DaCast – Dédale

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Style: prog-noisecore / krautmetalAnnee de sortie: 2012Label: Gheaa music.Producteur: Francis Caste

Je ne chronique généralement pas les promos. Pas que je désapprouve la démarche d’envoyer son album un peu partout pour essayer de faire parler de soi, au contraire; mais quand chroniquer est un hobby, les sources personnelles représentent souvent une manne suffisante, et on voit rapidement les promos comme une sorte de spam qui nous détourne de ce qui nous donne vraiment envie d’écrire.

Grossière erreur. Car cette démarche m’a fait pendant plus de 6 mois passer à côté de cette pépite. Et si une relance amicale ne l’avait pas remis sous mes yeux, j’aurais carrément pu ne jamais la découvrir…

Une bonne décennie d’activité aurait pourtant du amener à mes oreilles, à un moment ou un autre, l’oeuvre de DaCast. Depuis 2002 et jusqu’à cette année, le groupe n’avait certes sorti qu’une démo (The Undertown Experiment -2003) et un EP (Smooth as a Riot – 2006), mais l’arrivée fracassante de Dédale en milieu d’année ne devait, ne pouvait m’échapper. On m’a glissé à l’oreille que la formation partagerait certains de ses membres avec les très bons Cowards, sans que je puisse trouver confirmation officielle. Ce qui est sûr, c’est qu’ils n’ont pas un CV de stagiaire. Insain, Whispering Tears, Good Morning Bleeding City, Arun Tazieff, Hellbats, Hangman’s Chair, Sickbag, autant de groupes aux styles parfois très différents qui prédestinaient DaCast à une ouverture musicale conséquente.

Défi relevé haut la main par les parisiens : Portant bien son nom, Dédale est un véritable labyrinthe de sons, une aventure au pays des musiques très saturées. Fourmillant d’idées et jamais répétitifs, les deux titres (qui n’en forment en fait qu’un – mais il faut bien retourner le vinyle au bout d’un moment-) doivent autant aux divers facettes de la musique violente (sludge, grind, death, hardcore, post-metal) qu’à la prog qui articule leurs mouvements. On ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec Cleric, groupe tout aussi doué avec qui ils partagent cette approche presque krautrock de la composition, où les riffs ravageurs ponctuent des développements instrumentaux subtils et des phases d’improvisation bruitistes qui ne déroutent que le temps de se ramasser le prochain assaut en plein visage. Les quelques touches jazz ne font que confirmer cette noble ascendance, et l’on ne s’ennuie pas une seconde jusqu’au final, monstrueux d’efficacité.

Dédale possède de surcroît la rare qualité de n’être exigeant que si l’on veut qu’il le soit, ce qui le rend réécoutable à l’infini (ce que j’expérimente depuis quelque temps), qu’on soit dans son canapé avec un casque et se concentrant sur chaque note ou au boulot en se laissant entraîner par les fréquentes et ravageuses montées en puissance.

Merci de m’avoir démontré mon erreur : toujours tout écouter et ne pas prendre le risque de louper des artistes de cette qualité. Un sans-faute qui rejoint directement mon top de l’année.

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drommk

Chroniqueur instable depuis 2009, je me passionne pour les fouilles du web, en quête de groupes originaux ou/et méconnus. J'ai un faible pour les mélanges de genres. La formule parfaite est pour moi un équilibre entre originalité, technicité et émotion.

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