonore, même si quelques passages plus calmes sont dispersés dans le tout, avec quelques chants clairs pas toujours bien réussis.

J’avoue ne pas être un gros fan de tout ce qu’a fait le groupe, si je trouve quelques morceaux excellents sur leurs 2 albums Last Night In Town et Hot Damn!, le tout me lasse rapidement et j’ai un peu le même effet en concert. L’exces de chaos de leur hardcore mariné dans une sauce rock n’roll bien épaisse me saoule à la longue tant des fois on ne se rend plus bien compte où ils veulent en venir. Enfin le groupe a tout de même du panache sur scène et les fans furent comblés par ce concert qui révéla un Everytime I Die bien en forme.

D’ailleurs les 3 groupes de la soirée ont plutôt bien donné, A Life Once Lost, dont la musique est moins exposée a tout de même convaincu avec un son bien rond, Twelve Tribes grace au charisme de leur chanteur et à leur compos puissantes, Everytime I Die, en tête d’affiche a déchainé un public tout en assurant sans failles un set explosif.

Merci à Martin pour les photos.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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