Dream Theater – Score

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Style: metal progressifAnnee de sortie: 2006Label: Warner

Afin de marquer d’une pierre blanche le vingtième anniversaire sa formation, Dream Theater a décidé de mettre les petits plats dans les grands et d’offrir à son public et à ses fans un concert de légende, qui donne aujourd’hui lieu à la sortie de Score, un double DVD, mais également un triple CD (rappelons que le groupe a déjà sorti exactement la même chose il y a deux ans : Live At Budokan). Le groupe New-yorkais a cette fois choisi son jardin, la grosse pomme pour enregistrer ce concert. Et c’est ni plus ni moins que le Radio City Music Hall, l’une des salles les plus prestigieuses de la ville qui a été choisie pour l’événement.

Comme à son habitude depuis quelques années, Dream Theater a proposé ce soir là un show en deux parties, avec un entracte d’un quart d’heure au milieu. Et c’est l’intégralité de ce show que nous retrouvons sur Score. Le groupe attaque d’entrée avec deux titres extraits du dernier disque studio, Octavarium : l’énergique « The Root Of All Evil » suivi de la U2-esque ballade « I Walk Beside You ». Après cette mise en bouche qui chauffe le publique new-yorkais, le groupe va revisiter une à une toutes les sorties de son répertoire depuis 20 ans, à commencer par « Another Won », titre extrait de la première démo, en 1986, à l’époque où le groupe s’appelait encore Majesty. Puis place au premier album avec « Afterlife », et ses solos virtuoses. Bien que n’étant pas le chanteur de la formation à l’époque, James LaBrie s’en sort très bien sur ces deux titres, qui rappellent aux fans hardcore de bons souvenirs. Puis l’heure vient de passer en revue le disque le plus plébiscité du groupe : Images And Words, point de « Pull Me Under » (l’unique tube du groupe) mais un « Under A Glass Moon » moins convenu, dont le solo de guitare, l’un des plus beaux de Petrucci à n’en pas douter, ravira les fans. Le choix concernant l’album Awake (« Innocence Faded ») est également très surprenant, cet album n’étant pas souvent honoré sur scène. Et que dire quand Dream Theater reprend, pour rappeler la période 97-98 un inédit de Falling Into Infinity ? « Raise the Knife » est un long titre, très prog et d’une qualité qui fait qu’il aurait sans doute fini sur l’album si le groupe avait eu les coudées franches à l’époque. En point d’orgue de ce premier set, un « The Spirit Carries On » émouvant au possible, où les briquets éclairent de mille feux la salle.

Place ensuite au second set, et là, surprise, un orchestre d’une vingtaine de musiciens va accompagner le groupe. C’est donc évidemment les morceaux les plus orchestraux qui seront joués, à commencer par le titre le plus long du groupe « Six Degrees Of Inner Turbulence », une longue suite de 42 minutes alternant passages heavy en diable et ambiances planantes. L’orchestre souligne le groupe, sans atteindre la furie symphonique de S&M, par exemple, mais permet quand même aux morceaux de retrouver un second souffle. Après le court « Vacant », extrait de Train Of Thought, retour à Octavarium avec une ballade : « The Answer Lies Within » suivie de deux longs titres : « Sacrificed Sons » (qui évoque les attentats du 11 septembre) et le titre éponyme, rallongé pour l’occasion d’une longue improvisation de Jordan Rudess au Lapsteel (sorte de clavier fretless). Pressé par les horaires drastiques de la salle (pour info, le groupe a du payer 30 000 $ d’amende pour 3 minutes de retard sur l’horaire prévu du couvre feu), le groupe reprend à peine son souffle pour offrir un dernier titre à ses fans, le grand classique « Metropolis », issu d’Images and Words.

