Sia – 1000 Forms of Fear

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Style: PopAnnee de sortie: 2014Label: Monkey Puzzle, RCAProducteur: Greg Kurstin, Diplo, Jesse Shatkin

Et ouais Sia sur Eklektik. Entre deux déflagrations sonores, je n’ai jamais caché mon goût pour la pop, en tout cas une certaine forme de pop. Ça fait un moment que je connais Sia Furler, chanteuse à la voix fabuleuse, qui a notamment offert un des plus beaux moments télévisuels avec le final de Six Feet Under (la série pas le groupe), lacrymal au possible illustré par le superbe « Breathe Me » de la chanteuse.

Après avoir œuvré (tout en tentant de lancer sa carrière solo) en tant que chanteuse d’un groupe de Trip Hop intimiste (Zero 7), la blonde s’est surtout révélée ces dernières années comme une songwriteuse hors pair, que l’on s’arrache désormais dans les milieux pop / Dance / R’n’B (elle a travaillé notamment avec Rihanna, Lea Michele, Eminem, Britney Spears, et même Céline Dion et on a pu apprécier ou pas ses collaborations vocales avec David Guetta).

Si j’attendais impatiemment la sortie de son nouvel album solo 1000 Forms of Fear ce n’est pas parce que j’ai une passion affichée pour les artistes précités, mais simplement parce que la sortie de cet album a été précédée par celle d’un single, à mes yeux rien de moins que le plus beau titre de l’année 2014 à date : « Chandelier ». Un titre sur lequel Sia raconte ses addictions à l’alcool et à la drogue, mais c’est d’abord pour la qualité du songwriting et de l’interprétation de Sia que cette chanson est marquante. Jugez plutôt via l’excellent clip ci-dessous :

Si cette chanson vous laisse froid, inutile de risquer une écoute de l’album, car même si « Chandelier » n’est pas forcément représentative de la versatilité du style Sia, c’est certainement la meilleure chanson de son album, mais ça on pouvait s’y attendre. S’y attendre et redouter de se retrouver avec 11 titres insignifiants, à peine bons pour remplir l’album à côté du roc « Chandelier » que -et c’est plutôt bon signe d’entrée- Sia a d’ailleurs placé en première position sur l’album ne cherchant pas à capitaliser sur ce titre pour relancer à mi-album par exemple une dynamique manquante.

Et pourtant il n’en est rien, et l’écoute de 1000 Forms of Fear vaut le coup si vous savez apprécier un bon album de pop, aux mélodies et arrangements surtravaillés mais surtout superbes, avec des tempos variés entre balades (« Big Girls Cry », « Straight for the Knife » épurée mais superbe), et titres plus enlevés (« Burn the Pages », « Elastic Heart » en duo avec The Weeknd, « Free The Animal » aux arrangements et vocaux très originaux, ou encore l’excellentissime « Fire Meet Gasoline »). Sia prouve une nouvelle fois au passage qu’elle est l’une des meilleurs vocalistes pop actuelles écrasant sans difficulté la majorité des interprètes bas de gamme ou jetables qui polluent les ondes (encore une fois sa prestation rien que sur « Chandelier » prouve sa supériorité, même si elle utilise pour l’occasion un registre assez proche de celui de Rihanna).

Quelque soit le tempo, l’album est plutôt d’une tonalité sombre sans être pesante, on sent que Sia utilise ses titres et ses lyrics comme exutoires ou moyens d’expression sur des sujets qui peuvent la toucher tout en enrobant le tout d’une production moderne, qui lui assure de sonner « actuel » et d’être en mesure de toucher le public habituel de la pop grand public. Certains de ses admirateurs du début le déploreront certainement, regrettant l’épure et préférant que Sia se repose uniquement sur sa voix magnifique mais on peut aussi apprécier les deux et parier que Sia reviendra à ce type de prestations à l’avenir après avoir gagné en popularité auprès d’un grand public qui ne la connaissait finalement pas bien.

Certes on pourra déplorer la présence de quelques titres dispensables (« Hostage » et « Cellophane » en tête mais ce n’est que mon avis) qui affaiblissent un tout petit peu un album par ailleurs franchement très très solide qui fait incontestablement partie des quelques bijoux surnageant dans un genre où il est plus aisé de tomber sur une bonne merde fumante que sur un joyau. Avis aux amateurs.

Tracklist :
01. Chandelier (03:36)
02. Big Girls Cry (03:30)
03. Burn the Pages (03:15)
04. Eye of the Needle (04:08)
05. Hostage (02:56)
06. Straight For The Knife (03:31)
07. Fair Game (03:51)
08. Elastic Heart (04:17)
09. Free The Animal (04:24)
10. Fire Meet Gasoline (04:01)
11. Cellophane (04:25)
12. Dressed In Black (06:40)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 922 articles sur Eklektik.

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