Intronaut – Habitual Levitations

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Style: sludge mélodique et atmosphériqueAnnee de sortie: 2013Label: Century Media

L’approche de Intronaut est paradoxale, venus du metal extrême, ils ont évolué de plus en plus, album après album vers un métal progressif – et appaisé – bien à eux. Formé de musiciens ayant fait parti de groupes de death et grind bien connus et dont le premier EP était un manifeste de rudesse sludge – certes déjà trop complexe pour le style -, on arrive aujourd’hui à un groupe formé des 4 mêmes musiciens mais transformé musicalement. Intronaut semble avoir trouvé une certaine sérénité, plaçant la mélodie au premier plan. Les arpèges sont certes gorgés de saturations, mais ils s’étirent en complaintes douce amères, le fond reste mystérieux et parfois inquiétant, mais plutôt chaud et avantureux.

La basse fretless, bien ronde et ultra présente accompagne un jeu de batterie éloquent, génial, les deux marquent dès la première écoute. Les guitares peuvent s’évader dans des larsens psychés comme dans des riffs bien puissants. Certains n’oublient pas de marteler le sol avec une régularité pachydermique. Ils s’insèrent dans des structures alambiquées, des rythmiques tordues, décousues. L’influence progressive de Tool est de plus en plus prégnante  le parallèle avec Mastodon ou Baroness continue d’être de rigueur. Le chant quant à lui flirte avec la litanie, souvent planant, parfois débordant de rage, il sert la musique en servant souvent plus de fond comme des nappes, les duos guitaristes chantant de longues notes en harmonie.

La musique du groupe évoque de plus en plus une sorte de plénitude, visions méditative de grands espaces, décrivant une évasion dans la force brute et la complexité de la nature. Le nom de l’album n’est pas anodin, la fougue désordonnée des jeunes années a laissé place à un apaisement de trentenaires, qui ont lâché la frustration pour une réflexion contemplative mais toujours animée.

Certainement un album qui demande à être apprivoisé. Personnellement, ayant apprécié le développement de la musique du groupe, cette nouvelle étape me comble, la démarche est loin d’être dénuée d’intérêt, Intronaut a le mérite d’avancer, et de proposer quelque chose d’abouti. Et puis ils ne perdent pas non plus leur goût pour le gros riff qui tache et l’expérimentation, il y a toujours de quoi surprendre dans leurs morceaux. Je comprendrais par compte que cette évolution en ennuie certains, c’est un vrai changement d’état d’esprit qui s’est opéré.

 

Cette vidéo live suffit à elle-même, rare sont les groupes qui jouent aussi bien :

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. Angrom angrom says:

    Je découvre le groupe avec ce disque. Je trouve que c’est très bien fait, le batteur est très bon notamment, mais il leur manque le petit quelque chose qui fait que j’ai le déclic. Entre Tool et Cynic, mais pour moi en dessous de ces derniers

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