Nile – Annihilation of the Wicked

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Style: death metal égyptologueAnnee de sortie: 2005Label: Relapse

Est-il besoin de présenter Nile ? Même les metalleux qui ne sont pas amateur de ce doux genre qu’est le death metal connaissent la formation américaine. Nile, pour les années 2000, c’est un peu comme Morbid Angel pour les 90’s. Actuellement, Nile est LE groupe de death metal, la locomotive du genre. Rien d’étonnant à ce qu’une certaine presse anglaise qualifie Nile de « sauveur du death metal » ou de « Iron Maiden du death metal ». Tout cela, c’est la faute à un disque : In Their Darkened Shrines. Bien sûr avant cela il y avait eu Black Seeds of Vengeance et Amongst the Catacombs of Nephren-Ka, pas du pipi de chat quand même. Mais voilà, In Their Darkened Shrines c’est un peu le Saint Graal du death metal, la pièce maîtresse d’une discographie qui était déjà très costaud. Etait-ce possible que Nile fasse mieux que ce chef-d’œuvre pharaonique ?

Je vais tuer tout suspense : Annihilation of the Wicked n’est pas au niveau de l’album précédent. Mais voilà, reste que ce nouvel opus des dignes fils de Champollion surpasse largement 98% de la production death metallique actuelle (et encore je suis gentil sur le pourcentage). Nile n’est plus aussi surprenant que precèdement, le choc ITDS est un peu passé. Certes, AOTW fera tout de même son effet à celui qui découvrira la bête avec cet album. Mais voilà, le fan ne retrouvera pas le frisson de découvrir (ou plutôt redécouvrir) ce death metal brutal, technique et toujours mélodique aux atours orientaux nous faisant voyager à travers les souterrains des grandes pyramides, avec cette dimension mystique nous faisant côtoyer les anciens dieux d’Egypte.

En fait, le fan de Nile qui écoute AOTW, c’est un peu comme une momie qui retrouve son bon vieux sarcophage bien douillet. On y revient toujours avec plaisir. Attention, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit, si on ne peut parler de surprise pour cet album, on ne peut pas non plus parler de redondance. Les fils d’Anubis ont sut mettre de l’eau dans leur vin. AOTW est moins brutal, moins abrupt que ne l’était leur album précédent. Nile se veut plus posé, plus mélodique, plus épique peut-être. Bref, ça blaste moins qu’avant et ça réfléchit un peu plus avant de bourriner. D’une certaine façon, cet album se veut plus facile pour l’auditeur qui n’est pas habitué à toute cette sauvagerie death metallique mais qui se sent attiré vers la singularité de la musique de Nile en matière de metal de la mort qui tue. Dans ce sens, des morceaux comme les épiques « Von Unaussprechlichen Kulten» et « User-Maat-Re » amènent une certaine lourdeur pachydermique – doomisante je dirais si j’osais – qui montre que Nile peut être un groupe subtil. Le puriste en la matière ne sera pas lésé pour autant, Nile reste toujours un groupe costaud, comme le prouve le terrible « Cast Down The Heretic » avec son solo de gratte qui a de quoi mettre sur le cul toute une dynastie de pharaon.

Par contre, AOTW va moins loin que ITDS dans son approche orientale. Elle est toujours là et bien là, elle se fait juste moins tapageuse et voyante, moins b.o. pour blockbuster. Il n’y a qu’à écouter l’intro « Dusk Falls Upon the Temple of the Serpent on the Mount of Sunrise », le début de « User-Maat-Ree » ou la grandiloquence de « Von Unaussprechlichen Kulten » (à rapprocher de « Unas Slayer Of Gods » ou de la quatrologie « In Their Darkened Shrines »).

Et le petit George Kollias, directement importé de Grèce (de chez Nightfall plus précisément), il vaut quoi ? Faut voir que l’homme a la dure tâche de remplacer un Tony Laureano carrément béatifié par la secte des frappeurs de peau. Et bien le ptit George il déchire tout sur AOTW, mention très bien niveau frappe puissante, rapide et technique. Alors évidemment, on trouvera encore quelques grincheux pour pester que le nouveau il ferait bien d’aller se faire voir chez les Grecs, que Saint Tony était meilleur, que le Tony il était plus sexy et que le George eh bien il pue de la gueule et il sent sous les bras. N’écoutez pas ces mauvaises langues. Certes, AOTW blaste moins que l’album précédent, mais c’est pas la faute à Kollias qui fait un boulot extraordinaire.

