Dark Age – Minus Exitus

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Style: thrash/death mélodiqueAnnee de sortie: 2008Label: Underclass Music

La tâche était loin d’être aisée pour ce nouvel album de Dark Age : succéder aux deux bombes que sont The Silent Republic et l’album éponyme relevait en effet du défi insurmontable.
Et pourtant le groupe allemand décidé à faire les choses comme il faut, a pris son temps pour le sortir, car cet album était initialement prévu pour le 27 avril 2007, mais des retards ont été pris pour des raisons aussi diverses que variées et c’est finalement presqu’un an après que ce tant attendu Minus Exitus déboule enfin dans les bacs.

Autant dire qu’avec un tel retard, les fans n’en peuvent plus de trépigner et que la pression qui entoure ce nouvel opus est donc encore plus grande (j’en parle d’autant plus aisément que je suis vraiment un fan de ce groupe).

Premier constat, après l’exécrable visuel du précédent opus, ce nouvel album affiche une très jolie pochette (dessinée par Niklas Sundin guitariste de Dark Tranquillity), et du même coup le groupe semble s’éloigner de son imagerie métal extrême dark/black (finis les pentacles et autres croix à l’envers) qui prédominait sur les premières sorties du groupe (et était encore présente sur les dernières) et rentre un peu dans le rang. Peut-être une volonté de côtoyer et de jouer sur le terrain des grands du death mélodique comme Dark Tranquillity, In Flames ou Soilwork qui ont une image bien plus lisse depuis longtemps. C’est peut-être aussi pour ça que Dark Age fait maintenant des photos promo avec lunettes de soleil, allez savoir… Faudra juste voir à faire gaffe à pas enfler des chaussettes les gars, hein !
Enfin après tout vous me direz, on s’en fout du moment que la qualité de la musique est au rendez-vous.

Et c’est sûr on ne dira pas que Minus Exitus est un mauvais album. Mais là où ses prédécesseurs étaient excellents et très frais (en particulier le fabuleux The Silent Republic qui reste de loin le meilleur album du groupe), ce nouvel album est juste correct, très banal.

Certains morceaux sont bons, comme « The Dying Art of Recreation » ou « Exit Wounds », mais même les meilleurs morceaux de ce nouvel album sont bien loin des hymnes que sont par exemple les « Zero », « Dare to Collapse », « Suicide Crew » ou « Last Words ».
Il n’y a pourtant pas de changement majeur dans le style pratiqué par Dark Age : on reste sur un terrain death mélodique très balisé, mais pour le coup peut-être un peu trop, car là encore le groupe semble rentrer dans le rang des autres groupes du même genre.

En effet, là où le groupe parvenait auparavant à se distinguer de la concurrence par cette énergie remarquable et des compositions impressionnantes et musicalement riches, le voilà qui sort un album sans la moindre étincelle, sans génie, en somme un album qui aurait pu avoir été accouché par n’importe quel groupe de death mélodique de seconde zone. Le groupe se perd même quelque peu en systématisant bêtement les refrains en voix claires (qui étaient déjà courants sur Dark Age) lesquels deviennent rapidement plus bateau les uns que les autres et aseptisent grandement les morceaux. Cette erreur tend à devenir l’erreur la plus commune commise par de nombreux groupes qui semblent croire qu’avec la maturité doivent forcément venir les voix claires systématiques…
Musicalement, le groupe semble avoir malheureusement décidé de sacrifier la qualité sur l’autel de l’efficacité. Même si les parties de guitare sont toujours réussies, elles sont finalement devenues bien quelconques, c’en est quasiment fini des solos qui tuent (oubliez les solos incroyables de « Fix the Focus » ou de « Last Words ») à l’exception du morceau instrumental (habilement intitulé « Instrumental ») qui sonne comme du gentil Arch Enemy. Idem pour les parties de clavier autrefois prépondérantes et riches, aujourd’hui vraiment remisées en arrière-plan et qui font que la dimension dark qui donnait un cachet particulier au groupe est aujourd’hui en train de s’éteindre purement et simplement…
Certes Eike chante pour sa part toujours très bien (il le prouve particulièrement sur la ballade piano/voix –titre caché- qui clôture l’album après un inutile effet reward à la Meshuggah sur Chaosphere), mais ça ne suffit pas à changer la donne car il use et abuse de sa voix claire qui colore niaisement et inutilement les morceaux et accentue encore le côté générique de l’album.

D’une façon générale les 5 premiers titres sont bons (mais pas excellents). Mais les choses deviennent moins reluisantes à partir de « Seven » (paradoxalement sixième titre de la galette)
“Ernest Hemingway once wrote : The world is a fine place, and worth fighting for. I agree with the second part” a beau nous expliquer ce bon Morgan Freeman dans une citation tirée du film… Seven, ce morceau fait malheureusement à nouveau la démonstration d’un usage abusif de voix claires, et je ne parle même pas du titre qui suit « No Way Home » qui s’avère littéralement plombé par des passages niaiseux qui font sans doute de ce titre le plus commun et banal jamais écrit par Dark Age…

Les choses rentrent un peu dans l’ordre par la suite notamment avec le très réussi « Life for Blood », mais il n’y a aucun morceau qui se détachera comme LE morceau de Minus Exitus digne d’entrer dans le best of du groupe. Tout sonne un peu trop calibré, ciblé efficacité maximale, sans recherche particulière.

Rayon featuring on est aussi loin de l’excellente participation de Johan Edlund (Tiamat) sur deux titres du précédent opus. Il y en a 3, 2 signées par d’illustres inconnus (Ron Brunke sur « The Dying Art of Recreation » et Azathot sur « Exit Wounds ») qui sont d’ailleurs indécelables à l’écoute, et la seule qui est tout à fait flagrante est celle de Leif Jensen chanteur de Dew-Scented qui hurle sur le début de « Echoes of Discipline », pour un résultat peu convaincant car dénotant trop avec le registre habituel de Eike.

Bref la crainte qu’on pouvait avoir à propos de ce groupe de le voir tomber dans la redite et dans le générique après un parcours sans faute semble malheureusement se profiler, à mon grand désespoir. Du coup Minus Exitus, sans être un mauvais album, fait plus que jamais craindre une réelle dérive pour la suite.
Espérons que le prochain album redresse le tir et n’affadisse pas encore davantage la personnalité de ce groupe pourtant si attachant… En attendant, la note est à la hauteur de la déception!

  1. minus exitus
  2. black september
  3. outside the inside
  4. the dying art of recreation
  5. exit wounds
  6. seven
  7. hidden track
  8. no way home
  9. cold
  10. instrumental
  11. life for blood
  12. the echoes discipline
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 900 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. dah-neir says:

    100% d’accord, du mc do métal, sans véritable saveur. Ca se mange, ca rempli l’estomac mais on peut pas vraiment dire qu’on a trouvé ca bon. Quel dommage!

  2. Daftwolf says:

    Perso, j’adore : SEVEN!!! et No Way Home.
    Après j’aime beaucoup The Discipline Echoes
    J’aime bien Minus Exitus, Outside the Inside et Life For Blood
    J’aime bien The Dying Art of Recreation parce que je la trouve fun, le reste j’suis pas super fan.
    Je trouve que c’est un bon album même si c’est sûr qu’il est moins bien que les précédents :)

  3. sten says:

    Ca n’est pas un effet reward sur Chaosphere mais la superposition de plusieurs pistes.

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