Riverside – Rapid Eye Movement

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Style: rock progressifAnnee de sortie: 2007Label: InsideOut Music

« l’attente des fans, bon sang que c’est fou ! Je ne suis vraiment pas fait pour supporter la pression ! » lancait Mariusz Duda (leader de Riverside) à nos confrères de Progressia lors d’une récente interwiew. Effectivement, si pour ses 2 premiers albums, le groupe polonais n’avait pas grand-chose à perdre et tout à gagner, celui-ci doit maintenant faire face à l’attente de tous ceux qui avaient portés aux nues Out of Myself et Second Life Syndrome, deux albums de métal-prog de grande classe, assez sombres et finalement assez éloignés de l’image que l’on peut se faire de ce style musical (en gros, ne cherchez pas le moindre rapport avec Dream Theater ou Symphony X).
Annoncé depuis maintenant presque un an, Rapid Eye Movement vient enfin de sortir et met donc fin au suspense. La bande à Mariusz allaient-ils poursuivre dans la voie qui avait fait leur succès ou alors s’aventurer sur d’autres terres. Et bien c’est la première solution qui a été choisie. Une continuité totalement assumée par le groupe dans la mesure ou ce Rapid Eye Movement (qui est aussi à l’origine du nom du fameux groupe de pop REM) cloture une trilogie entamée avec leurs deux premiers albums. Une continuité matérialisée donc par la musique d’un côté et par le graphisme puisque c’est une fois de plus Travis Smith qui s’est chargé de l’artwork (splendide évidement surtout décliné sur un double digipack). Et puisqu’on est dans le contenant autant commencer par détailler l’objet : Outre l’album sur le premier CD, on en trouve un second, de courte durée (enfin 30 min tout de même) sur lequel figurent, un remix du single sortit cet été (le titre “Panic Room”) ainsi que 4 autres titres dont un nommé “Rapid eye Movement”. Curieux donc de voir un morceau du même nom que l’album sur un CD bonus et qui du coup mérite plus que cette appellation. Non je pense que là, on a quasiment affaire à un double album, d’une durée d’une heure trente au final. Du gros ouvrage donc.

Pas de changement majeur donc, comme je le disais plus haut. Avec R.E.M, les Polonais se chargent d’affirmer leur style, montrer qu’ils le maîtrisent totalement et avec énormément de facilité. En cela on pourrait leur reprocher de vivre sur leurs acquis en exploitant les recettes qui ont déjà largement fait leurs preuves sur les premiers albums. Alors oui si on attendait une évolution, la première réaction sera la déception. On peut lors d’une écoute deviner comment les titres vont évoluer et du coup s’ôter l’effet de surprise de l’époque où Riverside débarquait sans tambour ni trompette. Mais (car il y a un mais) c’est sans compter sur le talent des Polonais. Une fois fait abstraction de Second life syndrôme, une fois oublié Out of myself, ce R.E.M peut enfin vivre sans se laisser comparer à ses illustres grands frères. Le quatuor fait une fois de plus montre de son talent dans le déploiement de longues pièces progressives, tour à tour feutrées ou plus énergiques. La voix de Mariusz est toujours aussi exceptionnelle, aussi à l’aise pour passer d’un registre à l’autre. Tellement maîtrisée qu’elle peut, comme lors de l’intro de “Parasomnia”, se passer d’accompagnement musical. La basse (tenue par Mariusz) est toujours aussi présente, bien mise en avant et responsable en partie du style désormais inimitable de Riverside. Si l’on devait dégager tout de même une différence par rapport aux précédentes réalisations du groupe, c’est l’utilisation plus fréquente et affirmée de sons électroniques. Le titre “Panic Room” en est un bon exemple et avec son rythme électro répétitif explore de nouvelles voies pour dégager des sentiments oppressants. D’autres sons torturés récurrents viennent faire leur apparition sur “Schizophrenic prayer” accentuant encore une fois cette ambiance clostrophobique. Le titre éponyme et instumental présent sur le second CD tourne aussi beaucoup autour de sons synthétiques. On pourrait en revanche leur reprocher un côté un peu daté en particulier sur ce titre et il n’est pas rare par moments de se retrouver plongés dans une bande son de téléfilm d’action des années 80, et ce n’est évidemment pas ce qu’on pourrait appeler un compliment… Pourtant ce titre ambiant de presque 13 min présente une facette intéressante de Riverside. Au rayon curiosités de ce second CD, notons le titre “Back to the river” qui s’autorise un hommage au grand Floyd (et oui encore eux…) en reprenant les 4 notes mythiques de l’intro de “Shine on you crazy Diamond“.

Au final, le Riverside cru 2007 n’offre pas de grosses surprises mais juste un très bon album ce qui n’est déjà pas mal en soit. Ne boudons pas notre plaisir de retrouver en grande forme un groupe avec un son bien à eux, une chose pas si courante que ça aujourd’hui. Dans son entrevue avec Progressia, Mariusz Duda promet de toute façon que cette trilogie bouclée, le groupe va pouvoir s’essayer à quelque chose de différent. Patience donc pour ceux qui voulaient de la nouveauté, le groupe prend clairement son temps et se refuse à brûler les étapes. Nul doute que la suite de leur carrière nous apportera des surprises… et de la qualité.

  1. cd1
  2. beyond the eyelids
  3. rainbow box
  4. panic room
  5. schizophrenic praye
  6. parasomnia
  7. through the other side
  8. embryonic
  9. cybernetic pillow
  10. ultimate trip
  11. cd2
  12. behind the eyelids
  13. lucid dream iv
  14. panic room (remix
  15. back to the river
  16. rapid eye movement
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4 Commentaires

  1. darkantisthene says:

    toujours pas été capable de passer outre la comparaison ; de fait, je classe cet album dans les bémols (déceptions serait un terme trop fort) de l’année

  2. Angrom angrom says:

    Juste un album de plus, pas un chef d’oeuvre. Riverside se l’est jouée un peu en roue libre sur ce coup là. On sentait le potentiel sur les premiers disques, mais là je dois avouer que le manque d’évolution m’empêche de classer ce disque dans les chefs d’oeuvre. REM n’est pas désagréable en soi, mais le jour ou j’aurais envie d’écouter Riverside, probablement que ma main se dirigera vers l’un des deux premiers disques.

  3. darkantisthene says:

    bon ça y est, c’est officiel, je me fais chier le slip en écoutant l’album, ça ne décolle jamais et je perçois d’autant plus la tendance à la monotonie du chant ; c’est désormais le terme « déception » qui prévaut

  4. Joss says:

    Bon ça y est, c’est officiel, cet album est au moins aussi bon que les deux précédents. Là ce soir, au moment ou j’écris, le lui mettrais un « yeah ». Le titre « Rapid eye movement » est dantesque !

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