Manatees – We Are Going to Track Down and Kill Vintage Clayta

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Style: post-rock noisyAnnee de sortie: 2007Label: Autoproduction

Chroniquer Manatees revient à jouer avec un serpent de mer. Ne serait-ce que pour trouver des informations valides les concernant… En dehors d’une page myspace sibylline et d’un ou deux obscures articles, Manatees se joue de nous. L’humour « typically english » me rétorqueront certains. Peut-être… Néanmoins pour si peu que j’ai pu vérifier mes sources, Manatees est né en 2005 des cendres de Secontolast (inconnu au bataillon !) suite au divorce avec le label Lockjaw Records. Un premier essai paru chez Motive Sounds répondant au nom de The Forever Ending Jitter Quest Of Slow Hand Chuckle Walker aussi obscure qu’énigmatique –le groupe revendiquant un album sans titre…- voici un nouvel EP que le groupe tenait à réaliser pour sa tournée en juin dernier avec Bossk.
Greg Wynne (guitare–chant), Alex Macarte (basse-chant) et Paul Heron (batterie) peuvent en tout cas se prévaloir d’une belle carte de visite avec cet EP avoisinant les 35 minutes et moi d’une découverte qui ne me quitte plus guère depuis plusieurs mois maintenant qu’elle tourne sur ma platine. Mais je vais être tout à fait sincère. Seul la présence d’un guest de luxe – Eugene Robinson – m’a fait tendre l’oreille dans un premier temps. Oui, Eugene Robinson le chanteur d’Oxbow de son état, chantre incontesté de la scène noise rock. Jeu de hasard, rencontre en day off lors de la tournée Oxbow-Isis, quoiqu’il en soit Robinson vient poser sa voix sur l’avant dernier titre. Et magnifie par la même cet EP. Les détracteurs en seront toujours pour leur compte. Les autres vous savez déjà quoi faire. En attendant il est clair que c’est ce The pulp cut tout en tension, laminaire et titubant au coin du zinc qui de prime abord se fait le point d’orgue de cet EP.
Mais ce serait faire outrage au travail du trio Manatees. The pulp cut n’est pas le point d’orgue de cet EP. Ni même l’explosif et noisy Mêlée cut qui le clôture. Non. Le point d’orgue c’est cette tension qui s’insinue progressivement, vous applique un échec et mat sans que vous n’ayez eu le temps de mouvoir le moindre pion. Cet EP c’est un peu comme un western et son thème récurrent : la vengeance.
Alors que le crépusculaire Silver and wine avec quelques chants incantatoires, une voix fantomatique et des accords de guitare acoustique pose le décors : le désert, le vent, un feu aux abois, des esprits enivrés qui se troublent d’une scène immonde en filigrane, Old Man Oak semble marquer le réveil, le retour à cette salope de conscience, la douleur et le goût du sang dans une bouche qui n’en finit plus de hurler sa rage. Les guitares évoluent vers de nouvelles terres, s’élèvent, vous enlacent de leurs accords cristallins pour mieux vous guider dans votre voyage vengeur. The Juniper tree n’a de cesse de vous mettre en garde, mais rien n’y fera. Vous avez atteint votre but, passez le pas de la porte de cet enfoiré qui vous a tout pris. Vous contemplez les lieux, cette mansarde au milieu de nulle part, votre colère sourde et sournoise qui vous habite. Le rythme est tribale, les guitares vous accordent encore quelques répits mais la tension est belle et bien là. C’est ici que tout se dénouera. Viens alors le fameux The pulp cut et sa transe noise où Robinson se joue de vous. Il est chez lui, ses muscles se bandent au delà de toute douleur. Il a armé le chien au milieu des effluves d’alcool et il est prêt à en découdre une dernière fois. Mêlée cut explose alors dans un jet de guitare saturée et de rythmiques sans concession. Le sort en est jeté.
Manatees revendiquent les influences des Melvins, Queen, Iron Monkey, Genesis, Gogol Bordello, Descendents, Botch, Don Caballero, Neurosis, Swans, Pink Floyd, Old Man Gloom, Boris, King Crimson,… Manatees c’est un peu ça en effet pour ces structures progressives et ces explosions métalliques. On pourrait alors également parler de Isis, Cripple Black Phoenix, Oxbow… Mais Manatees demeure avant tout Manatees avec sa musique sauvage et son souffle vengeur. Et on attend la suite avec impatience.

  1. silver and wine
  2. old man oak
  3. the juniper tree
  4. the pulp cut
  5. mêlée cut
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3 Commentaires

  1. guim says:

    Un disque vraiment envoutant que je trouve personnellement beaucoup plus accessible que certains autres groupes cités dans cette chronique.Il faudra corriger les liens ils ne passent pas.

  2. Arnaud says:

    Chronique alléchante, je vais voir ce que ça donne.

  3. electric passmountai says:

    terrible ce titre avec Eugene
    et le reste j’aime bien
    achat en vue

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