Summer vibes… (mini-chros estivales)

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Style: diversAnnee de sortie: 2023

Et en un clin d’œil, l’été est parti (même si l’on en a pas trop l’impression vu les chaleurs persistantes quasi partout) et octobre est déjà arrivé… Mais revenons un peu en arrière où, entre deux parties de pétanque avec vos voisins de camping ou séances de baignade prolongées pour cause de chaleur extrême, beaucoup ont décroché des sorties estivales. Alors certes, leur nombre a peut-être été un poil moins dense que le reste de l’année mais quelques albums intéressants s’y trouvent. Retour sur quelques uns…

OxxThe Primordial Blues (Nefarious Industries)

Les groupes danois ont vraiment le vent en poupe ces derniers temps. Après Telos et Eyes (et leurs excitants albums respectifs), voici Oxx et son quatrième album. Mélangeant chaos et sludge, on a là une sorte de relecture bluesy (le titre n’a rien d’hasardeux) de Coalesce (qui en son temps a sorti un album intitulé Ox, rien d’hasardeux je vous dis) avec vocaux bien gras de rigueur en totale adéquation avec la prod très très épaisse. Outch!

Johnny BoothMoments Elsewhere (autoproduction)

Ils pourraient très bien être signés sur une major mais non, Johnny Booth fait tout tout seul, et le fait très bien ! Quatre ans après le surpuissant Firsthand Accounts, le groupe revient avec un second opus tout aussi énergique et varié où l’on retrouve pêle-mêle du metalcore, des plans chaotiques ou encore des séquences « southern » et bien d’autres saveurs oscillant entre le plus ravageur et des mélodies fédératrices jamais hors propos. Amateurs de Norma Jean ou d’Every Time I Die, voici ce qui pourrait bien être votre album de l’année !

MycorrhyzaeThe Great Filtration (Big Bovine Industrial Waves)

Duo composé d’un tas de feuilles mortes et d’un autre de sacs plastique (ou pas loin, visez donc le clip), Mycorrhyzae (ou mycorhize en français, signifiant des filaments partant des champignons puisant dans le sol des nutriments, miam !) est une jeune entité de black metal célébrant la nature et donc les champignons (véridique). Les deux comparses parviennent à créer ici un mur de trémolos avec une prod maison laissant apprécier les nombreuses mélodies épiques (cascadiennes ?) cueillies dans les arbres du coin. Et même si le concept peut laisser songeur certains, ce premier album est un pur tourbillon joignant rugosités et sensations éthérées.

Weald & WoeFor The Good and The Realm (Fiadh Productions)

Quartet cagoulé et armé d’épées (monté par des membres d’Aterrima et de By Fire & Sword), Weald & Woe a sorti ici un second long-format offrant un black metal aux ambiances médiévales particulièrement épiques. Avec son grain de guitare très mélodique évoquant immédiatement les excellents Obsequiae et des arrangements atmosphérico-guerriers parfaitement en phase avec les vocaux essentiellement rageurs du chanteur, on se retrouve comme projeté dans un film d’époque riche en chevaliers en armures affrontant l’ennemi lors de sanglants combats sur la route du sauvetage d’une princesse s’ennuyant en tricotant en haut de son donjon (elle figure sur la cover).

NottHiraeth (Silent Pendulum Records)

Si vous aimez le djent et le deathcore mais que ça va souvent trop vite pour vous, Nott intervient là pour ralentir ce cocktail de violence clinique et de froid glacial. Sonnant telle une version plus digeste d’Humanity’s Last Breath, Hiraeth en récupère pourtant bien le poids ainsi que l’aspect d’enfermement hermétique (en faisant un objet non recommandé aux claustrophobes), mais sans pour autant sonner trop redondant grâce à quelques accélérations ou même des « aérations » (ou zones presque silencieuses). De quoi maintenir l’auditeur en haleine entre deux apnées.

Nuclear DudesBoss Blades (Modern Grievance Records)

Dans le genre « mixture improbable avec des guests tout aussi improbables », Nuclear Dudes s’impose comme le tube de l’été (passé). Pour son troisième album en à peine plus d’un an (!), le duo mixant math, grind et synthés (quelque part entre Pig Destroyer et MS Paint entrecoupé de quelques expérimentations noisy « Pattoniennes ») s’est en effet acoquiné avec Dave Verellen des récemment reformés Botch pour deux featurings sur ce Boss Blades. Une inattendue tornade très chaudement recommandée pour un groupe électron libre qui pourrait bien devenir énorme.

Temple Of AngelsEndless Pursuit (Run For Cover Records)

Les sorties estampillées « metal » ont été nombreuses cet été mais des albums plus calmes sont aussi sortis du lot. A l’image de ce premier long-format, tel une douce caresse dans un monde de brutes. Alternant moments de rêverie (« Endless Pursuit »), titres indie pop touchants (« Tangled In Joy ») et post-punk plus dynamique (« Waving To The Wind »), la voix angélique de Bre Morell nous emmenant entre dreampop et grisaille plus goth (avec quelques interventions de ses collègues masculins comme sur « When The Shadow Smiles Back »). Un album apaisant et facile d’accès et qui ne se lâche plus une fois lancé.

