Nyktalgia – Peisithanatos

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Style: black metal dépressifAnnee de sortie: 2008Label: No Colours Records

Aller jusqu’à dire que le premier album de Nyktalgia m’avait envoûté serait prendre quelque liberté avec la vérité mais je dois bien avouer qu’il avait rapidement figuré parmi mes albums de black dépressif préférés. Malgré un artwork un peu « cucul » (parce que lisse et téléphoné), une musique aux forts relents Burzumiens et un chant à la limite du risible (comme toujours dans ce style, répondraient les Cassandre), je nourrissais donc une certaine impatience à l’idée d’écouter enfin cette suite. D’autant que les gus ne sont pas des forcenés du travail à en juger par le temps écoulé depuis l’éponyme. 4 ans pour pondre 4 nouveaux titres, on risque pas d’être flashé sur l’autoroute. À croire d’ailleurs qu’ils vouent un culte au chiffre 4 puisqu’en 2004 on a aussi eu droit à 4 titres. Voilà qui est intéressant…
Mais nous n’allons pourtant pas nous pencher plus avant sur ce phénomène afin de nous concentrer sur la musique. Vous êtes déçu, vous êtes triste. Tant mieux. Car si vous aviez été jovial et désireux de passer un moment d’allégresse entouré de ballons et de confettis, vous auriez perdu une bonne quarantaine de minutes. Car je vous connais, vous seriez prêts à aller jusqu’à la dernière minute de l’album pour vérifier qu’il n’y a pas une once de notes d’espoir dans la musique de Nyktalgia.
Je vous ai brièvement – et habilement – décrit le genre pratiqué par ces grands comiques, pensant que vous n’aviez jamais entendu parler d’eux. Mais vous connaissiez peut-être déjà. Dans ce cas, il faudrait que je vous dise un petit peu si la formule fonctionne toujours aussi bien ou si l’inspiration fait défaut.
Bon déjà le titre de l’album est plutôt rassurant (manière de parler) puisque le Peisithanatos n’était autre que le surnom d’Hégésias de Cyrène, celui qui vient inciter à se donner la mort. Une sorte de VRP embauché par la Grande Faucheuse, quoi. Le groupe ne s’est donc pas subitement intéressé au sort des tringles à rideau en Alaska. Bon point pour eux. Mais encore faut-il que musicalement, ça tienne la route et ses promesses.
Et là franchement, je suis presque comblé. Tout en gardant la même trame, le groupe a su apporter quelques éléments permettant de proposer un véritable deuxième album et pas juste un premier album bis. Parmi ces éléments, le plus marquant est la savante utilisation de lead guitares à la sauce Drudkhienne pour certaines et Forgotten Tombienne pour d’autres. Alors bien sûr, on pourrait bouder son plaisir et se dire « après Burzum, il s’attaque à l’école Ukrainienne et à Herr Morbid, ces types n’ont donc aucune personnalité ». Mais quand le talent et le plaisir qu’il délivre sont là, personnellement je mets de côté ce genre de considération. Les membres participant également à Sterbend, quasi clone de Burzum, on peut imaginer qu’il n’avait pas besoin de continuer sur cette voie avec leur projet initial. Car le groupe semble aussi vouloir s’aventurer sur des contrées presque surprenantes (un « Nekrolog » aux passages plus haineux que mélancoliques) mais qui, après quelques écoutes, s’intègrent parfaitement à l’ensemble.
La volonté de ne pas paraître monotone (ce qui pouvait à la rigueur être reproché à leur première sortie) semble donc de mise ; comme celle de sonner plus professionnel dans la mesure où les approximations sont moins monnaie courante.
Nyktalgia ne me paraît pas mal à l’aise avec ses différentes facettes, je ne vais donc pas bouder mon plaisir ; et vous auriez bien tort de ne pas faire comme moi car, pour tout vous dire, avec Peisithanatos les allemands confirment qu’il faut compter sur eux en 2008 pour voler bien au-dessus de la horde de plus en plus massive de groupe en dépression.
Mon petit coup de coeur (chuis un sentimental).

  1. nyktalgia
  2. nekrolog
  3. peisithanatos
  4. pavor nocturnus

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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3 Commentaires

  1. krakoukass Krakoukass says:

    Pas mal en effet, merci pour la découverte Darky…

  2. ZSK says:

    excellent album, surtout pour « Nekrolog » et son ambiance hypnotique de malade. seulement cet album a un gros gros défaut : la voix, qui est vraiment insupportable par moments, et je n’arrive pas à rentrer pleinement dans l’album à cause de ça… dommage

  3. Ellestin says:

    Jamais pleinement convaincu par ce groupe… Pas plus que par Shining ou Forgotten Tomb d’ailleurs, doit y avoir un os avec le style. (quoique j’aime bien Anti, Make a Change… Kill Yourself).. Quelques passages bien fun toutefois.

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