Psykup – Hello Karma

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Style: Metal nawakisantAnnee de sortie: 2021Label: Singularités/Regarts/Hexagon Booking/Two Notes/

En toute honnêteté, je les croyais disparus nos petits français de Psykup. Mais en réalité après quelques recherches, j’ai pu me rendre compte de mon erreur, d’autant que le précédent album du groupe ne date « que » de 2017 (Ctrl +Alt +Fuck, à la pochette aussi imagée que le titre). Vous devinez sans mal que je n’ai par conséquent pas forcément  bien suivi tout le parcours du groupe, mais je n’ai pas pour autant été surpris en appuyant sur le bouton « play » et en lançant l’écoute de leur nouvel album Hello Karma. Pas surpris car on reconnaît immédiatement le style frénétique/délirant/épileptique de la musique des français, qu’on connaissait chez eux depuis Manimal (souvenez-vous d’Eros & Thanatos) d’ailleurs, mais bousculé quand même car avec Psykup on a l’assurance d’être bousculé, malmené.

On pense à Sikth notamment du fait de la frénésie vocale de Matthieu, qui peut évoquer celle de Mikee dans un registre toutefois plus aigu, mais également parce que comme chez Sikth, les vocaux sont aussi partagés à deux avec l’omniprésente participation de Julien (guitare) et sa voix nasillarde (le chant étant même parfois doublé comme sur une grande partie de « For the Ones » qui conclut Hello Karma). A noter qu’en plus du tandem vocal habituel, Julien de Benighted vient « gruiker » un bon coup sur le final furieux de « Nice to the Bone ».

Il n’y a pas que les vocaux qui peuvent évoquer Sikth, car comme eux les toulousains aiment alterner les passages rentre-dedans (avec des riffs saccadés hérités de longue date de l’influence de Gojira), et les moments très mélodiques, établissant toujours une sorte de filiation avec le néo-métal dans un sens, même si certains refrains sont carrément pop accentuant encore plus le décalage avec les passages les plus énervés. Mais la comparaison s’arrête là, il y a un côté déconne et pas prise de tête avec Psykup qu’on retrouve moins chez Sikth qui sont plus sérieux. Des délires à l’image de « Masturbation Failed » ou « Lucifer is Sleeping » illustrent bien le côté nawak de Psykup qu’on ne retrouve pas chez Sikth.

Musicalement, les toulousains ont déjà prouvé qu’ils n’avaient strictement aucune limite, et cela se confirme une fois encore : accordéon sur le début de « Chaos Why Not », violon tsigane sur « Sun is the Limit », passage brutal death avec Julien de Benighted comme déjà évoqué, la voix féminine de Bérangère Sentex (dont je salue au passage la qualité, à tel point que j’aurais aimé en entendre davantage) sur « Letter to Greta », les passages à la limite du black sur « Lucifer is Sleeping » entrecoupés de refrains pop, l’orgue sur « And Now We Stand » et bref j’en oublie forcément… Conséquence de cette variété et même peut-on dire, de ce gros capharnaüm sonore, il faut quelques écoutes avant d’arriver à ancrer quelques repères et à assimiler des passages, considérant la densité de 44 minutes réparties sur 12 titres que compte l’album.

Alors une fois le panorama dressé, reste à voir si vous êtes depuis toujours ou serez sensible à la musique des français : pour ma part je dois reconnaître que tout cela est un peu trop délirant et fourre-tout à mon goût, malgré la sincérité évidente et le professionnalisme à toute épreuve du combo ainsi qu’une production au poil. En clair c’est très bien fait mais ça ne m’emballe pas sur la durée et je dois reconnaître avoir du mal à ne pas décrocher avant la fin de l’écoute de l’album. J’adhère finalement davantage à leurs compos plus sérieuses qu’à celles placées sous le signe du délire.

Je vous invite donc à vous faire votre propre idée sur le sujet, et malgré mes réticences sur la durée, je souhaitais tout de même mettre nos compatriotes à l’honneur pour saluer l’évidente qualité du travail abattu pour mettre en boîte cet album (à la très chouette pochette au passage).

Tracklist :
01 – Nothing to Sell
02 – Masturbation Failed
03 – Get Laid
04 – Chaos Why Not
05 – Sun is the Limit
06 – Nice to the Bone
07 – Letter to Greta
08 – Lucifer is Sleeping
09 – Catch Me if You Can
10 – Family Burlesque
11 – And Now We Stand
12 – For the Ones

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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