(v.e.g.a.) – Cocaine

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Style: black metalAnnee de sortie: 2002Label: Debemur Morti Productions

Quel merdier. Aussi bien sur le plan de l’enfantement et du processus qui le porte à notre connaissance que sur le plan musical. A croire que le contenu de la galette n’est qu’une retranscription artistique du passé de ce groupe au nom Goldorakien : chaotique, complexe. L’étonnement est sans doute le maître-mot à l’occasion de la découverte de (V.E.G.A.). D’ailleurs comment ne pas penser, à la lecture du patronyme, à un autre acronyme à la notoriété plus établie : O.V.N.I. ? Sincèrement je n’ai pas vraiment envie de délier les fils imbriqués qui ne nous amèneront de toute façon à aucune sortie de labyrinthe. Leur site est là pour les éventuels généalogistes, concentrons-nous sur le produit proposé et retenons simplement qu’il s’agit là de la version CD d’un album datant de 2002.

Que proposent ces obscurs italiens ? Eh bien déjà on évite le black metal à tendance suicidaire (ce qui n’est pas une satisfaction en soi mais est au moins la marque d’une absence de « suivisme » à l’heure actuelle) et les infâmes envolées sympho heavy horrifiques (là par contre c’est une satisfaction en soi car en la matière on a peut-être affaire à l’un des pays membres du trio gagnant). Bon point donc.
Pourtant, l’écoute du premier du premier morceau est loin d’être rassurante et on s’interroge : 4 ans de tergiversations pour ce son digne des pires productions russes (ou suisses – Darkspace : I) et cette composition plutôt confuse ? Et puis le 2ème titre arrive déployant le véritable son : puissant, clair et investissant pleinement l’espace. On est alors rassuré sur la forme. Pour ce qui concerne le fond, c’est le 3è chapitre intitulé Perspectives qui, ingénieusement nommé, nous ouvre celles d’un excellent album de black rageur, à l’exécution rapide et sans failles capable de rappeler aussi bien les moments les plus inspirés des derniers Dark Funeral version crade et non surproduit (ou un Darkspace : II) qu’Emperor et les chemins sinueux et épiques qu’il a pu emprunter par le passé.
Avec Beton#1, on se dit que les références vont être finalement plus difficiles à circonscrire que prévu puisqu’on se retrouve en présence d’un passage connoté indus qui n’aurait pas dépareillé sur le Sin/Pecado de Moonspell, par exemple, avec son atmosphère mécanique et en même temps tristement humaine.
Kill me et Marching off… permettent au sens de la mélodie funèbre de (V.E.G.A.) de prendre toute son ampleur à travers des structures complexes et des harmonies torturées. La musique de films (d’angoisse bien sûr) ne doit pas être la dernière de leurs inspirations lorsque l’on considère ce long Vacuum Era Gelid Atmosphere qui ponctue l’album ; enfin disons ses 5 premières minutes parce que, pour la suite, on part dans des méandres à la croisée d’un Jean-Michel Jarre qui aurait reçu pour mission de composer la BO d’un manga psychédélique et d’une vieille version de Super Mario.

Il y a un je ne sais quoi dans les atmosphères que les membres de (V.E.G.A.) ont pris (grand) soin d’élaborer qui me donne envie d’avancer une idée inutile et que je ne saurais appuyer par des éléments tangibles : ce Cocaine a une couleur, une odeur, une noirceur françaises. Ben ouais. Il y a quelques années cette hypothèse aurait pu être considérée comme une remarque péjorative. En 2006, c’est au moins un compliment.
Dont acte.

Ps : vous avez vu j’ai résisté à l’utilisation facile du jeu de mot faisant la liaison entre le caractère délirant de certains passages, le titre de l’album et la substance chimique à laquelle il fait allusion. Stupéfiant non ?

  1. lilja…
  2. insex infect
  3. perspectives
  4. beton#1
  5. burning in my own dream of life
  6. consumed seclusion
  7. beton#2
  8. kill me
  9. marching off…
  10. vacuum era gelid atmosphere

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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Commentaire

  1. guim says:

    Super petite chronique,et dire qu’au début je n’aimais pas cet album tsss

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