Ulver – The Assassination of Julius Caesar

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Style: Pop classieuseAnnee de sortie: 2017Label: House of Mythology

Non, il ne s’agit pas d’un album du groupe de dark folk Rome, malgré ce titre évident et cet artwork à l’avenant. Cet assassinat de Jules Cesar nous est raconté par Ulver, le mythique groupe norvégien fondé en 1993 et qui fut à ses débuts un groupe de black metal folkisant, avant de suivre un parcours totalement improbable. C’est pourquoi aucune sortie d’Ulver ne ressemble quasiment à la précédente. Après un passage par l’ambiant atmosphérique (le très beau Shadows of the Sun), la bande à Garm s’est récemment quelque peu perdue dans des tentatives expérimentales pas toujours très intéressantes. Mais le groupe a indéniablement le mérite de ne faire que ce qui lui plaît, sans jamais se soucier de ce qu’en pensent les critiques ou le public.

C’est dans cette même logique que The Assassination of Julius Caesar se distingue lui aussi immédiatement de ses aînés. C’était annoncé, « Ulver goes pop », et l’on ne pouvait être qu’excité à l’idée d’entendre à quoi la pop signée Ulver pourrait bien ressembler.

La satisfaction est clairement au rendez-vous, et le ton est donné d’entrée de jeu avec le superbe « Nemoralia » qu’on avait d’ailleurs pu découvrir en guise de mise en bouche il y a plusieurs semaines de cela. Le registre est clairement celui attendu, et Garm chante exactement aussi bien qu’on pouvait l’espérer. L’album commence de façon assez rythmée et dynamique avec ce premier titre suivi de « Rolling Stone », mais la suite se révèle finalement plus intimiste et les morceaux suivants ressemblent finalement davantage (en tout cas en apparence) à des ballades ultra classieuses. Evidemment les ballades à la sauce Ulver ne ressemblent pas à ce qu’on peut entendre à la radio et c’est tant mieux. Le terme « ballade » ne convient d’ailleurs pas bien à des morceaux comme le sublime « 1969 » véritable hommage en musique et à deux voix (Garm étant secondé par une voix féminine) à la fin des années 60s dont on sait qu’elles ont marqué Garm (voir l’album de reprises Childhood’s End paru en 2012) et qui imprègnent là encore grandement les morceaux de ce nouvel album. Idem pour « Southern Gothic » et « Angelus Novus » qui sont les morceaux les plus directs de l’album, et sont juste superbes. Mais aussi directs soient-ils, ils n’en restent pas moins marqués par la patte Ulver et la volonté des norvégiens de ne pas sombrer dans la facilité, avec ce recours à l’électronique qui vient casser le côté « classique » de ces morceaux.

Car évidemment Ulver reste Ulver et sa soif d’expérimentation reste intacte même sur un terreau plus pop. Ainsi sur une base simple et clairement pop (comprendre couplet / refrain) « Transverberation » prend une dimension supplémentaire grâce à l’utilisation de l’électronique qui lui confère une touche épique, que le groupe ne fait à mon grand regret, pas durer assez longtemps. De même la fin de « Rolling Stone » part dans un délire plus « bruitiste/jazzy » et se conclut dans une cacophonie un peu repoussante (de prime abord) après une première moitié beaucoup plus classique et une dualité chant féminin/masculin qui aura marqué le titre. On aurait pu se douter de quelque chose en voyant la durée du titre (9min26) qui laissait difficilement imaginer Ulver nous proposer un bête morceau de pop sur une durée aussi importante. Même un titre comme « So Falls the World » de prime abord beaucoup plus classique (surtout après le final de « Rolling Stone »), atmosphérique et aux orchestrations travaillées pendant 4 minutes, se métamorphose et s’accélère avec ce rythme technoïde qui vient prendre le relais. Enfin le conclusif « Coming Home » est une pièce beaucoup moins pop, faite de spoken words sur la première partie, avant que la deuxième partie se révèle beaucoup plus techno / jazzy, et surtout véritablement splendide.

Au final, Ulver a toujours la classe, et The Assassination of Julius Caesar marque le grand retour du groupe après des errances expérimentalistes un peu vaines (AMHA en tout cas). Ici l’expérimentation sert véritablement les morceaux, et même si certains passages nécessitent plusieurs écoutes pour être appréciés (je pense à ce final de « Rolling Stone » peu séduisant de prime abord comme déjà évoqué), ce cru 2017 est certainement le meilleur des norvégiens depuis Shadows of the Sun. C’est aussi très certainement l’album le plus accessible du groupe, mais attention : la pop vue par ulver n’est pas celle à laquelle les medias tentent d’habituer (lobotomiser) nos chérubins, et ne plaira sans doute pas à tout le monde.

Tracklist :
1. Nemoralia
2. Rolling Stone
3. So Falls the World
4. Southern Gothic
5. Angelus Novus
6. Transverberation
7. 1969
8. Coming Home

 

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. Angrom Angrom says:

    Je ne connaissais pas le groupe et je ne sais d’ailleurs pas si j’en connaitrai plus après ce dernier disque, mais ce disque est magnifique. Pas un titre en deça, un sérieux prétendant au titre d’album de l’année !

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