Caliban – The Opposite From Within

9 Commentaires      1 223
Style: metalcoreAnnee de sortie: 2004Label: Roadrunner Records

Combo allemand, Caliban est depuis quelques temps pressenti comme un grand espoir de la scène metalcore.
A ce titre, « The Opposite From Within » le nouvel album risque bien d’être l’album de la consécration pour le groupe.

Pourtant je sens d’ici que ce nouvel album va diviser, au sein des fans eux-mêmes, et je pense que nous ne tarderons pas à voir fleurir l’habituel lot de conneries du style : « ce sont des vendus, ils font du Linkin Park », avec la mauvaise foi que l’on connaît de la part des individus qui balancent ce genre d’inepties.
Pourquoi cette division dans les rangs ? Tout simplement parce que la mélodie, déjà présente sur quelques titres du précédent et déjà très bon opus « Shadow Hearts », occupe ici une place encore plus importante.

Mais si les mélodies sont indéniablement beaucoup plus présentes qu’auparavant, on ne peut objectivement réduire à cela le style de Caliban. Ce dernier se caractérise en effet plus que jamais par une alternance d’un côté de moments de fureur et de grande brutalité, et de l’autre, de passages superbement mélodiques (pour un exemple parmi beaucoup, écoutez l’excellent « Certainty… Corpses Bleed Cold »).

Garants de cette alternance ô combien réussie, les 2 vocalistes (le hurleur Andreas Dörner et le guitariste Denis Schmidt pour les voix claires) font tous deux preuve d’une efficacité et d’une maîtrise simplement époustouflante. Le hurleur éructe littéralement ses vocaux dans un style se rapprochant parfois du black metal, et pousse régulièrement son organe dans des zones proches du point de rupture (« I’ve Sold Myself »). De l’autre côté, le guitariste ponctue la majorité des morceaux de ses interventions absolument magnifiques en voix claire.
Personnellement j’estime que cette alternance de vocaux certes désormais quasiment systématique (qui déclenchera à coup sûr les fameuses foudres des râleurs), aère de façon particulièrement habile les compositions du groupe, qui en deviennent largement plus digestes et moins saoulantes qu’elles pouvaient l’être sur « Shadow Hearts ».

Pour la musique on pense certes parfois à du Killswitch Engage, mais le tout apparaît quand même nettement plus brutal (surtout comparé au dernier KSE, aussi excellent soit-il) et semble davantage emprunter au thrash de l’école suédoise avec des passages faisant la part belle à des rythmiques particulièrement enlevées, comme « I’ve Sold Myself », dont la ligne rythmique (notamment pendant le break) semble évoquer les meilleurs moments de « Slaughter Of The Soul » (At The Gates).

Il est clair que la scène métalcore ne tardera pas à se répéter et que la masse de groupes qui s’engouffrent joyeusement dans la brèche ouverte par des groupes comme Hatebreed ou KSE, risque de conduire le mouvement à une saturation prochaine (ce qui ne manquera pas de nous rappeler comment le néo metal a réussi à se tuer tout seul).
Pourtant Caliban réussit sans problème à éviter les écueils qui pourraient rendre la musique du groupe caricaturale du metalcore de base.

La recette de cette réussite tient simplement au fait que les morceaux composés par le groupe sur cet album sont à la fois très riches avec moult breaks et changements de rythme, et également extrêmement accrocheurs.
Cette alternance de violence (comme sur le brutal « One Of These Days ») et de mélodies superbes permet à Caliban de sortir aisément du lot.

C’est bien simple je ne vois pas ce que je pourrais reprocher à cet album qui est sans conteste pour moi, le meilleur album de metalcore de l’année, devant l’excellent Unearth et le très bon KSE. Caliban fait désormais partie des groupes que j’entends bien suivre de très très près et « The Opposite From Within » laisse augurer du meilleur pour la scène metalcore européenne qui n’a aujourd’hui plus grand-chose à envier à la scène américaine (avec également les excellents suisses Cataract entre autres).

  1. the beloved and the hatred
  2. goodbye
  3. i’ve sold myself
  4. standup
  5. senseless fight
  6. stigmata
  7. certainly… corpses bleed cold
  8. my little secret
  9. one of these days
  10. salvation
  11. diary of an addict
  12. 100 suns
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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9 Commentaires

  1. cava76 says:

    Ahhhh cette scène européenne …

  2. fewz says:

    un bon album, des riffs sévèrement plombés!!…mais des passages mélodiques auxquels j’accroche pas du tout…et pour le coup ça gache pas mal..

  3. krakoukass krakoukass says:

    Ca c’est sûr que si on aime pas les passages mélodiques c’est mort… Moi j’adore…

  4. jonben jonben says:

    ET EYELESS!

  5. master of puppets says:

    Ca donne envie de l’écouter tiens !

    En plus je les vois en 1ere de MH le 22 a Strasbourg!

    J’espere que ca envoit la purée sur scene ????

  6. krakoukass Krakoukass says:

    Au Fury Fest, Caliban avait mis une bonne claque à pas mal de gens…

  7. kollapse says:

    parmi les groupes metalcore , celui-ci est pêut etre celui qui me plait le moins…je dis pas c pas mal , mais est-ce que ça vaut Fear My Thoughts ou Heaven Shall Burn , pour rester ds les européens? je ne crois pas…en tt k moi caliban , ça me soule au bout d’un moment!

  8. Ilhan says:

    Il y a des groupes comme ça qui du jour au lendemain perde leur statut de culte.
    Après 2 excellents albums et un très bon split cd avec Heaven Shall Burn, Caliban avait su s’imposer comme un groupe culte du mouvement edgemetal/metal hxc.
    Shadow Heart était déjà un premier faux pas, avec ses compositions pas toutes réussites et surtout pas très inspirées, sa production brouillonne, et ses chants clair incorporés plus ou moins bien.
    Mais la!!! Quelle deception!!! Du chant clair a presque chaque morceau incorporés n’importe comment aux compos avec des lignes insipides sans parler des compositions sans saveur (le groupe repete ses propres gimmicks). Et pourtant et pourtant, si on enlevait la plus grande partie du chant clair et des passages peu inspirés on aurait quelques morceaux de très bonne facture. Car il y a encore quelques riffs de génie au détour d’un morceau ennuyeux.
    Morceaux d’ailleurs assez formatés, avec sa mosh part, son passage metal, son refrain en chant clair etc….
    Cet album se voulant plus accessible en suivant toute la vague des groupes ala KsE est une énorme deception.
    Ca n’en fait pas un mauvais album, mais juste un album moyen, avec certes une grosses prods et quelques bons passages mais qui manque cruellement de passion et de hargne pour se démarquer.

    Esperons qu’ils ne continueront pas comme ça.

  9. master of puppets says:

    Depuis j’ai écouté VENT et merde, cet album deboite tout et est bien meilleur que celui ci !!!!

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