[Mini-chroniques] Rattrapage mensuel (février 2024)

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Style: diversAnnee de sortie: 2024

Un clignement d’yeux et on se retrouve déjà fin mars ! La cadence de sorties d’albums ne faiblit pas et nombre d’entre elles sont passées à la trappe. Voici donc un nouvel épisode de notre rattrapage mensuel consacré à février où figurent encore plein de découvertes à (re)faire.

KaonashiThe 3 Faces Of Beauty A Violent Misinterpretation Of Morgan Montgomery (Equal Vision/Rude Records) – chaotic post-hardcore

Sorti la dernière semaine de janvier, il aurait été dommage de passer à côté du nouvel EP de Kaonashi ! Le groupe de Philadelphie poursuit dans son concept unique entamé avec leur album précédent (Dear Lemon House…), notamment avec sa cover sur laquelle on retrouve les plumes qui l’ornaient. Ces cinq titres tout en cassures et en tourments (une nouvelle fois exprimés par le volubile vocaliste Peter Rono, sonnant à nouveau comme l’attraction du groupe avec ses cris perçants entre anxiété et folie furieuse) délivrant un chaos sonique unique. Intense !

Raw WarS/T (Sentient Ruin Laboratories) – raw (sans déconner ?) crust hardcore

Groupe de crustcore canadien aimant les palindromes (mais ça ne vaut pas Raw Radar War, désolé !), Raw War n’est plus depuis déjà plus de dix ans, mais Sentient Ruin a tenu à les célébrer sur cette compilation au son forcément cru ! Dix-sept titres sans compromis (dont une longue intro guerrière nous mettant dans l’ambiance), s’orientant du côté des classiques de la scène, de Totalitär à Doom, avec ses titres survoltés à deux aboyeurs se répondant manu militari. Culte ?

In AutumnWhat’s Done Is Done (My Kingdom Records) – melodic doom-death metal

Fondé notamment par d’anciens As Memory Dies, In Autumn provient d’Italie et sort ici son troisième album. What’s Done Is Done nous convie à une bonne plongée dans la morosité, entre accablement (signifié par cette grosse voix bien puissante) et désespoir romantique (via son alter-ego clean mais sobre). Un entre-deux qui fonctionne plutôt bien grâce à une variété de riffs et de rythmiques parvenant à sortir de l’aspect planplan pouvant découler de nombre d’albums du genre. Amateurs de Paradise Lost et de My Dying Bride, c’est pour vous !

CowerCelestial Devastation (Human Worth) – post-punk/noise bipolaire

Monté par des gens de Petbrick, The Ghost Of A Thousand et USA Nails, Cower modifie un peu son entame post-punk entrevue sur son premier album en ajoutant beaucoup de synthés à sa tambouille. Si le post-punk sert toujours de base, de nombreuses ouvertures constellent ce Celestial Devastation: des envies goth, des passages psychédéliques et des séquences noise psychotiques que ne renieraient pas un groupe comme Chat Pile. Bref, plus de diversité et un pouvoir d’accroche au maximum pour cette surprenante réussite.

SlaughterrorEndless Lust For Gore (Noble Demon) – death metal

Jeune trio finlandais ayant fait ses armes chez Horizon Ignited, Red Moon Architect et One Morning Left, Slaughterror débarque avec un premier EP quatre-titres bien grassouillet mené par une grosse voix d’ours enrhumé. Rien de neuf sous le soleil mais ce presque quart d’heure de riffs au gros groove contrasté par quelques décalages mélodiques devrait complètement séduire les fans de Cannibal Corpse ou d’Obituary.

VægtløsAftryk (46 labels différents !) – screamo/blackened post-hardcore

Deux ans après le single Kakofoni, les danois Vægtløs reviennent avec un nouvel EP alors qu’une petite hype commence à grimper chez les fans de screamo et autres trucs en “post”. La raison ? Le groupe synthétise du Envy, Vi som älskade varandra så mycket ou encore Deafheaven, soit une alternance de screamo et de post-black metal où la mélancolie succède à des séquences à la violence furieuse. Beaucoup d’émotions donc, et même si l’ensemble manque un peu de surprise, on se laisse happer par ces méandres soniques.

fallingwithscissorsThe Death And Birth Of An Angel (ScissorsScissorsScissors) – chaotic metalcore avec electro multi-saveurs

Attention, tomber avec des ciseaux peut vous blesser, et cet album aussi. Avec son imagerie manga, fallingwithscissors est un trio du Minnesota aimant autant le metalcore version chaos et l’electro dans toute sa variété. Ainsi, ce premier album nous entraine dans une mixture survoltée de violence chaotique dans l’esprit d’un fromjoy ou d’un Soulkeeper, de mélodies emo (“D.I.T.B” où le chant clean titille celui de Daryl Palumbo de Glassjaw) ou d’un goût prononcé pour la saturation et les glitchs. Et quand on parle d’electro, le groupe s’amuse à aller du côté de la drum’n’bass (“blissfull”), la vaporwave (“tripping > wires”) mais aussi carrément dans la gabber (le final explosif d’“(un)equivalent_exchange”). Un peu foutraque mais une grosse révélation que ce jeune groupe en devenir !

