Ulver – Childhood’s End

ulver - childhood's end

Mis à part un Wars of the Roses décevant (tant dans la durée que dans le contenu avec seulement quelques titres réellement dignes d’intérêt) qui ressemble finalement surtout à une paresseuse collection de chutes de studio issues tant de la période Blood Inside que Shadows of the Sun, on aura du mal à trouver deux albums qui se ressemblent dans la discographie des norvégiens. C’est que la bande à Garm, semble en effet s’attacher à ne pas s’autoriser à stagner, mais à se montrer toujours en mouvement et dans une logique de changement. C’est certainement d’ailleurs pour ça que les fans du groupe l’aiment, mais c’est aussi pour ça qu’il est rare de trouver quelqu’un en dehors de ceux-ci, qui apprécie uniformément tous les albums d’Ulver. Cette soif de liberté a forgé l’identité de ce groupe unique qui après avoir débuté dans un black metal ravageur et teinté de folk, a depuis foulé moult territoires souvent avec brio.

Childhood’s End montre donc comme il se doit un nouveau visage supplémentaire, qui tranche encore une fois radicalement avec le reste de la discographie du groupe. L’actualité rock/metal nous a donné droit à une revisite (réussie) des années 70 à plusieurs reprises dernièrement (notamment par Opeth et Steven Wilson), cette fois Garm semble pour sa part vouloir rendre hommage à la scène garage rock et psychédélique typique des années 60, en proposant sur ce nouvel album, pas moins de 16 reprises de morceaux considérés comme des classiques de l’époque. N’étant ni assez âgé, ni suffisamment connaisseur de ladite scène, je serais bien incapable de me prononcer sur l’exhaustivité des choix effectués, concédant même une méconnaissance absolue des 16 morceaux en question. Tout juste certains noms de groupes semblent-ils légèrement familiers dans leur patronyme (Jefferson Airplane ou Byrds, par exemple) mais en aucune façon dans les titres ici concernés. Je pense d’ailleurs que de nombreux fans d’Ulver partageront ces lacunes, et aborderont donc comme je l’ai fait, cet album avec méfiance autant qu’avec une absence d’apriori sur la qualité des titres originaux.

Et c’est vraiment une délicieuse surprise au final qui s’offrira probablement même aux incultes. Pour peu quand même qu’ils ne soient pas allergiques à un son vintage de circonstance. Garm n’a en effet pas choisi de s’éloigner radicalement des versions originales, mais celles-ci sont finalement remises au goût du jour, tout en conservant leur parfum et leur charme d’origine (et leurs instruments typiques de l’époque, mellotron, clavecin, flutes…). Volonté assumée de sa part, de mettre dans la lumière des vieux titres que beaucoup n’ont jamais entendus et ainsi montrer que la période débordait de joyaux rock/psyché, et que années 60s ne doit pas uniquement rimer avec Beatles ou Doors.

On passe donc de morceaux enlevés à d’autres qui ressemblent davantage à des ballades folk, tous les titres étant magnifiés par la superbe voix de Garm, qui pour le coup porte bien mal son pseudonyme sur cet album (puisque « Garm » est le chien hurleur dans la mythologie nordique). Certains morceaux sont de véritables tubes en puissance qui n’ont rien perdu de leur potentiel, 50 ans après : « The Trap » par exemple ou « In The Past », « 66-5-4-3-2-1″, ou autre « I Had Too Much to Dream Last Night ».

Quelle sera la prochaine direction qu’emprunteront Kristoffer Rygg et sa bande? On n’en sait rien à ce stade, mais on peut en attendant aisément savourer cette parenthèse réussie et très agréable, dont le parfum vintage mais pas suranné, pourrait constituer une chouette bande-son pour l’été à venir (s’il arrive un jour).

Tracklist :

1 – Bracelets of Fingers (The Pretty Things)
2 – Everybody’s Been Burned (Byrds)
3 – The Trap (Bonniwell’s Music Machine)
4 – In the Past (Chocolate Watchband)
5 – Today (Jefferson Airplane)
6 – Can You Travel in the Dark Alone (Gandalf)
7 – I Had Too Much to Dream Last Night (Electric Prunes)
8 – Street Song (13th Floor Elevators)
9 – 66-5-4-3-2-1 (Troggs)
10 – Dark is the Bark (Left Banke)
11 – Magic Hollow (Beau Brummels)
12 – Soon There Will Be Thunder (Common People)
13 – Velvet Sunsets (Music Emporium)
14 – Lament of the Astral Cowboy (Curt Boettcher)
15 – I Can See the Light (Les Fleur De Lys)
16 – Where is Yesterday (United States Of America)

TAGS : , ,
GROUPES:
STYLE: ,

A PROPOS DE krakoukass

krakoukass Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben. Adresse de contact : krakoukass@eklektik-rock.com

krakoukass a écrit 671 articles sur Eklektik.

