Gaza – No absolutes in human suffering

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Style: very extremely upset sludge post-hardcore Annee de sortie: 2012Label: Black Market ActivitiesProducteur: Kurt Ballou

Gaza, ou l’art de faire vivre le chaos à travers la musique. Voilà ce que m’évoque ce groupe originaire de Salt Lake City (USA) ! Etat à la réputation plutôt tranquille, puisque que très majoritairement peuplé de mormons. Le quatuor se caractérise néanmoins par une vision musicale totalement apocalyptique, faite de violence, haine, tristesse et destruction. Le tableau ne saurait être plus sombre…

J’ai pour ma part découvert Gaza en 2006 avec I don’t care where I go, when I die. Un album qui m’avait réellement marqué par sa noirceur et sa brutalité. Au milieu des The Tony Danza Tapdance Extravaganza, From a Second Story Window, ou autre The Red Chord, formations du moment aux relents post-hardcore à tendances extrêmes de la famille Blackmarket Activities, le combo s’était alors manifesté à mes yeux comme le plus intense, le plus noir. Gaza n’est ni fondamentalement hardcore, ni clairement doom, ni même férocement grind ; Gaza est un peu l’expression conjuguée de tout çà.

On sent bien vite que le chemin à parcourir pour traverser ce No absolutes in human suffering ne va pas être de tout repos. Le premier titre, « Mostly hair and bones now » nous met de suite dans l’ambiance avec son intro inquiétante suivie d’une première vague de déchainement. Le diable est sorti de sa boite, vous saute au coup et nous vous laissera plus respirer normalement ! Le chant agresse littéralement l’auditeur ; les riffs vous font sombrer dans la crise et la section rythmique vous martèle jusqu’à l’épuisement (merci à la prod de K. Ballou, cette fois aux manettes).

On retrouve rapidement la marque de fabrique du groupe de l’Utah qui est identifiable dès les premières notes. Ce mélange de lourdeur assommante, de furie inapaisable et d’inconsolable désespoir. Les parties extrêmes se retrouvant çà et là mises en exergue par des envolées aériennes instrumentales toute post-rockiennes. Laissant tout juste le temps de verser quelques larmes avant de retourner au combat…

On retiendra dans cette veine les très bons titres que sont « The crown » (peut-être mon préféré), « When they beg », ou encore « The vipers » qui sonne tel un hymne au combat avec son hurlement introductif.

 

La batterie sonne tel un char d’assaut qui serait équipé avec un moteur de F1 ! Le jeu n’est d’ailleurs pas sans me rappeler celui de Converge de temps à autre.

Les guitares tabassent, assomment et vous entrainent inexorablement six pieds sous terre. Le jeu très caractéristique du guitariste, mêlé de tappings répétitifs et riffs dissonants, accentue toujours plus le malaise de l’auditeur.

Mais plus encore que sur leurs précédents albums, je crois que c’est bel et bien les déclamations du vocaliste du groupe qui donne toute sa force à ce nouvel album de GAZA. Le chant semble totalement possédé et déshumanisé, remplie d’une haine sauvage et permanente. La performance vocale est en çà très réussie, malgré l’absence assumée de réelles variations.

 

Certains titres sont un peu moins percutants. Il est vrai qu’il n’est pas chose aisée que de maintenir une cadence aussi infernale pendant plus de 40 minutes. Je pense notamment à « The truth weighs nothing », ou au titre éponyme de l’album, qui pourraient donner un léger sentiment de remplissage. Les aciers qui ferraillent le béton en somme…

 

Bien entendu, on pourrait reprocher à Gaza de réappliquer une formule quelque peu labélisée, de formater ses titres et ses albums sur un modèle plus ou moins attendu. Mais je trouve que cela fonctionne plutôt bien au final. On sait à quoi s’attendre, mais sans jamais être déçu. Gaza, c’est le groupe que l’on écoute quand on vient de perdre son portefeuille, quand on vient d’assister à la défaite de son équipe de sport favorite, etc. Bref, ça permet de se défouler et ça remet les idées en place !

Cet opus résonne tel un doom-like de par son aspect ultra-agressif, bestial et totalement extrême. On préconise à certaines personnes de ne pas passer trop de temps à jouer à des jeux vidéo trop violents, afin de rester stables et calmes. Et bien le même conseil saurait être dispensé à propos des albums de Gaza : « à écoute prolongée, cette musique est susceptible de rendre très agressif son auditeur »… Le combo vous laisse sur le carreau ; le corps meurtri, l’esprit hagard. Pris dans la tourmente, dépassé par la sauvagerie et la haine.

 

No absolutes in human suffering pourrait être résumé à son premier et dernier titre : le furieux « Mostly hair and bones now » en apéritif et le désespéré « Routine and then death » en digestif. Les autres titres pouvant s’apparenter à autant de shots.

Résultat : on est plutôt mal et déstabilisé, mais on sait bien qu’on finira par recommencer ! Bougre de non, que c’est bon de se faire un peu mal parfois !

 

http://www.youtube.com/watch?v=3qeD7OtgQvs

Tracklist :
1. Mostly Hair and Bones Now
2. This We Celebrate
3. The Truth Weighs Nothing
4. Not With All the Hope in the World
5. The Vipers
6. No Absolutes in Human Suffering
7. The Crown
8. When They Beg
9. Winter in Her Blood
10. Skull Trophy
11. Routine and Then Death

Chroniqueur

Bastien

Tombé dans la marmite "métal" avec la découverte de PANTERA. Aujourd’hui toujours à la découverte de nouvelles claques musicales en général, et rock/métal en particulier...

Neitsab a écrit 2 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. xerocitizen says:

    Un de mes disques de l’année 2012. Je trouve le chant loin d’être déhumanisé. Je trouve ce disque au contraire bien « émotionnel » … ce que j’aime dans Gaza en fait, depuis leur deuxième opus, ce mélange d’agressivité/désespoir/romantisme noir/amertume hardcore.

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