Leviathan – Scar Sighted

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Style: Black MetalAnnee de sortie: 2015Label: Profound Lore Records

Elle m’emmerde cette chronique… Loin d’être un spécialiste de la musique de Leviathan,  je peux même clairement dire que je n’adhère qu’assez peu à ce que propose Jef Whitehead (Wrest), leader de ce one-man band qui officie depuis 1998. Si j’ai pu goûter avec un certain plaisir son Massive Conspiracy Against All Life sorti en 2008, je n’ai pas franchement accroché aux précédentes sorties ni aux suivantes. C’est donc un peu du quitte ou double avec Monsieur Wrest et je ne me sens pas très armé pour parler de ses réalisations.

Ce n’est pourtant pas faute d’apprécier son nouvel album pour le coup, car une écoute de Scar Sighted a cette fois suffi à me happer et à me donner envie d’y revenir. Je trouve dans cet album un bel équilibre entre l’ambiance de folie, les voix parfois complètement hallucinées, et un sens de l’accroche qui, en étant quand même bien ténu, n’en reste pas moins bien présent. On en vient assez rapidement à se faire emporter par certains passages de l’album comme sur « Wicked Fields of Calm » et sa belle mélodie…

Cela étant dit il n’y a pas vraiment lieu de mettre des titres plus en avant que d’autres tant l’homogénéité et l’ambiance de l’album sont vraiment ses gros points forts. On est emporté dans le monde de folie de Wrest, et si l’on apprécie le voyage, on se dit qu’il ne doit pas faire bon être dans sa tête, où ils sont apparemment déjà un certain nombre…

Si les dissonnances du premier titre « The Smoke of their Torment » rappellent bien Deathspell Omega, elles ont le grand mérite de ne pas écraser les mélodies qui restent bien présentes et accrochent bien l’oreille. L’album coule de façon très fluide, les titres défilent et on reste vraiment captivé, même si j’avoue être moins réceptif aux moments les plus doom qui arrivent plutôt en fin d’album avec notamment le morceau-titre qui nous plonge dans les noirceurs les plus abyssales pendant plus de 10 minutes, un moment qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler dans l’esprit, les créations de The Ruins of Beverast.

Vous l’aurez compris, je ne m’avancerai pas à situer cet album par rapport aux autres de la discographie d’ailleurs pléthorique de Wrest, mais je peux en tout cas affirmer, et ça vaut donc ce que ça vaut, que ce cru 2015 est pour moi le meilleur que j’ai entendu de lui. A noter que l’album est disponible dans une chouette édition coffret, avec moults illustrations dans l’esprit de la pochette de l’album.

Tracklist :
1 – [untitled]
2 – The Smoke of Their Torment
3 – Dawn Vibration
4 – Gardens of Coprolite
5 – Wicked Fields of Calm
6 – Within Thrall
7 – A Veil Is Lifted
8 – Scar Sighted
9 – All Tongues Toward
10 – Aphōnos

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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2 Commentaires

  1. Ghost says:

    Tiens c’est marrant de lire la mention à The Ruins of Beverast puisque j’ai également fait un petit rapprochement sur certains passages et sur le côté monolithique de l’ensemble. Bien évidemment, ce dernier Leviathan est assez éloigné de TROB dans la forme mais il y a un petit quelque chose de similaire dans cette façon de composer, dans l’approche, dans certains chœurs (« Within Thrall »), dans le côté marécageux (je pense à « Rain upon the impure »). Pour parler plus en détails de « Scar Sighted », je dirais que j’ai pris une énorme claque dès la première écoute et que chaque écoute m’enfonce un peu plus. Grosse homogénéité effectivement mais malgré tout grosse variété dans les breaks, dans les riffs de guitares (leads DSBM, thrash, black traditionnel, dissonances…), dans les vocaux. On a un côté War/Death metal jamais exploité auparavant (« The Smoke of their torment »), on retrouve le côté DSBM habituel (les énormes « A Veil Lifted » et « Wicked fields of Calm » aux lignes de guitares cotonneuses et noires à souhait), le côté ambient presque tribal (« Gardens of Coprolite » et sa séquence « percus » à tomber). Comme tu le soulignes, cet album est un voyage -de nuit- en pleine jungle: c’est humide, inquiétant, rassurant par moments où comment être en tant qu’auditeur, la proie parfaite d’un prédateur informe. C’est pour moi l’album de l’année, un cauchemar vivant, un nectar au goût amer mais terriblement addictif… Une véritable perle de BM, d’ambient, de musique, tout simplement :)

  2. darkantisthene says:

    5 écoutes au compteur et je suis bien obligé d’admettre que je ne partage pas votre avis, camarades. Les 3 premiers titres (j’exclus l’instrumental introductif) sont trop brouillons et dissonants à mon got, Wrest n’excelle jamais dans ce genre. Par contre, lorsqu’il reste dans des cadres plus « classiques » comme « wicked filed », le bonhomme fait toujours montre d’un superbe savoir-faire. A l’instar de ces prédécesseurs, de très beaux moments donc mais sur l’ensemble de l’album Leviathan ne me bouleverse pas.

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