Sleepytime Gorilla Museum – In Glorious Times

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Style: rock avant-gardiste barréAnnee de sortie: 2007Label: The End Records

On ne va pas en faire une tartine (quoique…), autant le dire de suite : ce nouvel album de Sleepytime Gorilla Museum est assez monstrueux (dans tous les sens du terme). On s’en rend d’ailleurs compte assez rapidement, dès la première écoute quasiment. Pourtant, loin d’être facile, l’assimilation est à l’inverse longue, très longue même. J’écris ces lignes alors même que la digestion est encore loin d’être effectuée, je préfère prévenir…

Petit rappel : Sleepytime Gorilla Museum, découvert par Trey Spruance (ex Mr Bungle, comme par hasard) est un groupe californien officiant dans un genre complètement barré, évoquant évidemment Mr Bungle. Mais loin d’être un simple ersatz de ce groupe qui a livré son compte d’albums référentiels (voir l’incroyable Disco Volante), SGM propose une musique et un univers bien personnels : sorte de melting pot ahurissant entre du rock progressif, du Franck Zappa, de la pop, de l’opéra et du death metal.

In Glorious Times est le troisième album du groupe (on ne comptera pas la –apparemment- bizarrerie bruitiste Live), successeur du déjà très bon Of Natural History, et le moins que l’on puisse dire, écoute à l’appui, c’est que le groupe semble maintenant au sommet de son art. « Maîtrise » est le qualificatif majeur de ce nouvel opus, car on ne s’empêchera pas de rappeler que ce n’est pas le tout d’être barré et de proposer un univers délirant : encore faut-il le faire avec suffisamment de maîtrise et d’intelligence, pour proposer de véritables titres qui tiennent debout et gardent l’auditeur éveillé.
A ce compte-là SGM s’en tire donc haut la main sur In Glorious Times, même si cela ne fait pas pour autant de cet album un album facile comme je le disais en introduction. C’est même tout le contraire : cet album est si riche, si complexe, qu’il faudra à mon avis pas moins d’une vingtaine d’écoutes pour en apprécier les subtilités. Les amateurs de musique directe et efficace, allergiques aux disques immersifs sont prévenus : inutile de s’attarder sur le cas SGM. Les autres se prépareront à pénétrer un univers fascinant, baroque… différent.

Par rapport aux précédentes réalisations du groupe, In Glorious Times semble un poil moins metal, mettant moins l’accent sur les guitares au profit d’orchestrations très riches. Cela dit, c’est quasiment a capella que démarre l’album sur « The Companions ». La magnifique voix de Nils Frykdahl fait merveille, dans un registre opératique et théâtral, très vite soutenue par des cuivres et (?)triangles, puis par la batterie. Le caractère opératique est encore renforcé par des backing vocaux très emphatiques et outranciers. Entrée en matière non conventionnelle longue de 10 minutes, qui monte crescendo avant de redescendre pour un final rappelant le début du titre, et qui a le mérite de mettre directement dans le bain farfelu du groupe. A noter que certains passages de cuivres font méchamment penser à du Giant Squid sur ce titre.
A côté de ce premier choc déstabilisant, « Helpless Corpses Enactment » fait figure de hit et de véritable single en puissance (c’est d’ailleurs le morceau choisi pour promouvoir l’album) du fait de son côté plus direct. Mais pas moins barré. Une véritable merveille, peut-être le titre le plus bourrin de l’album, avec des vocaux agressifs littéralement habités, proches du death et toujours des instrumentations percutantes à grand renfort de violon, violoncelle, ou autres instruments inventés par le groupe…
Enorme, un bon candidat au titre de « hit de l’année » à mon sens.
« Puppet Show » est quant à lui un véritable opéra horrifique, bien cauchemardesque à souhait avec ses chœurs inquiétants et ses mélodies de clavier…

Bon je pense que vous avez saisi l’idée. Il me reste à insister sur le chant féminin de Carla, plus présent que par le passé et qui a la bonne idée de ne pas s’engouffrer dans la veine soprano suivie par certains groupes proches (dans l’esprit) de SGM comme Unexpect ou Diablo Swing Orchestra. Ca reste en effet personnel, mais le chant soprano féminin m’horripilant assez vite, je me réjouis particulièrement du registre de Carla, moins extravagant mais pas moins intéressant, puisqu’il évoque fréquemment celui de l’elfe islandaise, Björk (voir « Angle Of Repose » par exemple).

SGM livre probablement là son meilleur album, d’une richesse inouïe. Revers de cette richesse : l’abord est assez ardu et l’œuvre ne se livre donc qu’après de multiples écoutes. C’est d’autant plus vrai que l’album est assez long (67 minutes), ce qui peut être d’ailleurs vu comme sa seule réelle faiblesse, tant il est difficile de s’envoyer une musique aussi barrée d’une seule traite sur une telle durée…

  1. companions
  2. helpless corpses enactment
  3. puppet show
  4. formicary
  5. angle of repose
  6. ossuary
  7. salt crown
  8. only dance
  9. greenless wreath
  10. widening eye
  11. putrid refrain
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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4 Commentaires

  1. kollapse says:

    En effet ardu ce disque, ce qui est sur c’est que les quelques écoutes sont très positives, dans le sens je sais que c’est quelque chose de gros, de grand, mais je suis loin d’avoir fait le tour…Mais magistral très certainement, comme son prédécesseur. Le 1er titre est abslument excellent en tout cas. Super chronique au passage :-)

  2. Rico says:

    Et bien, encore une fois un très bon album même avec un titre comme « helpless corpses enactment » qui fait un peu tache pour du Sleepytime. Je prends moins ma claque à l’écoute de celui-ci que des deux précédents vu qu’il ne se détache pas tant que ça du « Of Natural History ». Sinon pour les influences vaut mieux chercher du côté du RIO avec des groupes comme Art Bears et Thinking Plague que du côté de Mr Bungle.

  3. Devin says:

    Trop de mal avec ce groupe.. :-(

  4. Uter says:

    la même chose pour moi, j’ai du mal à comprendre ce qui fait le « succès » de ce groupe

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