Klone – Here Comes the Sun

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Style: Rock puissant aux relents progAnnee de sortie: 2015Label: Klonosphère

La chose est donc désormais entendue, et il faudra vraisemblablement s’y faire (à moins que…) : Klone ne fait plus de metal.

Car derrière cette pochette, hommage évident à Koh Lanta (influence non moins évidente du groupe), Here Comes the Sun apparaît très nettement comme l’album le plus apaisé du groupe, dans lequel on ne retrouve au final que peu de traces de distortion.

Ce n’est certes pas comme si la rupture et la transition par rapport aux opus passés soient si brutales que ça, puisqu’on sentait déjà bien sur son précédent album, The Dreamer’s Hideaway, que Klone s’aventurait vers des chemins moins saturés, plus clairs. Mais la confirmation est néanmoins frappante, et Here Comes the Sun devrait continuer à faire fuire ceux qui sont restés bloqués sur les premiers albums du groupe. Ils passeront à côté d’une musique peut-être encore plus travaillée, et au potentiel émotionnel toujours plus important.

Deux morceaux sortent très significativement du lot sur ce nouvel album : « Immersion » et « Nebulous » qui sont tous deux des perles d’émotion, à vous tirer les larmes (surtout « Nebulous »). Mais les autres sont loin d’être en reste, il n’y a pas de déchet sur cet album. Ce qui impressionne, c’est d’abord évidemment (comme d’habitude finalement) le chant de Yann, encore plus exposé du fait de la quasi-disparition de la saturation. Et c’est tant mieux car il est encore plus formidable que jamais, confirmant s’il le fallait tout le bien qu’on peut penser de ce garçon qui est sans le moindre doute l’un des meilleurs chanteurs français en activité (certains trouvent dans son timbre un petit côté Sting, que j’ai personnellement encore du mal à percevoir mais qui revient souvent donc ça doit venir de moi). Le travail sur les instrumentations et les arrangements est également significatif : d’une grande richesse avec encore une fois la participation ponctuelle d’un saxophone (sans qu’on ait jamais l’impression d’écouter du jazz) par exemple sur « Gone Up in Flames », ou d’un piano. Et je ne parle pas de la basse, riche, ronde et bien présente (écoutez donc « The Drifter » et tendez bien l’oreille, ça groove méchamment), et encore moins du jeu de batterie qui est remarquable de finesse et de richesse.

L’homogénéité de l’album fait qu’en dehors des deux titres précités on n’a pas forcément envie de mettre d’autres titres en avant : et c’est une bonne chose car l’on voyage vraiment au gré de ces titres pas forcément longs, mais dont la dimension « prog » apparaît aussi plus clairement que jamais. Guillaume Bernard, tête pensante du groupe, ne cache pas son admiration pour un Steven Wilson, et c’est peut-être cette influence qui oriente la musique du groupe dans cette direction. Une direction qui va à ravir à Klone, et à laquelle je souscris personnellement totalement.

Finalement, et parce que personne ni rien n’est jamais parfait, le seul reproche que l’on peut formuler s’incarne dans la reprise du vieux standard américain « Summertime ». Pas très intéressante, la reprise semble aussi légèrement en décalage avec la tonalité mélancolique de l’album (même si le soleil perce parfois sur quelques titres comme « Come Undone »). Bref le groupe aurait très bien pu s’abstenir à mon sens, et se contenter de balancer ses 9 titres de grande classe ou encore mieux, nous en pondre un 10ème sans que l’on trouve rien à redire.

Reproche mineur au final, qui n’empêche pas Here Comes the Sun d’être à l’évidence déjà un des albums de l’année qui efface avec classe et manière la déception causée par le précédent album des poitevins. A ne pas rater donc!

Tracklist :
1 – Immersion
2 – Fog
3 – Gone Up in Flames
4 – The Drifter
5 – Nebulous
6 – Gleaming
7 – Grim Dance
8 – Come Undone
9 – The Last Experience
10 – Summertime (cover)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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6 Commentaires

  1. Kane says:

    Grand fan de Klone devant l’éternel (« All Seeing Eye » et « Black Days » resteront toujours des références pour moi), ça fait deux albums consécutifs que je décroche du groupe. « The Dreamer’s Hideaway » m’a laissé froid, et celui-ci, bah j’avoue que je dois passer à côté de quelque chose. Je ne conteste pas la qualité de l’écriture, ni l’évolution constante de Yann Lignier au chant (quel chanteur mazette !), mais la direction prise par le groupe va à l’opposé de ce que j’attendais. Vu que le groupe n’écrit pas la musique que pour moi, je respecte leurs choix, mais du coup je m’éloigne progressivement de la musique du groupe.

    A voir dans quelques temps (mois ? années ?) si je me retrouve dans cette musique. Après tout, peut être n’ai je tout simplement pas envie d’écouter ça en ce moment…

  2. shaq says:

    J’aurais pu écrire exactement, au mot près, la même chose que toi Kane.

  3. Jhar says:

    A l’inverse des avis précédents, j’aime la tournure qu’a pris le groupe.
    La maturité et l’évolution dans la création me séduisent totalement.
    C’est bourré d’émotions à tous les niveaux, il y a ici de vraies perles, j’adore…

  4. joss says:

    Eh bien, moi qui était toujours resté insensible à la musique de ce groupe, me voilà de plus en plus accro à ce nouvel album. J’ai tout de suite été séduit par la superbe voix claire de Yann, ce qui m’a donné envie d’y revenir plusieurs fois. Ensuite les compos se dévoilent au fil des écoutes. Très bel album et une grosse surprise pour moi donc.

  5. Angrom angrom says:

    Ca accroche pas mal ici. Même si c’est le premier disque du groupe que j’écoute, en fait

  6. dun23 says:

    Merci pour la découverte!

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