BurnerIt All Returns To Nothing (Church Road Records)

Ayant sorti un EP du même nom quelques semaines avant ce premier album, Burner n’est pas là pour s’encombrer de manières. Le quartet de Londres vient décimer tout ce qui passe à sa portée via un cocktail de chaos, de hardcore et de death metal (avec un chanteur plus guttural que la moyenne du genre), sonnant comme une version blackened death d’un threesome entre Nails, End et Trap Them. Entre gras double et sauvagerie dévastatrice, on ne peut qu’être soufflé devant la puissance dégagée par ces riffs aussi sinueux que destructeurs. Grosse mandale et grosse révélation !

Nuclear Power TrioWet Ass Plutonium (Metal Blade Records)

Poutine, Trump et Kim Jong-Un se font un kiff ensemble et ça s’appelle Nuclear Power Trio. Hein ? Bon, ok ce sont des masques derrière lesquels se cachent des membres d’Allegaeon, Cephalic Carnage et Havok. Et ce délire conceptuel donne un bon gros délire musical, mais à la technique irréprochable (en même temps, les groupes d’origine sont connus pour être de gros techniciens !). Fusion instrumentale entre chevauchées funky, claviers au rendu synthwave et plein de moments what the fuck (le flamenco de « Vamos, Brandito » ou la harpe (!) de « Air Force Fun »). Un peu inégal mais le fun promis est là dans cet OVNI présidentiel.

EgregoreSynchronistic Delusions (Sentient Ruin Laboratories)

Projet solo d’un certain Michael A. Elliot, Egregore sort là un premier album après de multiples EP, singles et splits. Partant d’une base grind avec batterie à fond (assurée par un comparse anonyme), le natif de l’Utah vient l’agrémenter de nuances bien crades tantôt crust (surtout les vocaux de punk arraché) quand il ne vient pas ralentir tout ça dans des contrées sludge/doom toutes aussi odorantes. Un premier album ayant de quoi ravir les punks, les grindeux, tout comme les fans de death à la suédoise et de black metal, la véritable union des extrêmes, elle est là !

SeekKokyou De Shinu Otoko (Silent Pendulum Records)

Formé en 2002, ce n’est pourtant que 21 ans plus tard que Seek sort un premier album ! Pour l’occasion, les japonais viennent tout dévaster avec leur mélange de post metal à gros relents de black metal. Et si le style est aujourd’hui vu et revu, Seek tire son épingle du jeu en alternant les murs opaques et les blasts-déluge tout en posant des émotions (forcément à vif) derrière l’énorme noirceur suffocante. Evil Envy.

Imperial Crystalline EntombmentAncient Glacial Resurgence (Debemur Morti Productions)

Ton été a été trop chaud ? Ne t’inquiète pas, Imperial Crystalline Entombment vient te faire passer sans transition en hiver. Tout est blanc immaculé, même les musiciens du groupe figurant sur la pochette de ce second album (en double car ils sont officiellement deux), suivant un Apocalyptic End In White datant d’il y a… 19 ans ! La longue hibernation enfin finie, IceSickKill (pseudo de Mike Hrubovcak, passé chez Morbidity ou Vile) et son comparse Bleak (Rob Vento d’Aurora Borealis) peuvent enfin déverser leur black metal forcément glacial, non avare en mélodies épiques dans les traces (de pas dans la neige) d’Immortal. Si vous vouliez vous rafraichir, vous êtes désormais congelés par le blizzard, désolé !

OaktailsWhat I Think / What I Love (autoproduction)

Encore un groupe japonais mais qui joue du screamo cette fois. Vous pensez à Envy ? Et à juste titre, Oaktails manie comme ses apparents modèles les spoken words et les émotions à vif, qu’elles soient en fragilité ou en crises de larmes plus que désespérées (l’excellent « Same Hours »). De déflagrations furieuses (avec quelques passages blastés) en arpèges mélodiques touchants, la recette du quintet tokyoïte est maîtrisée. De quoi ravir les amateurs du style.

Just FriendsGusher (Pure Noise Records)

On termine cette sélection estivale avec l’album qui symbolise sûrement le mieux cette saison. Gusher nous invite sur une plage californienne à profiter d’un bon barbecue entouré de potes. Le duo de voix fonctionne parfaitement, celle de Sam Kless étant bien chaleureuse tandis que celle de Briana Goyos la complète amenant parfois des faux-airs de Paramore (« Life I’m Living In »). Entre pop-punk et intentions plus funky au phrasé rap inattendu (« 5th Dimension »), on tient là un sympathique album, léger et plein d’insouciance, dans un style habituellement plus policé et prévisible.

beunz
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4 Commentaires

  1. Pingouins says:

    C’est la grosse bagarre Burner et Oxx, j’ai adoré ces albums.
    Je m’en vais de ce pas écouter Oaktails et kokyou de shinu otoko que je connais pas mais où le mot-clé « Envy » m’a eu :p

    • beunz beunz says:

      Héhé merci pour le retour ! Effectivement, j’avais aperçu tes chroniques ! ;)
      Le mot-clé Envy était surtout là pour agripper les gens, ça a fonctionné :D

  2. Wabba says:

    Comment vous dire…. Merci! Pour le moment j’oscille entre Just Friend et Nuclear power trio. Rien de mieux pour marquer la fin estival sous un soleil toujours présent. Et se clip de Mycorrhizae, c’est du génie

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