Que peut-on retenir de la prestation du groupe ce soir là ? Comme souvent, l’interprétation instrumentale est sans faille, John Petrucci, Jordan Rudess, John Myung et Mike Portnoy triturent respectivement leurs guitares, claviers, basses et batteries de fort belle manière, alignant sans le moindre effort rythmiques alambiquées, nappes aériennes et solos virtuoses, lignes de basses puissantes et contretemps progressifs. James LaBrie, auxquels beaucoup de fans reprochent d’être parfois un peu limite en live, s’en sort fort bien (même s’il est probable que certains passages aient été overdubbés). La seule chose que l’on pourrait reprocher au groupe est d’être un peu statique sur scène, mais au vu de la complexité des titres à jouer, c’est fort compréhensible. Quant à l’orchestre , en considérant que Dream Theater n’a pas eu les moyens dont disposait Metallica par exemple pour s’offrir de nombreuses répétitions, sa prestation est tout à fait correcte, et on sent les musiciens concernés par ce qu’ils jouent, un des violoncellistes, visiblement metalhead, s’offrant même un petit « devil horns » à la fin du concert.

Côté technique, on ne peut pas dire que le fan soit floué avec cette sortie, le son (mixé par Michael Brauer) est excellent, le mix est clair et met en avant bien distinctement chacun des musiciens ainsi que l’orchestre. Un point d’honneur au mixage 5.1, qui lui aussi se révèle plein d’inventivité. L’image est correcte, sans atteindre la qualité exceptionnelle du Live At Budokan, leur précédente sortie. Les onze caméras couvrent bien l’ensemble de ce qui se passe sur scène, et le montage est tout à fait digeste. En guise de bonus, on trouvera sur le deuxième DVD un reportage d’une heure sur l’histoire du groupe, très intéressant et trois titres bonus, filmés à différents moments de la carrière du groupe.

Alors que retenir de cette sortie, qui intervient il est vrai seulement deux ans après Live At Budokan ? On pourrait croire que c’est uniquement un produit destiné à faire passer une fois de plus les fans à la caisse. Que nenni, un seul titre en commun avec le précédent live, des titres peu ou jamais joués en live, un orchestre, un groupe au top pour une interprétation techniquement sans faille : Dream Theater a assurément voulu célébrer son anniversaire de la plus belle des manières, et comme toujours offrir le meilleur à ses fans. Ceux-ci, bien évidemment, se rueront sur le DVD et le triple CD. Pour ceux qui ne sont pas fans absolus du groupe, cela peut représenter une bonne occasion d’avoir dans sa collection un concert fort réussi, couvrant toute la carrière du groupe, en forme d’un best of de deux heures et demie. Pour ma part, une réussite et l’un des meilleurs disques live de l’année.

  1. the root of all evil
  2. i walk beside you
  3. another won
  4. afterlife
  5. under a glass moon
  6. innocence faded
  7. raise the knife
  8. the spirit carries on
  9. six degrees of inner turbulence
  10. vacant
  11. the answer lies within
  12. sacrificed sons
  13. octavarium
  14. metropolis
Angrom

