Papangu – Holoceno

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Style: Sludge Metal Prog/ZeuhlAnnee de sortie: 2021Label: Autoproduction

La hype sur Rate Your Music n’a pas forcément toujours tort malgré un système de classement parfois assez opaque. Holoceno, le premier album des brésiliens de Papangu s’est en effet incrusté dès sa sortie dans le top 2021 (#18 au moment ou j’écris) du fameux site internet de classement d’albums (et de films). Et à très juste raison, il suffit d’écouter l’album pour s’en convaincre.

Œuvrant dans un registre mêlant sludge et prog/zeuhl (le style « inventé » par Magma qui est une influence revendiquée des brésiliens, aux côtés de King Crimson), Papangu propose en effet une musique rafraîchissante, d’une part du fait du mélange proposé, mais aussi parce que le groupe a pris le parti de chanter dans sa langue, ce qui en fait un élément de dépaysement supplémentaire.

Si « Ave-Bala » démarre sur sa facette la plus rentre-dedans, on perçoit néanmoins très vite les influences prog du groupe, à tel point que ce morceau sent d’ailleurs le King Crimson à plein nez (notamment dans le jeu du batteur). La suite ne démentira pas ces influences, avec notamment un synthé bien space typiquement prog’ qu’on entendra sur les bien punchy « Água Branca » et  « Bacia Das Almas ». Le chant en brésilien donc, est un élément important de la personnalité de Papangu, plutôt clair la majorité du temps, il est un peu éructé sur plusieurs passages de l’album comme sur le démarrage de « Terra Arrasada » avec une registre presque death, et sur « São Francisco » qui est peut-être le morceau qui sonne par instants le plus comme du (old) Mastodon, notamment du fait des passages les plus bourrins qui le parsèment (comme à 2min02). On y retrouve pourtant également un break très prog’ et King Crimsonien. Le mélange d’influences de même que cette énergie communicative, rendent la musique de Papangu assez irrésistible, et malgré une technique parfois impressionnante (notamment ce batteur déchaîné) très efficace, le groupe ayant le bon goût de ne pas faire traîner, en tout cas ces 4 premiers morceaux qui oscillent entre 3min11 et 5min36.

En effet les 3 derniers morceaux sont les plus prog et proposent les développements les plus longs et sinueux, avec 2 pistes approchant toutes deux les 8 minutes, l’inquiétant « Terra Arrasada » d’abord, atmosphérique et puissant avec ses chœurs sombres, le plus agressif « Lobisomem » ponctué de lourdeurs, de vocaux tribaux mais aussi de plusieurs interventions remarquables d’un saxophone qu’on retrouve d’ailleurs également sur le titre conclusif (« Holoceno ») de plus de 10 minutes qui voit le groupe prolonger son jam tribal déluré après une première moitié de titre instrumentale, très « spatiale » et atmosphérique, qui se termine sur quelques sonorités de guitare qu’on croirait sorties d’un album de Killing Joke.

44 minutes qui passent en un éclair, et propulsent Papangu dans les groupes prog’ à suivre de très très près pour la suite et Holoceno dans le top des meilleurs albums de l’année.

A noter pour les amateurs que le groupe proposera bientôt des versions physiques (vinyle et cd si mes renseignements sont exacts) de cet album.

Tracklist :
1) Ave-Bala
2) Água Branca
3) São Francisco
4) Bacia Das Almas
5) Terra Arrasada
6) Lobisomem
7) Holoceno

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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