Equus – Eutheria

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Style: post rock instrumentalAnnee de sortie: 2008Label: Get A Life !

Alors que certains n’en peuvent plus d’attendre le deuxième opus de The Evpatoria Report, dont la sortie a été fixée au mois de septembre de cette année, le label Get A Life ! Records (Yog, Cortez, Vancouver, Zatokrev, The Evpatoria Report) vous propose de patienter avec Eutheria, le premier album en date du groupe Equus.
Si le nom de cette formation genevoise ne vous dit pas grand-chose, sachez que ses membres n’en sont pas à leur coup d’essai et se sont fait les dents au sein de groupes tels qu’Impure Wilhelmina, Shora, Brakhage, Chapter, ou encore Iskander. Malgré ses allures de all-stars band, le combo prend un malin plaisir à laisser planer un certain flou sur ses origines, et préfère largement mettre sa musique en avant.
Une fois le CD sorti de sa magnifique pochette cartonnée, l’auditeur découvrira alors que le quartet l’invite à un (long) voyage de soixante-sept minutes, réparties sur seulement trois titres. Le pari est osé, et je dois avouer que c’est tout de même avec une certaine appréhension que j’ai débuté l’écoute de cet album, car dans ce genre d’exercice, un groupe peut facilement se rétamer magistralement et perdre l’auditeur en jouant trop la carte du remplissage et de la surenchère. Que nenni, avec cet album on se retrouve embarqué dans un voyage majestueux et envoûtant du début à la fin, sans qu’à aucun moment la lassitude et/ou cette vilaine sensation que le groupe tire ses morceaux en longueur ne se fasse sentir.
Du haut de ses trente et une minutes, Hyracotherium amorce un décollage tout en douceur, aux structures variées, mais qui s’imbriquent parfaitement. Lentement, l’auditeur sombre et se laisse happer par l’atmosphère à la fois mélancolique et aérienne qui se dégage des premières minutes. L’ajout d’un court passage accompagné de quelques cordes renforce encore l’immersion, et en fera frissonner plus d’un. Les arpèges se suivent au gré des coups de médiator, mais ne se ressemblent pas. Quelques nappes de claviers viennent compléter le paysage sonore ça et là, tandis que la section rythmique vous enveloppe, vous berce, et ce, afin de vous transporter d’émotion en émotion.
Orrin tugenensis continue plus ou moins sur la même lancée que Hyracotherium, mais dans un registre un brin plus nerveux et soutenu. En effet, le morceau débute de façon très calme, où une flûte pointe le bout de son nez, avant que la guitare n’enclenche la disto et se lance dans un solo aux relents très seventies et groovy à souhait. Alors que la basse ronronne et que la batterie se fait plus épileptique, les nombreuses nappes de clavier sont toujours présentes, et nuancent quelque peu le tout. L’atmosphère est certes plus tendue, plus oppressante lors de certains passages, mais l’ambiance générale de ce titre reste tout de même très aérienne et planante. Les transitions, ainsi que le dosage des passages plus lourds sont très bien maîtrisés, et font en sorte que, là encore, l’auditeur ne voit pas les minutes défiler.
Dernière pièce du puzzle, Epona fait son apparition et clôt ce périple en débutant par des passages aux accents math-rock assez prononcés, pour ensuite se muer vers quelque chose de plus enivrant et évasif. La tension qui caractérise les premières minutes du titre s’estompe donc peu à peu, et voit progressivement la guitare prendre le dessus, proposant un jeu à la fois hypnotique et mélodique, mais aussi empreint d’une certaine mélancolie. Une fois de plus, la section rythmique n’est pas en reste et multiplie les divers changements au fur et à mesure que les minutes défilent, délivrant, une fois de plus, une prestation à la fois inventive et subtile.
Durant les trois dernières minutes du morceau, l’auditeur se verra proposer un atterrissage tout en douceur aux sonorités orientales, durant lequel la guitare acoustique se marie à merveille à diverses percussions, et autres chœurs, qui se chargeront de vous ramener progressivement à la réalité.

Avec son premier album, Equus frappe un grand coup et se hisse parmi mes découvertes les plus intéressantes de cette année. En mélangeant habillement différentes sonorités et influences, le groupe nous offre plus d’une heure d’une musique certes complexe, mais qui, bizarrement, s’assimile assez facilement. Bien entendu, ne vous attendez pas à connaître les trois morceaux sur le bout des doigts après deux ou trois écoutes, mais les transitions et les ambiances se suivent de façon tellement logique que l’écoute de l’album de A à Z est un pur moment de bonheur.
Je ne pense pas trop prendre de risques en affirmant que les amateurs de formations telles que Godspeed You ! Black Emperor, Mogwai, Shellac, Explosions In The Sky, ou encore Don Caballero ne seront pas déçus et en redemanderont.

  1. hyracotherium
  2. orrin tugenensis
  3. epona
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Groupes cités dans la chronique

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7 Commentaires

  1. Mamelon says:

    On sent bien la patte Shora je trouve. Je ne connaissais pas ce groupe, merci!

  2. Vincent says:

    on la sent un peu trop justement la patte Shora, du coup j’arrive pas à penser à autre chose, surtout au début d’Epona. Reste un album fort agréable, mais ce « yeah!!! » est un peu exagéré face au « c’est du bon » de Malval qui lui à bien plus de pêche et d’originalité…

  3. Vincent says:

    …mmm… désolé, j’ai été un peu sec, même si je maintiens mon avis… Reste que ça fait du bien d’avoir ce genre de groupe!

  4. Joss says:

    Les albums de Shora et de Equus ayant été chroniqués par deux personnes différentes, il ne faut pas chercher de logique entre leurs notations. Deux personnes, deux sensibilités différentes !

  5. shaq says:

    …et deux albums indépendamment très intéressants ;)

  6. doonyrd says:

    album envoutant ,depressif …bref un bonheur!

  7. Séb says:

    Moi je trouve cet album excellent.
    Vivement la suite.
    Un des membre d’ Equus joue dans Shelving.
    http://www.myspace.com/shelving

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