Sabaton – Attero Dominatus

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Style: heavy metalAnnee de sortie: 2006Label: Black Lodge

La France n’est vraiment pas le pays du rock, ce n’est plus à prouver. La victoire de Lordi à l’Eurovision cette année l’a de nouveau démontré avec l’incompréhension des commentateurs du concours européen de la cochonnerie sonore formatée. La France est le pays de la chanson à texte… enfin était, l’ère des Brel, Ferré et Brassens est bien loin. La France n’a jamais été le pays du rock. Alors le heavy metal, n’en parlons pas. Les fans de heavy metal sont des cohortes quelque peu clairsemées en nos régions, irrémédiablement marquées par la philosophie de Descartes. Or pour saisir l’essence du true metal, d’un groupe comme Manowar par exemple, d’un Hammerfall ou d’un Sabaton dans le cas présent, il vaut mieux venir du pays de Mickey, de celui des Nibelungen ou des confins des terres glacées des Vikings. Un groupe suédois comme Sabaton, absolument inconnu dans notre cher Hexagone, a pété les high scores dans le Bilboard local. Fait incompréhensible pour nous autres les mangeurs de fromages qui puent.

En matière de heavy metal traditionnel ou de true metal comme certains disent pour frimer, la Suède est surtout connue pour le très surestimé Hammerfall, alors qu’elle compte en son giron des formations de bien meilleure tenue tel notamment l’excellent et très maidenien Wolf. La fanfare nordique qui nous intéresse, en l’occurrence Sabaton, en est à sa troisième galette cloutée. C’est son deuxième opus, le concept album Primo Victoria, qui a permis à ces jeunes gens de décrocher le pompon dans leur pays. Après une tournée triomphale avec Dragonforce et Edguy, Sabaton revient à la charge avec cet Attero Dominatus.

Ces gens là pratiquent un heavy metal épique assez proche des Germains de Grave Digger. Nos Suédois se veulent cependant plus subtils que le creuseur de tombe allemand. Joakim Broden, le chanteur qui mène l’orchestre est le grand atout de Sabaton. Sa voix est un compromis entre celle du rugueux Chris Boltendahl de Grave Digger et celle de sa sainteté Ronnie James Dio ; plus subtile que le premier mais moins versatile que le second. De vaillants chœurs de preux chevaliers accompagnent cette voix puissante, faisant surtout écho durant les refrains, formule bien connue depuis l’âge d’or d’Accept.

Pour accompagner ce heavy metal majoritairement mid-tempo, vous prendrez bien quelques claviers ? Point trop n’en faut, juste assez pour supporter la mélodie et marquer l’ambiance. Pas de bruitages de jeux vidéo ou de sonneries de portable à la Dragonforce ou à la Stratovarius chez Sabaton. Sabaton est authentique, subtil mais jamais kitsch. Il est question dans les textes de metal bien sûr mais surtout de guerre, on est donc loin des mièvreries que nous offre la scène heavy speed mélodique. Pas de « Papillon » comme chez Stratovarius donc, mais plutôt du « Nuclear Attack » ou du « We Burn ».

Niveau hymnes guerriers, le grand moment de cette déclaration de guerre est la superbe pièce épique longue de plus de 8 minutes qu’est « Rise Of Evil ». Distillant une ambiance sombre et guerrière, ce morceau rappelle les grandes heures du metal épique, que Manilla Road n’aurait pas renié. C’est l’avancée lente mais puissante d’une armée dans le territoire adverse, avec un riff solide ne pouvant qu’aboutir à la victoire. Pour alléger son propos, le groupe termine sa leçon avec un titre plus léger : « Metal Crüe ». Il s’agit d’un véritable tube où le groupe rend hommage à ses principales influences, jugez-en avec le refrain, grand moment de poésie que n’aurait pas renié un Edgar Allan Poe au zénith de son génie :
« When the priest killed a maiden in the metal church
Armored saints and warlocks watched the slaughter
Rage of the slayer forced the pretty maids
To kiss the Queen in crimson glory »

N’est-ce pas magnifique que ces quelques vers ?
Et c’est sur ces paroles subtiles que je me dois de conclure. Si Sabaton ne sera sûrement jamais un incontournable du genre, il rassasiera sans aucun doute les amateurs d’un heavy metal traditionnel de qualité. Braves gens.

  1. attero dominatus
  2. nuclear attack
  3. rise of evil
  4. in the name of god
  5. we burn
  6. angels calling
  7. back in control
  8. a light in the black
  9. metal crüe
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3 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    Monster historien… du metal. ;)

  2. AlCheMist says:

    Roooh Monster, c’est quoi ce truc ? :OD

  3. s|<oRpi0n says:

    Perso j’ai adoré cet album. Le chanteur a une voix particulière, ça change des autres groupes

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