Jean Jean – Symmetry

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Style: Fusion Math/Post RockAnnee de sortie: 2013Label: Head Records

Ce n’est pas parce qu’ils ont choisi un patronyme débile, qu’il ne faut pas prendre leur musique au sérieux… Le trio français le prouve avec cet album très réussi et qui vient démontrer une fois de plus s’il le fallait que les français sont loin d’être des manches quand il s’agit de faire du math-rock. Car la base est bien là, dans le math rock, puisque l’on retrouve ces rythmiques frénétiques et autres changements de rythmes propres au genre. Mais loin de nous balancer des trucs imbitables et chiants qui partent dans tous les sens, les parisiens n’oublient jamais les mélodies, en introduisant une bonne dose de post-rock dans leur géométrie.

J’en vois déjà deux qui baillent au fond, à l’évocation de ce genre dans lequel sont venus s’engluer nombre d’adeptes du crescendo / decrescendo sur 10 minutes. Et comme je les comprends tant le post-rock est devenu (à quelques exceptions près) un genre ronflant au possible, saturé des clichés du genre. Sauf que dans le cas précis de cet album, on en est justement loin de ces clichés et on ne garde que l’essence, le concentré même du genre. Ici aucun morceau fleuve, la plupart des morceaux sont expédiés en +/- 4 minutes (à l’exception de « Vacherro » qui dépasse les 5 minutes et qui fait penser assez fort à du Monkey 3) un peu à l’image du dernier album de And So I Watch You From Afar… dont on peut rapprocher le style. Prenez « Love », parfaite illustration avec ce démarrage magnifique et typique du genre, et ce changement de rythme à mi-parcours : fusion parfaite du post et du math avec les mélodies et splendeurs contemplatives du premier, et l’énergie du deuxième.

L’album est à 85% instrumental, puisqu’un seul titre fait appel à du chant : « Laser John » qui voit le touche à tout de talent Greg Hoepffner (Radius System, Kid North,  et plein d’autres) poser sa voix : en mode fragile / émo d’abord sur les passages post-rock, puis en mode gueulé lorsque la musique prend ses accents math. Et ça fonctionne au poil.

Du coup, là où leurs camarades de Marvin sont résolument plus frénétiques, dansants et noisy dans un genre proche, Jean Jean eux ont choisi d’être plus contemplatifs, non sans pourtant faire appel à de gros riffs de guitare lorsque il est de bon ton de le faire (comme sur le conclusif « Wonder Bras », ou le tube génialissime « Les Orgues de Gorah », mon morceau préféré de l’album) trouvant décidément toujours le bon ton pour qu’on ne s’ennuie jamais à l’écoute de ce Symmetry dont le seul défaut est sans nul doute d’être justement trop court (25 minutes)! Pas grave on se le passe en boucle en attendant la suite!

 

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 900 articles sur Eklektik.

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