Guilty Pleasures 2014

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Style: PopAnnee de sortie: 2014

Amateurs de gros son burné, de saturations et de décibels, fuyez! Ici on ne va parler que de pop sucrée, de beats et de grosse production flatteuse. L’année 2014 touche à sa fin et le bilan dans le genre est à mon sens très positif, avec encore une fois une très nette domination des filles qui sont largement majoritaires en qualité sur ce créneau.

On commence par la déception de l’année, incarnée par le pourtant très attendu Ultraviolence de Lana del Rey. Lana chante toujours aussi bien, pas de problème de ce côté-là, malheureusement les chansons rentrent dans le rang, s’uniformisent et le manque de variété, l’homogénéité fatigante de l’album le rend monotone et assez indigeste. Peu de titres sortent du lot, et on regrette amèrement les tubes de Born to Die (surtout en Paradise Edition) qui sont très loin d’être égalés. « Shades of Cool » est sympathique mais rien à faire l’album verse trop dans le neurasthénique à mon goût et c’en est apparemment terminé des influences r’n’b et des productions idoines, qui étaient certainement ce que je préférais chez Lana Duck. Nul doute que certains y trouveront quand même leur compte, je passe mon tour pour ma part.

Au rayon des grosses sorties de pop sucrée, difficile de ne pas évoquer non plus Lilly Allen, qui a sorti Sheezus en début d’année. Clairement positionnée comme la réponse anglaise à Katy Perry, la miss convaincra sans mal les amateurs de cette dernière. Pour ma part (comme concernant Katy Perry d’ailleurs) j’y trouve autant à garder qu’à laisser (voire même plus à laisser malheureusement sur les 12 titres de l’album). Mais la miss a un côté impertinent « so british » et un goût pour l’auto-dérision qui la rendent particulièrement attachante. Malheureusement elle donne tout sur les premiers titres, « L8 Cmmr », « Our Time » et surtout l’irrésistible « Air Balloon », et l’album ne tient absolument pas la durée.

Toujours dans les superproductions et retour aux US, la petite protégée de l’Amérique initialement country girl reconvertie dans la pop sucrée, Taylor Swift a sorti il y a quelques jours son nouvel album 1989. Paroles niaises (complètement), gros beats bien flatteurs, retour assumé vers les années 1980 en toile de fond (synthés old school au programme). Tout cela peut à juste titre faire un peu peur mais pourtant ça fonctionne très bien. L’album est très dynamique, ça envoie, Taylor chante très bien, on ne s’ennuie pas et l’album réussit à rester accrocheur gardant sa consistance sur la durée ce qui n’est pas une mince performance dans un genre qui aligne d’habitude 3-4 singles avant de montrer sa vacuité sur le reste. Et « Shake it Off » est un putain de tube sur le clip duquel Swift montre qu’elle a aussi le sens de l’auto-dérision.

Aventurons-nous maintenant chez les outsiders voir les illustres inconnus, pour dénicher les vraies pépites de l’année dans le genre.

Commençons avec le seul homme de cette sélection, le protégé d’un certain Woodkid, Thomas Azier qui a sorti son premier album Hylas. Au menu : pop sombre, voix superbe, renfort astucieux d’électro (voire de techno sur « Sirens of the Citylight ») et de sonorités new age typées années 80, et quelques tubes bien sentis :  « Hylas », « Ghost City », « How to Disappear », « Yearn Yearn » ou « Rukeli’s Last Dance ». Le jeune homme sait également faire dans la sobriété, quelques titres comme « Verwandlung » ou « Angelene » reposant quasi exclusivement sur sa voix puissante. Quelques titres un peu moins emballants ternissent un peu le tableau mais globalement Hylas est une réussite faisant d’Azier un artiste à suivre.

Petite découverte récente, Zella Day nous a sorti un petit EP tout à fait sympathique, même si 4 titres, ça reste un peu court pour se faire un avis bien étoffé, car on l’a bien vu le problème de la pop est souvent d’arriver à conserver une certaine consistance sur 10 ou 12 titres. Reste que dans un registre rappelant justement un peu le premier album de Lana del Rey, l’américaine qui s’est d’abord fait connaître en reprenant le célèbre « Seven Nation Army » s’en tire plutôt bien même si l’originalité est absolument absente de ces 4 titres.

On arrive à mes deux chouchous de l’année. Commençons avec Broods, duo néo-zélandais (frère et sœur) avec Georgia Nott au chant. La voix lascive de la miss est un ravissement, autant que les beats et les sonorités 80’s associées et le duo n’a pas son pareil pour pondre des tubes irrésistibles dans une tonalité plutôt sombre (plus proche de Lorde et Chvrches que de Swift, Perry et Allen). La Nouvelle-Zélande est décidément très loin, puisqu’on n’entend quasiment pas parler de Broods alors qu’ils sont à mon avis l’un des meilleurs représentants de l’année dans le genre.

Mais la « révélation » de l’année pour moi c’est incontestablement Tove Lo, une jeune suédoise (de son vrai nom Tove Ebba Elsa Nilsson) de 27 ans qui a sorti son premier EP en 2013 (Truth Serum, qui contient déjà de vraies pépites) et son premier album (Queen of the Clouds) dans la foulée cette année. Clairement proche d’une Lorde (qui est mon coup de cœur de l’année dernière, on ne dira pas que je ne fais pas preuve de constance) Tove Lo balance tube sur tube, dans une tonalité un poil sombre malgré des paroles pas toujours finaudes (mais on s’en branle, c’est de la pop hein). Parfait exemple de constance et de consistance l’album est PARFAIT du premier au 13ème titre, varié, dynamique, jamais chiant, avant de malheureusement se perdre quelque peu dans 2-3 titres plus anecdotiques astucieusement placés en fin de disque. Mais on lui pardonne aisément car ce qu’elle envoie avant est clairement le haut du panier de la pop en 2014. Et si t’aimes pas Tove Lo c’est tout simplement que t’aimes pas la pop.

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. joss says:

    Quoi ? rien sur Metronomy et The Do ???!!!

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