One Second Riot – One Second Riot

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Style: noise rockAnnee de sortie: 2008Label: Musicfearsatan

Dès le premier split avec Neptune, j’ai aimé la musique de One Second Riot. Pas par allégeance à un groupe de ma ville d’adoption, j’y suis totalement irrévérencieux. Non, simplement parce que j’aime à me perdre dans cet univers en négatif, dans ce noir et blanc glacial qui accompagne parfaitement certaines de mes déambulations nocturnes au cœur des arcanes lyonnaises.

One Second Riot revient donc après un split avec Sofy Major, pour ce premier album éponyme enregistré durant l’hiver 2008 par Jean-Michel Quoisse (ex-Happy Anger), mixé par Nicolas Dick (Kill the Thrill) et masterisé par Franck Rivoire. Ces neuf titres enregistrés au cœur de l’hiver sentent le froid, les brumes hivernales du petit matin enveloppantes.

One Second Riot n’a pas fondamentalement changé la donne. Leur noise rock glaciale emprunte toujours autant à la scène noise des 90’s qu’à la musique cold wave tendance industrielle. Mais ici ils affirment leur style. Leur musique véhicule un peu plus cette rage emprunte de résignation, cette quête d’ailleurs noyée d’emprisonnement au cœur des dédales urbains. Ambiances maladives contre mélodies déchirantes, on est en territoire mouvant. On sent que le duo s’est attelé à la sculpture de sa musique, qu’il s’est accroché à sa musique au-delà des galères et des douleurs. Il lui a donné une nouvelle ossature, a développé un son plus rond, plus froid encore, mais plus précis et puissant, à même de mettre en image les sensations évoquées par la musique tel un sentiment de plénitude au cœur de la dépression. Une certaine tendance à l’emphase, surtout lors de plages ambiantes, renforce cette impression. Les samples et les machines appuient alors le propos de cette basse toujours aussi sauvage et lancinante, de cette batterie accrocheuse et froide. L’organique se love au cœur de cet univers froid et industriel. La chaleur s’étiole. Elle n’est plus. Seule demeure la froideur des maux.

La musique donne libre court à des morceaux percutants comme le très noise Into a stranger. Ou bien, elle cisèle des mélodies d’une mélancolie décharnée au cœur de cette noise (Cut, True to my heart, The sea, Balcony). Et finalement, elle développe des thèmes très Hint-ien avec ces samples de dialogues vénéneux, le morceau Brautigan totalement hypnotique de part son riff de basse et son spoken word halluciné et le final de Clay mud and dust où le saxo de Stef de Enregistré par Steve Albini sonne totalement chaotique et déshumanisé. Même les morceaux Cut , Die elektrish leben machine et Into a stranger déjà présent sur le splits précédents, réenregistrés pour l’occasion, possèdent ce son et se fondent au cœur de cet univers. La voix rageuse, possède ce grain des chanteurs cold wave, grave et mélancolique, à même de porter à son paroxysme cette musique désenchantée.

Finalement, fort d’une homogénéité à même de planter le décors de sa musique, One Second Riot propose des morceaux personnels, multipliant les ambiances, les thèmes et les influences pour développer son univers musical. Au jeu des influences, je parierai sur le Pornography ou le Faith de The Cure, la discographie d’Unsane, Bästard, Hint et finalement le Radiance of Shadows de Nadja. Cette production du duo canadien Nadja me semble en parfaite communion avec ce One Second Riot, que ce soit dans le thème de la pochette (ici réalisé par Marion de Overmars), ces plages véhiculant autant la rage que la langueur monotone d’un certain spleen et finalement ce sentiment de plénitude au cœur de la dépression. Quoiqu’il en soit le groupe prend son temps, crée et prouve ici qu’il a bien des maux à évoquer. On s’en délecte en attendant de les revoir sur scène.

  1. cut
  2. die elektrish leben machine
  3. true to my heart
  4. brautigan
  5. the sea
  6. into a stranger
  7. balcony
  8. south west trains
  9. clay mud and dust
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Commentaire

  1. pearly says:

    tout d’accord avec la jolie chronique.
    pour moi, un must-have, inattendu d’ailleurs, de 2008.
    je voyage loin avec cet album, « the Sea » m’emmenant même bien au-delà du firmament…
    excellent

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