5 commentaires

  1. Pas encore écouté, mais vous me donnez envie.

  2. Pauvre gars, C’est quoi ton jugement par rapport à Wars of the roses? C’est pas la paine de t’improviser chroniqueur de groupe si t’as même pas d’oreilles. Pour ta gouverne, sache que Wars of the roses a était salué par de nombreux specialiste et il a été par beaucoup conccidéré meilleurs album 2011. Alors que tu n’aime pas, c’est ton problème mais n’apporte pas des arguments faux et aussi stupides car c’est pathetique et moi ça me fou grave en colère. Va t’achetter des oreilles, écoute la profondeur des sons, lis les textes (si toute fois tes foutue de comprendre l’anglais) et après …ferme la

    Autre chose, t’y connais rien a la musique des années 60, c’est une honte pour un mec qui se donne le droit de critiquer du rock (une preuve de plus que t’est vraiment un pauvre gars).

    Allez, va donc retourner écouter Linkin park et slypknot gamin. Ulver est un des rares groupes de metal à avoir pris de la maturité, tu peux pas comprendre, te donne pas l’impression de comprendre

    • Tiens, je vais peut-être me mettre à parler de Wars of the Roses dans toutes mes chroniques, histoire d’avoir le plaisir de lire tes diatribes diarrhéiques plus souvent!

  3. C’est bien que tu t’en tape de l’avis des spécialistes et des personnes qui critique sur la musique. Alors pour qui tu écris tes chroniques si à l’invers, les gens s’en tape de ce que tu écris?

  4. Dreambes, sérieux, tu souilles le nom de Ulver rien qu’en mettant ton casque sur les oreilles pour l’écouter. Tu calcules rien, t’es pas inteligent. Je pige pas comment on peu etre autant limité et écouter du son aussi bon. Bref
    Ce chilhoods end est pour moi une réussite totale…..surtt si on le compare a wars of the roses ;)))

Laisser un commentaire




XHTML: Vous pouvez utiliser les balises suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • kerretta-pirohiabeunz | 31 octobre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Héhé mais pas de problème ! Ravi que ça te plaise ! :)
  • kerretta-pirohiaGueff | 31 octobre 2014
    Kerretta – Pirohia
    C'est carrément très très bon tout ça! Je valide, plussoie et tout ce qui s'en suit :) (Désolé de ne pas avoir de critique plus constructive, je suis juste d'accord :p )
  • slipknot-the-gray-chapter-newCaptain Igloo | 27 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Je ne comprends pas vraiment ce que l'on peut reprocher à cet album, pour peu que l'on apprécie ou qu'on ait apprécié au moins un des albums précédents du groupe ! Ceux qui ont toujours dénigré, détesté le groupe ou simplement le style (moi j'appelle ça simplement du Metal) n'apprécieront toujours pas ! Après plus...
  • bbng-iiiAER | 25 octobre 2014
    BADBADNOTGOOD – III
    Encore des protégés du dieu Gilles Peterson, BBNG c'est la nouvelle vague jazz ayant digéré la pop/le r&amp;B/ l'electro et le hip hop. On pourrait ajouter les australiens de Hiatus Kayote, Snarky Puppy (dans le style plus big bang) et les petits chouchous de Quincy Jones "Dirty Loops"…tout ça sous l'oeil des grands frè...
  • lonely the brave-the days warAER | 25 octobre 2014
    Lonely the Brave – The Day’s War
    Première partie de Deftones l'an dernier au zénith de Paris et une bonne partie du public s'en foutait alors que ce groupe sonne plutôt bien, il me fait penser à cette vague de groupe des années 2000 un post- hardcore et rock comme Hundred Reasons et Hell is for Heroes, je suis d'accord sur la voix entre Cold et Vedder (san...
  • slipknot-the-gray-chapter-newDrugzath | 21 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Enfin une tres bonne chronique sur cet album ,pas comme chez nos compères de VS Webzine ;--) .Je te rejoints en tout point sur ce que tu a mentionné .Pour ma part un bon album qui se lasse pas au fil des écoutes .
  • slipknot-the-gray-chapter-newkrakoukass | 20 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Merci pour ton commentaire. ;) Loin de moi l'idée de proclamer que quiconque n'aime pas cet album est un abruti obtus (les personnes visées sont plutôt les couillons qui n'ont jamais aimé Slipknot -pour des raisons souvent basées sur des préjugés ou une haine du so called Nu Metal- et ont toujours craché sur le groupe, ...
  • slipknot-the-gray-chapter-newMths | 20 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Merci de bien faire comprendre que quiconque n'aime pas cet album est un "rageux bas du front", ça fait toujours plaisir. Et si ce n'est pas le message que tu voulais faire passer, je t'invite cordialement à retravailler le début de ta chronique... Je trouve que, dans les titres qui ont été balancés sur le Web, il y a q...