Gen And The DegeneratesAnti-Fun Propaganda (Marshall Records) – punk rock/garage

Premier album pour ce jeune groupe de Liverpool, Anti-Fun Propaganda porte bien mal son nom car l’énergie que possède Gen et sa bande de dégénérés vient se diffuser instantanément chez l’auditeur. L’ultra charismatique Genevieve Glynn-Reeves (c’est son petit nom) balance avec gouaille sur l’industrie musicale comme l’addiction aux réseaux sociaux sur fond de hits en puissance alternant titres furieusement rock’n roll et incartades plus sensibles. Sympathique découverte.

GriffonDe Republica (Les Acteurs de l’Ombre Productions) – black metal

Après avoir étudié la question de la Grèce et la Rome Antique sur Ὸ θεὀς ὸ βασιλεὐς, Griffon se tourne vers une nouvelle page d’Histoire avec De Republica. Française d’abord avec l’ouverture “L’Homme du Tarn” centrée sur Jean Jaurès à la Commune de Paris en passant par l’assassinat de Jules César. Le groupe parisien possède une narration très riche, il en est de même pour son black metal, qui possède énormément de variété, tant dans ses mélodies épiques que dans ses arrangements (mention aux orchestrations de “La Semaine Sanglante”). Un album grandiloquent à apprécier (en plusieurs fois, ce sera plus digeste) un peu comme une saga.

Talk ShowEffigy (Missing Pieces Records) – post-punk meets indus

Deux ans après leur découverte avec leur très bon EP Touch The Ground, les britanniques Talk Show viennent confirmer leurs belles promesses avec un premier album qui vient ajouter une bonne dose d’indus à leur post-punk. Un côté Nine Inch Nails (vocalement notamment) qui ferait mumuse avec Idles, magnifié par la production bien imposante de Remi Kabaka Jr. (Gorillaz). En résulte un album nocturne, dansant et hypnotique. Très chouette !

ProfilerA Digital Nowhere (SharpTone Records) – néo metal

« Allo ? C’est le début des années 2000 qui appelle ! » Profiler aurait certainement kiffé naître il y a vingt ans et avoir un titre sur le sampler de Rock Sound à l’époque. Jouant un néo metal qui lorgne parfois sur le metalcore, le groupe de Bristol ne lésine pas sur les scratchs, les phrasés rappés et les refrains fédérateurs. Evoquant en même temps Limp Bizkit, P.O.D., Linkin Park mais aussi les débuts d’Incubus et même Aqme (le refrain de « Delay »), on fait un bond dans le passé pas si désagréable pour peu qu’on ait été amateur du genre à l’époque. Sauf qu’on joue un peu trop au jeu des ressemblances ici, l’intérêt s’estompe malheureusement un peu trop vite, dommage…

CyphreIdolatry (Klonosphere/Season Of Mist) – death metal progressif

Premier album pour Cyphre, jeune groupe normand qui a envie de faire du death metal aussi râpeux que mélodique. Idolatry nous entraîne donc dans trente-sept minutes où groove et intensité ne faiblissent jamais derrière la grosse voix de son vocaliste. Mélange d’influences old school et plus modernes (mais pas trop), d’excellents débuts recommandés aux amateurs d’Entombed et surtout de Bloodbath (période Peter Tägtgren).

SMRTBarcelona At 9 (Dead Seed Productions) – black metal

SMRT est un projet international basé à Barcelone. Monté par le chanteur slovène Bastian Doblekar (qui a sûrement choisi le nom du projet, « smrt » signifiant « mort » en slovène), il a été rejoint par le danois Gjerlufsen Nielsen (Demon Head) puis par trois espagnols: Hrodiriks (Obskkvlt) à la guitare, Carlos Leonardo (Human Carnage) à la basse et Marcelo Aires (batteur d’Axia, passé chez Holocausto Cannibal ou Basement Torture Killings). Au menu de ce second album, on a droit à un black metal torturé, essentiellement rampant dans sa crasse et dégageant une aura particulièrement négative tout en allant parfois du côté d’ambiances évoquant Leviathan (sur le morceau-titre notamment). De quoi prévoir vos prochaines vacances dans la capitale catalane, pas sur la plage mais dans des caves mal famées.

Yellowcard + HammockA Hopeful Sign (Equal Vision/Rude Records) pop punk meets ambient post rock

On termine avec LA curiosité de ce début d’année, la rencontre complètement improbable entre deux groupes n’ayant absolument rien à voir. D’un côté Yellowcard, pop-punk dont la particularité est d’avoir un violon (vous avez peut-être déjà entendu le single “Ocean Avenue” au début des années 2000), de l’autre Hammock, duo spécialiste de l’apaisement via son mix personnel de post-rock et d’ambient. On troque donc ici l’énergie originelle des titres de Yellowcard au profit des nappes envoûtantes si chère au duo de Nashville. Même sans être fan de l’original, on se laisse aller sans problème dans ces (très) douces reprises.

beunz
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