Zero District – Dark n Roll

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Style: Noise RockAnnee de sortie: 2005Label: Autoproduction

Nous tenons tout d’abord à informer nos aimables lecteurs que le rédacteur de la présente chronique aborde un genre musical tout à fait nouveau pour son oreille virginale…

Voici donc la seconde réalisation des parisiens de Zero District. La formation emmenée par Al1 qui pratiquait sur Nuun-Jahad un hard-core sombre et violent, a évolué vers style plus noisy et surtout plus rock. Le groupe nous délivre ici 7 titres au son très brut et dépouillé. L’ambiance générale n’est pas à la gaudriole et vire plutôt vers la dépression et le chaos.

Avec ses guitares dissonantes et sa batterie en break perpétuel, Zero District nous malmène de la haine au malaise sans prendre de gants. La musique du combo est sans concession et ne se découvre qu’au prix d’un relatif effort d’attention. L’ensemble monolithique s’écoute d’une traite, ne laissant que peu de respirations à l’auditeur. Dark n’ Roll nous propose ses variations autour d’un même thème : la souffrance.

L’introductif « Genèse » amorce les hostilités avec sa lente montée en tension soutenue par un bon travail sur la basse. Commence ensuite le bal des tristesses avec « La Valse de la Faucheuse ». Le morceau pose les bases de ce qui suivra : emplis de mélancolie noire puis de fureur, les musiciens semblent vouloir en découdre. Le chant haché, hurlé, parlé se fait suffoquant comme pour mieux illustrer le propos et rempli parfaitement son rôle. On regrettera cependant son mixage très en arrière et un léger manque de variété dans les intonations. Tout s’apaise soudain, comme si la résignation l’emportait sur la rage, face à la funeste issue, des arpèges inquiétants se développant sur des rythmiques lourdes. « Le Retour d’Eros » et « Papillon Brûle » lui succèdent comme autant de danses macabres emplies de tension et de menace dans une atmosphère électrique et déstructurée mais parfois confuse.

Le titre le plus efficace et qui se démarque dans ce désespoir est bien évidemment « Misanthropia ». La haine s’exprime ici avec vigueur et nous offre une meilleure visibilité des possibilités du groupe qui délivre un titre ronflant et agressif, bastonnant dans les coins avec ses chœurs massifs. « Torpeur » démarre alors dans une introduction diffuse, presque douce. Une belle alternance de tempi lents (où le groupe semble très à l’aise) et de montées en tension.

La fin s’annonce lors d’une « Outro » à l’image d’un pantin désarticulé. Une lullaby étrange enchaînée à un final lourd et oppressant. Un morceau volontairement répétitif, comme une machine déréglée au fonctionnement bloqué. On notera une « ghost track » emplie de hurlements, un long morceau avec très peu de points de repères. S’agirait-il d’une torture que s’inflige le groupe pour se purger de sa noirceur ? L’espoir serait-il finalement au bout du tunnel ? Car tout s’achève par une belle mélodie de la lead qui émerge du chaos ambiant.

Le style adopté par Zero District sur cet opus pourra paraître hermétique par son côté brut de fonderie mais il est indéniable que la formation possède toutes les qualités en son sein pour délivrer une musique intense qui ne nous laisse pas indifférents. La capacité de faire ressortir des passages très accrocheurs ou parfois mélodiques au sein de dissonances est un véritable atout du groupe. Ce dernier devra toutefois veiller par ce biais à se différencier de ses co-disciplinaires et à imposer sa patte dans le genre. Dark n’Roll est un album rude, une belle figure de style exprimant la douleur. Et si parfois le style se fait tortueux, c’est pour mieux nous faire partager son malaise et une expérience sonore véritablement intéressante.

  1. genèse
  2. la valse de la faucheuse
  3. le retour d’eros
  4. papillon brule
  5. misanthropia
  6. torpeur
  7. outro
  8. ghost track

Chroniqueur

alchemist

Chroniqueur inter mi-temps, amateur de chats, de Metal mélodique sous toutes ses formes, de fromages de caractère, de bons bouquins, de radios intelligibles... et de zombies.

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7 Commentaires

  1. Florent says:

    Moyennement convaincu par cet album, pour ma part. Honnête mais sans plus.

  2. damien luce says:

    les future BREACH français rien de moins!!! 20/20

  3. AlCheMist says:

    Et merci à Neurokool pour sa relecture et ses conseils !

  4. Neurotool says:

    T’oublieras pas de passer à table…

  5. krakoukass Krakoukass says:

    « A table » ou « sous la table »?

  6. AlCheMist says:

    Et d’ailleurs on oublie trop souvent que dans Neurotool, il y a noeud…

  7. fewz says:

    LOL

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