Bref, Nile assoit sa position de leader du death metal. Même si la bande à Karl Sanders n’a pas renouvelé la surprise que fut l’album précédent, elle a quand même sorti un album d’un très haut niveau qui écrase largement une grande partie de la concurrence dans le genre.

  1. dusk falls upon the temple of the serpent
  2. cast down the heretic
  3. sacrifice unto sebek
  4. user-maat-re
  5. the burning pits of the duat
  6. chapter of obeisance before giving breath to the inert one
  7. lashed to the slave stick
  8. spawn of uamenti
  9. annihilation of the wicked
  10. von unaussprechlichen kulten
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10 Commentaires

  1. Keyser Söse says:

    Album monumental! Le titre éponyme est un des tous meilleurs morceaux de brutal death qui soit! Les voix sont toujours aussi impressionnantes, tout comme la technicité des musiciens. Nile est décidément le meilleur groupe actuel de death, comme tu le dis! On pourrait aussi rajouter que l’artwork est une nouvelle fois magnifique. Le groupe passe le 11/09 à la Loco pour le Harvest Festival, un rdv que je ne manquerai pour rien au monde car il y aura aussi Hate Eternal dont le nouvel album sera en compet’ avec celui-là pour le titre de meilleur album de brutal-death de 2005.

  2. Florent says:

    Comment dire… Il y a surtout eu « Black seeds », confirmé par « In their… »…
    Cet album m’a rapidement gonflé à vrai dire, bien que les titres soient mieux agencés. en tous cas ils n’ont pas perdu au change avec le nouveau batteur, Laureano me cassait les couilles avec ses roulement incessants qui cassaient toute la puissance de riffs. Là au moins ça claque.
    un ptit 13/20 pour moi

  3. Neurotool says:

    Album difficile d’accès (comme toujours avec ce groupe et ce style me direz vous…) mais tout de même. J’ai un mal fou à rentrer dedans. Cà tabasse c’est sûr mais bon il manque une vibe…bref une certaine lassitude pour moi
    13/20 aussi

  4. Monster says:

    Le Hate Eternal faudra que j’y jette une oreille, ça m’a l’air d’être de la bonne came. J’avais écouté un peu « Kings Of All Kings » et c’était du tout bon !

  5. Neurotool says:

    J’ai tenté l’expérience de m’enquiller le Nile puis le Hate Eternal à la suite…histoire de voir le choc des titans…
    Malgré une production un peu plate, la Hate Eternal m’a plus accroché en effet.
    Mais bon je ne retente pas l’expérience d’aussi tôt…

  6. Keyser Söse says:

    @neurotool: une prod un peu plate, what da fuck?! C’est l’album le mieux produit de leur disco, putain cette batterie (bon désolé on est pas sur la kro de HE)! En tout cas les deux qui ont mis 13/20 je vous trouve durs je voudrais bien savoir combien vous mettriez à d’autres groupes de death car Nile c’est le must en ce moment…

  7. Neurotool says:

    On est toujours plus exigeant avec les meilleurs!;-)

    Bon quoiqu’il en soit j’ai une certaine lassitude quand à ce style…donc mes commentaires sont à prendre avec des pincettes! Mais oui je trouve la prod du HE un peu plate, il manque un p’tit côté plus « clinquant »(enfin tout est relatif…mais une fois encore on est toujours plus exigeant avec les meilleurs!)

  8. damien luce says:

    du bon, costaud et bien trippant. Je préfère toutefois l’album précedent.

  9. Obituary487 says:

    Cast Down The Heretic est probablement mon titre de death préféré !
    Magnifique intro toute en finesse ! Avec des basses, cet album est terrible.. la guitare très puissante qui accompagne le soliste par exemple donne l’impression d’entendre le rugissement d’une créature sans doute liable aux cotés egyptiens et mystiques de cette musique..

  10. Inhuman says:

    Excellent album ! Certes moins extrême que pouvait l’être les précédents (exeption faite du tout premier) mais alors bon sang ces mecs ont encore abattu un boulot formidable ! Que ce soit les riffs bien sentis, brutaux et technique, ces voix hallucinante ou encore l’époustouflante performance de Kollias, qui a mon avis tient la dragée très haute à Laureano. Malgré tout, celui-çi avait un jeu plus empli de feeling et d’originalité, le grec démonte néanmoins grâce à sa vitesse et ses putains de breaks de malades ultra-rapides.
    Dans l’ensemble les compos sont quand même vraiment en dessous de ITDS, mais ça reste très bon en tout point.

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