King Khan & The Shrines – The Supreme Genius of King Khan & the Shrines

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Style: garage-soul-rhythm'n'punkAnnee de sortie: 2008Label: Vice Records

“On m’appelle le roi de la jungle, l’homme tigre, je suis King Khan et je suis accompagné de mes Sensationnels Shrines ». C’est avec cette présentation en forme d’hommage à Rufus Thomas, que le Mahârâja du groove lubrique, le sultan du rhythm’n’punk obscène se fait connaître à nos oreilles émerveillées. King Khan, donc.

D’origine Indo Québécoise, celui qui se fait à ses débuts appeler Black Snake, joue de la basse dans le groupe garage punk The Spaceshits. C’est lors d’une tournée Européenne en 1999, qu’il décide de s’installer à Berlin. Là, il se renomme (et se sacre) King Khan et assouvie enfin son rêve : Monter un big band, avec go-go danseuse et tout le tremblement cuivré. Une fois son armée nommée The Shrines, le roi Khan va s’employer à envahir le reste de l’Europe avec une musique mélangeant rhythm’n’blues marécageux, soul vaudou et garage rock frénétique, le tout baignant dans une ambiance psychédélique pas piquée des champignons. Ce plan de conquête va passer par trois albums : Three Hairs And You’re Mine, Mr. Supernatural et What is ?.

Ce sont les meilleurs moments de cette carrière en cours que la compilation The Supreme Genius Of King Khan & The Shrines, nous invite à parcourir. Sorti sur le label indépendant Vice Records, le disque est avant tout destiné au marché américain. Mais, soyons réalistes, il s’adresse à tout le monde tant King Khan est loin d’avoir le succès qu’il mérite pourtant largement.

Nous voilà donc plongés dans de pures orgies sonores, sur lesquels les cuivres en appellent à l’esprit free de Sun Ra, la rythmique au funk illicite de Funkadelic Parliament et les guitares aux incisions sous trip des Seeds. Quant à King Khan lui-même, il se frotte sans vergogne au Parrain James Brown. On pense même parfois à un autre cintré notoire, déjà adepte d’un rhythm’n’blues aux oripeaux vaudous : Screamin’ Jay Hawkins.

Si le côté foutoir chronologique est tout à fait respectueux de l’esprit du groupe, il sera peut-être difficile, pour les non initiés, de se rendre compte d’une quelconque évolution. Et pourtant il est intéressant de remarquer que chaque album a sa couleur, et que l’inspiration de King Khan passe, au fil des disques, d’un garage soul très typé (« Torture », «Took My Lady To Diner »), vers des ambiances de plus en plus psychédéliques (« Land Of The Freak », « I Wanna Be A Girl »). Seule (très légère) déception : L’absence de la chanson en français, « Le Fils De Jacques Dutronc », hilarante parce que totalement débile. Ceci n’empêche pas de noter que le contenu de la compilation est tout de même plutôt complet puisqu’on y trouve également un titre du split cd avec les Dirtbombs, Billards At Nine Thirty, sur lequel King Khan atomise le groupe de Detroit, pourtant habitué de la sauvagerie punk’n’soul. Il semblerait que ces génies suprêmes ne connaissent pas les baisses de régime ou d’inspiration.

Ce qui fait largement saliver en pensant à leurs prochaines livraisons, que l’on espère moins confidentielles, grâce au succès que se doit de rencontrer cette compilation.

  1. torture
  2. took my lady to dinner
  3. outta harm’s way
  4. land of the freak
  5. fool like me
  6. i wanna be a girl
  7. welfare bread
  8. sweet tooth
  9. shivers down my spine
  10. burnin’ inside
  11. destroyer
  12. live fast, die strong
  13. crackin’ up
  14. tell me
  15. que lindo sueno
  16. no regrets
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4 Commentaires

  1. Adrast says:

    Le lien Myspace ne fonctionne pas :/
    A moi la recherche sur Google ;)

  2. steph says:

    C’est parce qu’il y a un « www » en trop ;)

  3. Joss says:

    D’ailleurs, les titres du myspace sont réjouissants… je vais me pencher dessus plus sérieusement !!!

  4. Adrien says:

    Si vous aimez King Khan & The Shrines, vous pouvez également jeter une oreille sur King Khan & BBQ Show, son projet parallèle avec Mark Sultan. Beaucoup plus rock’n’roll garage, surf et rétro, mais tout aussi réjouissant.

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