Cortez – No More Conqueror

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Style: HardcoreAnnee de sortie: 2018Label: Wooooargh Records

L’album le plus intense de l’année, ne le cherchez plus, il est là. Déjà revenus en 2013 après plusieurs années de silence avec le très bon Phoebus, les suisses semblent plus que jamais décidés à prouver que la maturité et l’expérience leur va à ravir puisque ce No More Conqeror, tout résolument différent des précédents albums qu’il soit (et il l’est !), est à mon sens leur meilleur album. Il faut dire que si j’avais beaucoup apprécié Phoebus, ce n’était pas le cas du premier album Initial qui m’a toujours méchamment tapé sur le système avec son hardcore / post-hardcore chaotico-chaotique.

Je suis donc ravi de voir en 2018 les suisses partir dans une nouvelle direction beaucoup plus directe, frontale et intense, évoquant à mes yeux rien de moins que l’intensité des monstrueux et jusqu’ici inégalables Converge. Il n’y avait en effet jusqu’ici que les bostoniens pour écrire un riff si vicieusement bon que celui qu’on entend sur la deuxième partie d’« Hemigraphic »… Enorme… Et la suite sera à l’avenant.

Morceaux écourtés (avec beaucoup de titres sous les 4 et même sous les 3 minutes), riffs vicieux, batterie monstrueuse (putain de performance monumentale de Grégoire une fois de plus) et… nouveau chanteur ! C’est certainement le plus gros changement qui saute immédiatement aux oreilles dès le démarrage du monstrueux « Seven Past Forever ». La différence est d’autant plus flagrante que le registre du nouveau chanteur retenu (Antoine Lang) est radicalement différent de celui de son prédécesseur avec une tonalité plus noise/hardcore et beaucoup moins post-hardcore. Certains n’y trouveront certainement pas leur compte, je pense pour ma part que le groupe gagne en originalité et en capacité de percussion et que ce changement de ton vocal est cohérent par rapport au côté plus « straight in the face » du Cortez 2018. Et ce nouveau line-up enchaîne pied au plancher les morceaux de bravoure durant les 37 minutes que dure l’album. L’enchaînement des titres est parfait (l’écoute en random nuit vraiment à la qualité du disque), les titres DEVAIENT vraiment s’enchaîner dans cet ordre précis pour conférer à l’album cette urgence et cette intensité incroyables (avec un quasi climax sur l’extraordinaire « Duende » et sa cavalcade de fûts et de cymbales juste à pleurer de bonheur, Grégoire merci!).

L’originalité du registre du nouveau chanteur apporte à mon sens beaucoup, même s’il s’agit aussi certainement de la plus grosse prise de risque du groupe depuis le début de son histoire, et que l’album risque de diviser, voire peut-être de repousser les amateurs du Cortez le plus post-hardcore. Antoine interpelle, invective son auditoire même, rappelant même (très) ponctuellement dans les moments les plus extrêmes (sur la fin d’ « Abodes of Hail Season » en particulier) le registre crié de Mike Patton.

Il semble que No More Conqueror soit aussi le premier album de Cortez sur lequel un bassiste est crédité (il s’agit en l’occurence de Loïc Grobetty de Convulsif) même si pour être très honnête le résultat est loin d’être révolutionnaire (à mes oreilles en tout cas), la basse étant quasiment impossible à distinguer du reste compte tenu de l’intensité globale de l’album, à l’exception d’un ou deux moments durant lesquels le tempo retombe ou n’a pas encore décollé au contraire (comme au début d' »Ajatashatru »). Pas de quoi parler de révolution pour autant à mon sens sur ce point mais qu’importe…

Au final, difficile de prévoir si cette prise de risque s’avèrera payante ou non mais pour ma part j’ai choisi mon camp dès la première écoute : No More Conqueror est bel et bien un GRAND album, et cela fait plusieurs semaines que j’y reviens encore et encore, prenant mon pied comme rarement avec un album de ce genre. Absolument dantesque pas moins, et évidemment dans les tous meilleurs albums de l’année.

 

Tracklist :

1 – Seven Past Forever

2 – Antes Dos Dias Dos Deuses De Ontem

3 – Hemographic

4 – Ajatashatru

5 – Duende

6 – Abodes of Hail Season

7 – According to Claude Bernard

8 – In Albis

9 – Nigredo

10 – Tristan da Cunha

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. RBD says:

    Vus sur la tournée de promotion, en format trio sans bassiste pour la scène. Le changement de chanteur apporte un peu plus d’émotion sans nuire à l’intense violence que les Fribourgeois dégagent toujours. Grosse claque à la batterie aussi.

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