Mors Principium Est – Liberation = Termination

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Style: melodeathAnnee de sortie: 2007Label: Listenable

Mors Principium Est est un groupe finlandais s’inscrivant grandement dans la lignée de formations comme Soilwork, Dark Tranquillity ou In Flames, mais qui avait jusque-là réussi à se distinguer fort habilement des autres. Une vilaine flemmite aigue (et une découverte tardive de l’objet) m’avait malheureusement empêché de chroniquer dans ces pages leur précédent méfait, le pourtant excellent The Unborn (meilleur album de mélodeath de l’année 2005 largement devant les dernières sorties de Soilwork et Dark Tranquillity) album que j’invite tous les amateurs du genre à découvrir sans attendre.

Bref, l’annonce de la sortie du nouvel album en ce début d’année 2007 avait a priori tout de la bonne nouvelle et devait pouvoir me donner utilement l’occasion de me rattraper.
On ne rappellera jamais assez le danger de « trop attendre » d’un disque car le corollaire en bout de course est bien souvent la déception… Et la première écoute de cet opus a été sacrément décevante pour le coup.
Pas chien, et mettant ça sur le compte d’une attente certainement excessive donc, j’ai remisé l’objet dans un coin quelques jours avant de redonner sa chance à ce disque. Quelques écoutes supplémentaires me permettent maintenant de confirmer que cet album n’est pas le digne successeur de son prédécesseur (sic) et se situe un énorme cran en dessous.
Il manque en effet vraiment quelque chose à ce Liberation = Termination. Quoi ? L’ambition dans l’écriture, la richesse des compositions, qui étaient deux caractéristiques majeures du lumineux The Unborn et qui se trouvent ici sacrifiées sur l’autel de l’efficacité.
Mon petit doigt me dit que le départ en fin d’année passée de Jori Haukio, guitariste et accessoirement anciennement principal compositeur (comme par hasard) dans le groupe, n’y est sans doute pas étranger…
Quoi qu’il en soit les titres de ce nouvel opus sont en grande majorité courts et très directs, seul un des 11 titres présents (dont une intro de 30 secondes) dépassant les 5 minutes. D’ailleurs puisqu’on est dans les chiffres restons-y un instant si vous permettez car il me semble qu’ils parlent d’eux même : l’album dure 38 minutes, et sur les 11 titres qu’il contient, l’un est une intro et 2 autres sont des instrumentaux plutôt plats et inutiles (« Forgotten » et « Lost Beyond Retrieval »). Il reste 8 titres et après avoir dit qu’ils durent en général 3-4 minutes, il est facile de conclure que le résultat est bien maigrelet, malingre même.

Malheureusement bien que ce qui reste de l’album soit gentillet (guère plus j’en ai peur), tout ce qui distinguait Mors Principium Est et le plaçait dans le peloton de tête face à la masse de suiveurs et autres groupes saturant le genre, n’est plus aujourd’hui. MPE s’assagit, rentre dans le rang en quelque sorte. Certes on notera que les finlandais ne poussent pas encore le vice jusqu’à recourir aux voix claires sur les refrains. Et pour cause, elles restent (pour cette fois ?) ici absentes du débat et c’est bien malheureusement la seule barrière qui empêche encore MPE de sombrer dans l’indigence dans laquelle nombre de formations se sont déjà complètement embourbées. Car je n’ai rien contre le fait que MPE souhaite opter pour une démarche plus directe et accrocheuse (à l’instar de celle que pratique Soilwork avec succès, depuis maintenant quelques albums) mais il n’empêche que tout ici manque singulièrement de saveur, de variation et de… qualité, contrairement à ce que proposent les suédois maîtres du genre (exception faite du presque insipide Stabbing The Drama). Les morceaux passant, on a beau gentiment tapoter du pied par instants, au final il ne reste pas grand-chose et l’album, pourtant court, parvient quand même à se payer le luxe d’être à la fois pénible et redondant au bout de 5 titres (je passe sur l’intérêt inexistant de l’instrumental « Forgotten »), la faute notamment à des riffs entendus 50.000 fois auparavant …
Même si certains morceaux sont quand même agréables (« The Oppressed Will Rise », « The Animal Within » par exemple ou l’accélération bien scotchante de « Terminal Liberation » ) et que le côté technoïde qui rapproche par moments le groupe du cyber metal fait occasionnellement son petit effet (« Sinner’s Defeat », ou les précités « The Animal Within » et « Terminal Liberation ») c’est vraiment sur l’ensemble, une amère déception qui remporte la mise lorsque les dernières secondes de l’album s’égrènent.

On ne m’enlèvera pas de l’esprit que cet album est un album bâclé, torché au cul… Un beau gâchis, surtout quand on repense à The Unborn qui avait fait croire à certains (moi le premier) que Mors Principium Est, fort d’une confirmation réussie, aurait pu revendiquer de plein droit le trône de roi du mélodeath à la scandinave.

Raté et bien raté pour le coup ! Merde déconne pas, reviens Jori !

  1. orsus
  2. the oppressed will rise
  3. the animal within
  4. finality
  5. cleansing rain
  6. forgotten
  7. sinner’s defeat
  8. the distance between
  9. it is done
  10. terminal liberation
  11. lost beyond retrieval
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. darkantisthene says:

    the unborn m’avait déjà légèrement gonflé mais alors celui-là c’est le ponpon avec le marin en-dessous qui va avec ! production INSUPPORTABLE !! à fuir

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