Infestus – Chroniken des Ablebens

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Style: black metalAnnee de sortie: 2008Label: Debemur Morti Productions

Bouh le black metal, c’est mort, c’est plus comme avant, y’a plus l’esprit machin tout ça. « Ah l’esprit, je le hais dans l’amour » faisait dire E. Rostand à Cyrano. Eh bien, à son instar, l’esprit, on l’emmerde dans le black metal. Nous on veut des bons groupes qui font de la bonne musique, pis c’est tout. Et ce genre de groupes y’en a presque à la pelle.
La preuve : je n’avais jamais entendu parler des Allemands d’Infestus alors qu’il s’agit ici de leur 2ème album et que je pense suivre plutôt correctement l’actualité de ce style. Alors on va bien nous ressortir la vieille rengaine : « le groupe n’apporte rien, c’est du black plutôt mélodique aux tempos et ambiances variées mais torturé à la manière de machin ou de bidule (en l’occurrence Ondskapt avec une pointe de Mörk Gryning et Glorior Belli) ».
Ben moi je peux dire qu’il apporte une chose non négligeable : quasiment 50 minutes d’une musique de qualité et c’est peut-être l’essentiel ; pas besoin d’avoir l’émergence de génies tous les lundis matins.
En revanche, il y a une remarque judicieuse que j’accepterais d’entendre : ce Chroniken des ablebens n’est pas l’album de l’année et nombreux sont les concurrents à proposer des sorties méritant notre attention. Car si le black metal devait souffrir d’une chose ça serait d’être une scène où le niveau global de qualité est tellement élevé qu’on ne sait plus trop où donner de la tête. Avant c’était plus simple : y’avait les grosses merdes et les quelques groupes dignes d’intérêt. Désormais, il faut batailler sévère pour faire sa place. Et seuls les bombes peuvent espérer avoir une vie supérieure à la moyenne.
A-t-on affaire à une bombe en l’espèce ? Clairement non. Pourtant, Infestus ne se privent pas pour proposer des titres intenses, techniquement maîtrisés, puissants et variés. Le mid tempo prédomine mais laisse aux blasts le soin de nettoyer le champ de la bataille ténébreuse au sein de laquelle on a l’impression de parfois se trouver (« Manifesto invidiae » ; « Willinglessly Anticipating Death »). La production claire et massive me paraît judicieuse puisqu’elle permet à l’auditeur de s’imprégner de la complexité de la plupart des structures sans pour autant être trop léchée et enlever une partie de la noirceur recherchée. L’excellence de « Enfesselt – Der todestrieb » et d’ »Entering eternal oblivion » n’est bien sûr pas à classer au passif du groupe alors que le plus direct et conclusif « Ready to leave » ne me convainc pas pleinement. Mais la présence de ce dernier ne m’empêchera pas de crier à la face de celui qui hésite à acquérir cet album : « crache ton grisbi, salope ! ».

  1. sterbend
  2. entering eternal oblivion
  3. manifesto invidiae
  4. des untergangs untertan
  5. entfesselt – der todestrieb
  6. willinglessly anticipating death
  7. ready to leave

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. ellestin says:

    en effet, un très chouette album auquel il manque à peine l’ombre d’une étincelle pour être encore plus chouette.

  2. Florent says:

    Tu ne m’avais pas habitué à tant de fautes d’orthographe dans ta prose Darki ;-)
    Sinon ça fait envie de jeter une oreille sur Infestus, j’y vais de ce pas !

  3. darkantisthene says:

    où ça ?! où çaaaaaaa????? :((((((((

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