Orbit Culture – Nija

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Style: Metal ModerneAnnee de sortie: 2020Label: Seek and Strike Records

Vous avez du remarquer qu’en bons fans de metal nous avons toujours cruellement besoin d’être en mesure de mettre des étiquettes et de catégoriser les groupes. Indépendamment de groupes œuvrant depuis plusieurs années dans des genres bâtards, à la frontière de plusieurs styles clairs les rendant difficiles à étiqueter, on trouve aussi un genre qui a toujours été du mal à décrire clairement. Rappelez-vous les anciens, Pantera ou Machine Head étaient dans les années 90 qualifiés de groupes de « power metal » ce qui évidemment causait une confusion avec les groupes de power/heavy à chanteur castré. Aujourd’hui certains utilisent le terme de « Groove Metal » pour parler de Gojira ou Lamb of God par exemple ce qui ne paraît pas plus pertinent d’autant que parler de groove me semble toujours à la fois non pertinent par essence et fondamentalement assez ridicule. Il me semble depuis un moment qu’on ferait mieux de simplement parler de metal moderne pour décrire ces groupes qui mêlent gros riffs et mélodies et semblent bien s’éloigner des groupes de heavy/hard à Papa… Enfin à Papy même. Même si cette notion de modernité reste imparfaite, puisque fatalement destinée dans la durée à ne plus avoir de sens…

Une longue et fastidieuse introduction en somme, pour parler de ce nouvel album des suédois d’Orbit Culture, Nija dont j’aurais tendance à parler vous l’aurez compris, comme d’un album de metal moderne. Orbit Culture sont suédois, formés en 2013 et semblent rester encore assez confidentiels, même si Nija est leur 4ème album. Et on sent que ces suédois manifestement influencés par le cinéma, la culture japonaise (les visuels, les percussions introductives de « Nensha »), mais aussi amoureux de Metallica (une influence revendiquée mais assez peu audible à part sur quelques accents hetfieldiens dans le chant de Niklas) et Gojira, ont beaucoup travaillé pour proposer un album très abouti.

Il serait en effet dommage de ne pas parler de ce groupe avec un album de cette trempe, qui fait à mon sens entrer les suédois dans la même cour que les regrettés Minushuman.

Au menu, des riffs puissants et rapides (qui évoquent Lamb of God sur « Mirrorslave), une batterie mitraillette qui peut rappeler Fear Factory (« Open Eye ») et un chanteur très compétent qui alterne le registre death surpuissant (« Open Eye » s’il vous faut un exemple parmi d’autres) et un chant plus clair à la croisée des registres de Tim Williams (Bloodsimple, particulièrement audible sur « Rebirth »), Nick Holmes (Paradise Lost), jusqu’à faire penser ponctuellement au chanteur de Darkane (« Nensha »). Et surtout des compos efficaces, mêlant puissance et mélodie, une variation de tempos bienvenue (« Behold » nous fait ainsi penser qu’on a affaire à une ballade avant un final explosif, ou « Mirrorslave » qui commence avec des riffs écrasants à la « Sad but True ») et un côté cinématographique qui s’accentue petit à petit, à mesure que l’album avance, d’abord avec le début grandiloquent de l’excellent « Open Eye » (quelle puissance!), puis plus loin sur « Rebirth » qui fait la part belle aux synthés et dont le final s’envole littéralement, et enfin sur le final de « The Shadowing » avec ses violons et cuivres qui apportent cette grandeur cinématographique qui va très bien avec la musique d’Orbit Culture.

45 minutes, le format parfait pour un album dans ce style, récréatif, efficace, sans prise de tête, qui ne réinvente évidemment rien, mais s’avère un excellent album de metal moderne qui devrait à n’en pas douter ravir les amateurs du genre… peu importe comment on le qualifie d’ailleurs. Un vrai coup de cœur en ce qui me concerne et un album qui comptera cette année.

Tracklist:
01. At the Front (03:08)
02. North Star of Nija (05:14)
03. Day of the Cloud (04:58)
04. Behold (05:14)
05. Open Eye (04:36)
06. Mirrorslave (04:59)
07. Nensha (05:49)
08. Rebirth (05:48)
09. The Shadowing (04:26)
10. Set Us Free (01:15)
11. Wargblod [Bonus Track] (05:18)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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