Orthodox – Baal

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Style: Doom traditionnelAnnee de sortie: 2011Label: Alone Records

Comme les saisons, chez les espagnols d’Orthodox les albums se suivent mais ne se ressemblent pas. Quand ils ne nous jouent pas le grand maelström foutraque de leur doom qui vire au kaléidoscope, les mecs se dissolvent dans les ambiances éthérées de la déconstruction, un bonheur qu’ils partagent avec sympathie depuis des années avec leur auditoire. Avec Baal ils ont affûté leurs cornes, pris de l’élan et passent le tunnel de verre pour un retour grand format en 2011.

Baal est heavy. Du genre à coller du riff qui claque sans crier gare, avec ce petit retour bien velouté qui éponge les suées si ça tourne trop fort. Du fuzz, forcément, Orthodox en deale par kilo de millefeuilles, pas nouveau. Pourtant ça commence plutôt gentiment sur Baal, genre visite à l’aquarium avec « Alto Padre », premier morceau du disque. Le temps de prendre la température et mettre un pied dans le bain. Un morceau instrumental qui fait frissonner les vagues à la surface de la galette dans d’étranges ballets désarticulés à l’arôme de jazz apocalyptique.

Derrière ça les gars te collent un « Taurus » avec un riff en heavy rotation qui a une gueule de totem géant. Gasp, ça a de la consistance, c’est bâti dans le granit d’un Gran Poder, out les délires progressifs expérimentaux d’Amanecer en Puerta Oscura ou Sentencia , Orthodox a sorti les chevaux de sous le capot pour une petite ballade à ciel ouvert.

Raw et bien puant, le disque minimalise son climat, libère une énergie spontanée qui a la tronche d’un live, une dose bien brute histoire de faire les choses plus simplement. Une basse ronde et chaude pour jouer à : « Dessine moi un motif », bref le service minimum.  Marco Serrato Gallardo allonge son chant halluciné et accroche les perles au chapelet jusqu’à un « Abrase la tiera » tellurique qui fissionne le crâne avec ses coulées de goudron et sa rivière déglinguée à coller la fièvre.

Plus frontal, plus heavy, plus crade ; Baal rebutera les amateurs des ambiances plus travaillées qui avaient animer les disques précédents, mais son immédiateté et sa trajectoire laissent transparaître la qualité d’un groupe qui a assez de cylindres pour tirer les caravanes dans les dunes. Soiffard et revanchard, rock’n’roll, Baal c’est le disque de la disco qu’on aimera détester. Un contrepied réalisé sans artifice, on n’en attendait pas moins. Carajo !

 

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Commentaire

  1. kollapse says:

    Avec ‘Baal’, on retrouve un Orthodox plus immédiat, fuzzy qu’à l’accoutumée. Petit contrepied mais pas tant que ça non plus. On reste en terrain connu, bien qu’ici le mot d’ordre semble être plus à l’efficacité résultant de la combinaison basse + guitares + batterie, le tout en mode mammouth sous tranquillisants. Un bon album, qui à défaut d’être aussi illustre que ses prédécesseurs saura se faire sortir à l’occasion pour ce qu’il est : un disque qui sent bon la chaleur moite, le sable chaud, les plaines désertiques (et autres clichés). Un disque rafraichissant en somme, que l’on pourrait voir comme étant l’album rock’n’roll du groupe (ça reste relatif bien sur…).

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