Chroniqueur

Angrom

Comme pas mal de gens, c'est par mon paternel que me sont venues bon nombre de mes émotions musicales. Éclectique en diable, mon daron, m'initia à la musique classique et rock essentiellement. Beatles, Rolling Stones et Elton John essentiellement furent parmi les premiers artistes à retenir mon attention. Imaginez ma stupeur quand un ami se présenta un jour chez moi avec des disques d'un groupe anglais, arborant une mascotte qui a l'époque m'avait paru horrible, mais me fascinait. Il s'agissait bien sûr d'Iron Maiden, dont je devins assez vite fan, intégrant ainsi un peu de métal dans mes écoutes, qui, à l'époque, suivaient plutôt la mode du moment. Metallica, Megadeth, Iggy Pop vinrent compléter ma collection d'artistes un peu plus péchus. Arrivé en école d'ingénieurs, un voisin de palier, voyant quelques disques de métal dans ma (encore petite) discothèque, essaya de m'entraîner du "côté obscur". Bien lui en prit, rétrospectivement. À l'époque, en 1998, Angra était au top, et c'est par ce moyen qu'il réussit son coup, me faisant sombrer dans une période heavy-speed, dont je ne garde plus grand chose aujourd'hui (mis à part Edguy et les trois premiers Angra). Une fois le poisson ferré, il passa à la vitesse supérieure en me passant des disques de Dream Theater. Coup de cœur direct pour Images And Words, un peu plus de mal avec Awake, mais la sortie de Scenes From A Memory en 1999 et plusieurs petits détails contribuèrent à faire de ce groupe un de mes groupes favoris, ce qu'il est encore aujourd'hui (une vingtaine de concerts au compteur). Suivant le groupe et tous ces side-projects c'est par Transatlantic que je m'intéressai aux groupes de rock progressif : Spock's Beard, Marillion, The Flower Kings, puis les grands anciens : Yes, Genesis (je considère encore aujourd'hui la période d'or de Genesis comme un des trucs les plus géniaux qu'on ait jamais écrit en musique), Rush (mon groupe n°1), plus récemment King Crimson. Sorti de l'école, je rencontrai sur Rennes la troisième personne à l'origine de mes grands tournants musicaux. Mon troisième maître m'initia aux sonorités plus saturées du death metal et du thrash qui pousse. L'éducation ne se fit pas sans mal, mais j'ai actuellement une discothèque de métal extrême bien fournie, que j'apprécie énormément. .J'en profitai pour découvrir un des groupes français les plus novateurs : SUP. Ou j'en suis aujourd'hui ? Sans doute un mix de tout cela. J'ai succombé également aux sirènes du rock alternatif (Tool, The Mars Volta, Porcupine Tree, Dredg). Je conserve quelques bases heavy que je ne renie pas (Judas Priest, Ozzy Osbourne, Alice Cooper), et j'écoute beaucoup de métal progressif, si tant est qu'il s'éloigne de la technique pour la technique (Pain Of Salvation, par exemple). La trentaine a été également l’occasion de s’intéresser au Jazz, plutôt les classiques « hard bop », mais je ne crache pas sur une petite nouveauté à l’occasion. Je voue également un culte sans limites à Peter Gabriel et à Frank Zappa, hommes à la personnalité fascinante et musiciens expérimentateurs !

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7 Commentaires

  1. scarvounet says:

    je le veux, il n y pas d’ autre mots, je le veuxxxxxxxxxxx.
    tres bonne kro en tout cas, ça ma vraiment mis l’ eau a la bouche.
    a trouver d’ urgence..

  2. wakos says:

    très très bon skeud … cela m’a permis de découvrir ce groupe que je ne connaissais qu’à travers quelques titres … de plus l’édition 3CD est au prix d’un simple, donc pourquoi s’en priver … Très bonne chro !

  3. Monster says:

    « le groupe a du payer 30 000 $ d’amende pour 3 minutes de retard sur l’horaire prévu du couvre feu » : mouarf c’est cher payé la minute.
    Ouaip ben moi les lives symphonique j’ai un peu peur, étant donné le mauvais souvenir de celui de Metallica ou j’ai l’impression d’entendre bien souvent un orchestre qui ne joue pas du tout en adequation avec le public. C’est d’ailleurs la partie sympho de cd DVD qui m’interesse parceque bon les lives classiques de Dream Theater, j’en ai un peu ma claque, surtout que je suis loin d’être fan d’album live…
    Le truc c’est que dans la set-list il y a « Six Degrees of Inner Turbulence » et « Octavarium » et pis moi pas aimer ces morceaux ! Dommage

  4. Monster says:

    Un orchestre qui ne joue pas du tout en adequation avec le groupe, pas avec le public ooouuuppppssss *

  5. Angrom Angrom says:

    Monster Et pourtant c’est véridique comme anecdote. Les salles sont très drastiques sur les horaires aux USA. J’ai déja assisté à des concerts qui se finissaient en eau de boudin à cause du couvre feu. Pour ce coup ci , le groupe a décidé que ca valait le coup de finir metropolis et de payer, mais a supprimé un titre originellement prévu de la setlist

  6. Monster says:

    ça ne m’etonne pas de Dream Theater qui fait toujours des concerts très (un peu trop pour ma part) longs, enfin avec eux on en a pour son argent. Respect !

  7. Obituary487 says:

    Ce live est totalement différent de Budokan; même si les deux ne peuvent pas se regarder/s’écouter nuit et jour. Score est beaucoup plus familier avec son public, on a l’impression de regarder un album photos. Et dans un album photo, quelque soit la qualité de la photo, le bon souvenir ressort toujours. Donc, Score me plait bien et plus que budokan parce que James Labrie chante de mieux en mieux (même si il a toujours quelques difficultés à se tenir correctement sur scène) et parce que le son et l’image sont meilleurs.

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