[Live-report] Knocked Loose/Deafheaven/Headbussa

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Style: hardcore metal + post black metalAnnee de sortie: 2024

Concert du 19 février 2024 à Prague (République tchèque)

Oh la grosse tournée que voilà ! Annoncée depuis quelques mois, la nouvelle tournée européenne de Knocked Loose a enfin daigné passer dans mon secteur, l’occasion d’enfin voir en tête d’affiche le quintet du Kentucky, devenu énorme au fil des années. Et surprise ! Le groupe s’accompagne pour l’occasion de deux formations qu’on attendait pas forcément dans le coin: Deafheaven et leur post-black metal (présence audacieuse ma foi, étant donné le grand écart stylistique entre les deux groupes) et les parisiens d’Headbussa.

Pour son unique date tchèque, la tournée s’est arrêtée dans le Lucerna Music Bar, institution de la capitale à la disposition pas forcément idéale: la scène étant un demi-cercle donnant sur une salle plus en largeur qu’en longueur avec malheureusement beaucoup trop de piliers pour avoir une bonne visibilité. J’ai donc opté pour le balcon où j’ai par chance, trouvé à mon arrivée des sièges libres (on se fait vieux !), histoire de pouvoir apprécier le spectacle sans les sempiternels géants devant le nez ou encore les énervés qui veulent la bagarre (il y en aura pas mal…).

Headbussa investit donc la scène alors que la salle n’est pas encore totalement garnie, cependant les parisiens auront là de quoi faire bouger les mosheurs, se faisant là un bon échauffement en attendant les têtes d’affiche du soir. Ayant reconnu notamment le batteur de Worst Doubt, le groupe jouera il me semble la quasi totalité de ses deux EP (Necessary Violence – 2021 et Vengeful Mind – 2023), soit un hardcore négatif allant généreusement du côté du beatdown et même du death metal (le bassiste intervenant avec de lourds growls de temps en temps). Carré et ultra brutal, une première partie assurée avec aplomb devant une salle bien réactive en violent dancing. Très convaincant !

Nom un peu incongru sur une telle affiche, Deafheaven faisait presque figure de vilain petit canard au milieu de tous ces karatékas ! Le quintet de San Francisco possède un statut très affirmé et n’a donc pas rougi en attaquant son set tambour battant, George Clarke étant tout de suite très mobile, arpentant la scène de long en large, haranguant la foule en se contorsionnant sans cesse durant tout le set. Derrière leur exubérant frontman, le reste du groupe apparaît très statique, bien en retrait et presque timide. Cela ne l’empêchera pas de livrer une prestation qui aura ravi les fans de leur post black metal. Deux titres de New Bermuda, deux autres de Sunbather (dont un « Dream House » pour un final en apothéose) et, petite curiosité: « Black Brick », considéré comme une face-B de Ordinary Corrupt Human Love. Le public sera certes un peu moins mobile que pendant Headbussa (quoique ça pogotera gentiment sur la fin) mais répondra au quart de tour aux sollicitations du vocaliste. Pour ma part, malgré une performance de qualité, la longueur des morceaux et le côté « j’en fais des caisses » de Clarke m’auront malheureusement un peu lassé.

L’attente avant Knocked Loose parait ensuite interminable, le public se massera rapidement autour de la scène pour être bien placé… et certains regretteront très vite leur choix ! Car Knocked Loose est de ces groupes créant sur son public un effet assez incroyable à voir (surtout de ma place en hauteur), une excitation mêlée à une folie furieuse qui va se matérialiser alors que le groupe entamera à peine les premières mesures de « Deep In The Willow » (l’un deux énormes singles sortis l’an dernier). Le son est énorme et le public tel une fourmilière s’en donnera donc à cœur joie entre les incessants stage divings ainsi que les nombreux circle pits et autres séquences de moshpit (donnant parfois l’impression de voir de réelles bastons tant les gars se montreront brutaux) ne cesseront jamais durant les quinze titres joués ce soir.

Passant en revue sa discographie (pas mal de titres d’A Different Shade Of Blue et quatre du premier album Laugh Tracks dont le toujours redoutable « Deadringer »… mais rien du premier EP !). L’énergie déployée par le quintet du Kentucky ne faiblira jamais, Bryan Garris étant toujours aussi charismatique, tant dans ses vocaux (aussi acérés qu’impressionnants) que dans ses déplacements sur scène (évitant les stage divers, dont de très nombreux viendront s’éclater sur le sol !). Derrière lui, ses comparses feront aussi le spectacle: Isaac Hale, guitariste, qui interviendra régulièrement par sa voix rauque, le bassiste Kevin Otten (plus discret mais qui fera le taf vu le poids du bousin), le batteur Kevin « Pacsun » Kaine défoncera son kit bien comme il faut, enfin le second guitariste Nicko Calderon (arrivé en 2020) montrera qu’il est parfaitement intégré. On retiendra aussi un moment surprenant pour tout le monde: l’ahurissant passage enchainé à trois voix (dont l’inhale de folie de Garris) du nouveau single « Blinding Faith » (premier extrait destructeur du nouvel album à venir en mai prochain, à découvrir ci-dessous si ce n’était pas encore fait).

Suite à la conclusion avec « Everything Is Quiet Now » pour boucler la boucle, le groupe quitte la scène au grand désarroi du public demandant un rappel qui ne viendra malheureusement jamais. Il nous faut quelques minutes pour revenir à la réalité, l’impression de s’être fait brutaliser se transformant en sentiment d’avoir vécu une expérience hors du temps, euphorique malgré la brutalité. On quitte la salle tout lentement, la faute à des files désorganisées de personnes allant et venant vers les différents vestiaires, l’occasion d’apercevoir certains visages tuméfiés et autres bouches éclatées suite à ce concert d’une violence inimaginable. C’est là que je me suis dit que j’étais très bien placé là où j’étais pour assister à l’avènement de ce (désormais) monstre du metal/hardcore. Déjà le concert de 2024 ? Cela se pourrait bien…

Merci à Denise et Eros de Kinda Agency pour l’accred !

beunz
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