Russian Circles – Station

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Style: post rock burnéAnnee de sortie: 2008Label: Suicide Squeeze Records

Deux ans après Enter (dont vous pouvez retrouver la chronique dans ces pages), le trio originaire de Chicago est de retour sur nos platines avec Station, sorti en mai dernier.
Pour ce deuxième album studio, la formation a fait appel aux services du producteur Matt Bayles (Botch, Isis, Mastodon, Norma Jean), qui officiait aussi en tant que claviériste dans le groupe Minus The Bear jusqu’en 2005.
A noter aussi la présence de Brian Cook (Botch, These Arms Are Snakes) qui se charge de poser les lignes de basse sur cette nouvelle galette, Colin DeKuiper s’étant fait la malle dans le courant de l’automne dernier.
Tout ça à l’air bien alléchant me direz-vous, mais si on parlait un peu de zique dans tout ça ! Pour faire simple, disons que la formation reprend les choses là où elle les avait laissées sur son précédent opus, tout en optant pour une approche musicale un brin moins nerveuse que sur ce dernier.
Que les fans de la première heure se rassurent, le groupe n’est pas devenu mou du genou pour autant, mais il est indéniable que ces six nouvelles compositions s’orientent vers quelque chose de plus aérien et mélodique. Bien entendu, les attaques saturées sont toujours omniprésentes (Harper Lewis, Station, Youngblood), mais se font nettement plus discrètes et moins virulentes que sur Enter, au détriment de structures plus progressives, mettant intelligiblement en avant le point fort du combo : sa section rythmique. Car s’il y a bien une chose qui n’a pas changé, c’est clairement cette capacité que possède Dave Turncrantz à nous faire tourner la tête lorsqu’il manie ses baguettes. Proposant un jeu à la fois subtil, puissant et inventif, le batteur enchaîne les roulements et autres contretemps avec précision et une facilité déconcertante.
Quant aux lignes de basse de Brian Cook, elles sont en parfaite adéquation avec les diverses ambiances qui se dégagent de ces six titres, et naviguent habilement entre tension et délicatesse.

Durant un peu plus de quarante-trois minutes, le trio vous invite à un voyage au cours duquel les paysages défilent au gré des coups de médiator. Difficile en effet de ne pas céder à cette succession de titres qui se suivent mais ne se ressemblent pas, et qui s’avèrent envoûtants du début à la fin. Grâce à des structures en perpétuelle évolution, le groupe vous mène où il le souhaite, en évitant habillement de tomber dans les plans qui s’éternisent.
Si certaines influences de groupes tels que Pelican, Mono, Explosions In The Sky, ou encore Don Caballero et Ostinato sont encore décelables ça et là, on sent clairement que nos trois lascars souhaitent aller de l’avant et développer leur propre identité musicale.
Bien évidemment, certains risquent de regretter les grosses guitares acérées qui étaient nettement plus présentes sur Enter, mais en ce qui me concerne, je trouve que la démarche du groupe est tout à fait compréhensible. En effet, si je considère que Enter est un bon album, j’ai parfois un peu trop la sensation d’entendre une pâle copie des débuts de Pelican lors de certains passages. Mais bon, comme je me suis plongé dans la discographie du groupe par le biais de ce second album, je ne suis peut-être pas la personne la plus objective pour comparer ces deux disques.

Sans être une révolution dans le vaste monde du post-rock, la musique de Russian Circles arrive à faire mouche et captive l’auditeur du début à la fin. Il n’y a clairement rien à jeter sur cette galette qui se bonifie au fil des écoutes, sans jamais lasser.
Alors si vous êtes amateur des groupes précités, il y a de fortes chances pour que cet album trouve sa place dans votre CDthèque et vous fasse passer un (très) bon moment.

  1. campaign
  2. harper lewis
  3. station
  4. verses
  5. youngblood
  6. xavii
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2 Commentaires

  1. XXuK says:

    Ben malgré de nombreuses écoute, je ne cesse de trouver cet album un peu décevant par rapport au « Enter » qui là, me coupe le souffle…

  2. jonben jonben says:

    Pareil, je préfère Enter qui est je trouve bien plus vivant que ce nouvel album, dont le style post-rock relativement classique et lancinant manque de mélodies marquantes contrairement à son prédécesseur.

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