Ma sélection pour le Hellfest 2018

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Annee de sortie: 2018

Je me rendrai au Hellfest cette année après un saut de 8 éditions qui s’explique par le fait que je vis désormais à l’autre bout du globe. Je repense avec nostalgie à ces « années festival » pendant lesquelles pour rien au monde je n’aurais manqué une édition de ce festival. J’ai assisté au Fury Fest en 2004 et 2005, le festival a ensuite changé de nom comme de structure tout en reprenant le même concept pour devenir le Hellfest dès 2006. Je me suis rendu à toutes les éditions du festival jusqu’en 2009. J’ai également en parallèle été à pas mal d’autres festivals en Europe, mais par proximité géographique comme par envie de soutenir ce festival français, c’est au Hellfest qu’il me semblait évident d’aller avant tout tous les ans, du moins tant que j’habitais en France.
Il faut dire aussi que la programmation a toujours été et continue à être à la hauteur, l’affiche a toujours systématiquement de quoi me plaire, et si ce n’avait été pour des raisons matérielles et pratiques, je serais revenu au Hellfest avant. Je l’ai à vrai dire envisagé tous les ans, mais ce sera donc en 2018 que je concrétiserai.

J’ai suivi à distance l’évolution du festival; après 8 éditions manquées, j’aurais je pense la surprise d’un site qui a apparemment beaucoup évolué avec la multiplication du public, s’est agrandi, en nombre de scènes comme en groupes. Plus d’espace, plus d’endroits détente/bouffe pour se poser entre les concerts, le Hellfest est devenu quelque chose d’assez gigantesque. Plus qu’un festival axé exclusivement sur la musique, c’est aussi un lieu où rencontrer des potes, vivre une expérience alternative dans un village épisodique réunissant des dizaines de milliers de gens autour d’une même culture. Le fait que les places se vendent toutes avant même l’annonce de l’affiche le prouve bien, comme le fait qu’un public plus large pas forcément « métalleux » s’y rende.

Cette année comme les précédentes, la programmation elle-même est exceptionnelle dans son étendue, un nombre de groupes assez dingue (+ de 140!), elle aborde un panel de genres large (hard rock, heavy metal, rock/metal alternatif, death metal, black metal, metalcore, punk, punk/hardcore, stoner/sludge etc), qui correspond finalement à l’étendue des musiques que nous avons toujours abordé dans le webzine Eklektik. A vrai dire nous avons toujours eu un peu de mal à définir des lignes délimitant le type de groupes qu’on aborde sur le webzine et c’est aussi le cas pour le Hellfest je pense. Il y a quand même la présence de guitares électriques, et donc une lignée blues/rock, qui réunit la majorité des groupes présents, mais pas tous. L’éclectisme du Hellfest est tel qu’on voit même quelques groupes de rap s’y inviter cette année (Dalek et Ho99o9), des groupes qui ne sont pas si incongrus et s’intègrent à l’affiche par le coté sombre et agressif de leur musique.
En tout cas, le Hellfest a eu le bon gout de ne pas dévier de son optique de proposer une sélection de groupes exigeante laissant la majorité de l’affiche aux scènes underground, même si évidemment des têtes d’affiches sont nécessaires pur fédérer un large public.

Il y a 10 ans en festival je cherchais à voir le maximum de groupes dans ce qui ressemblait à un marathon, cette édition du Hellfest donne envie de continuer dans cette voie et essayer de découvrir un peu au hasard certains groupes qui me sont inconnus, mais il y a avant tout une poignée de concerts que je souhaite voir absolument et qui feront l’objet de cet article. Je reviendrai dans un autre article ultérieurement sur les autres groupes que je souhaiterais revoir/découvrir, et en général que je conseillerais d’aller voir aux festivaliers, mais avant tout voici les groupes correspondant le plus à mes goûts que je ne manquerais pas.

VENDREDI

Curieusement ce vendredi ce sont surtout 2 scènes qui concentrent les groupes que je souhaite le plus voir, les Mainstage 2 et Valley. Ce Vendredi est bien chargé de mon coté, c’est le jour qui m’intéresse le plus, le festival va commencer fort.

Tesseract (12:50 > 13:30 / Mainstage 2) :

Un des groupes que j’attends avec le plus d’impatience du festival. Je les suis depuis leurs démos et ne les ai jamais vu sur scène. Tesseract est un des groupes ayant initié le mouvement « djent » avec Periphery et Monuments, des groupes qui ont repris à leur compte l’approche rythmique polymétrique de Meshuggah en l’intégrant dans différentes formes de metal prog plus accessible, limite pop pour Tesseract qui propose la version la plus atmosphérique et mélodique de ce style musical. Depuis l’EP Concealing Fate en 2010, Tesseract excelle, et le nouvel album du groupe qui vient de sortir confirme encore une fois le talent de ces musiciens, alliant la complexité des rythmiques et l’originalité des riffs tout en proposant des hymnes aux mélodies marquantes.

Converge (16:00 > 16:40 / Mainstage 2) :

Monument du metal/hardcore, Converge n’est pas un groupe facile à appréhender déjà sur disque et encore moins en live, j’apprécie le groupe depuis longtemps mais je dois dire que certains concerts que j’avais vu d’eux il y a plus de 10 ans m’avaient un peu assommé, c’est au Hellfest que j’ai vu le premier concert de Converge (2007?) qui m’a véritablement convaincu. Le chaos musical qu’ils proposaient à leurs débuts s’est avec le temps diversifié et je pense que leurs sets s’en ressentent aujourd’hui. L’expérience de 2 décennies de concerts et la série d’albums plus matures depuis Jane Doe ont je n’en doute pas eu un impact sur leurs prestations, et Converge a désormais toute sa place sur une mainstage.

Meshuggah (17:40 > 18:30 / Mainstage 2) :

Un concert de Meshuggah est toujours une expérience à condition de rentrer dans leur musique si particulière, se faire happer dans les rythmiques polymétriques comme dans une transe tribale moderne. Je les ai vu quelques fois déjà mais me rappelle de leur concert sur la mainstage du Hellfest il y a 10 ans. Rebelote cette année et j’ai bien hâte de reproduire l’expérience.
La discographie du groupe est fournie mais la musique si unique du groupe était déjà en formation dès l’EP None datant de 1994, du coup avec une série d’albums si monolithique et un style si dense, difficile de conseiller un album pour découvrir le groupe. Mes préférences vont vers Nothing, leur album le plus groovy. Balencez moi un « Stengah », « Rational Gaze » ou « Straws Pulled at Random » et je serai en extase.

Steven Wilson (19:40 > 20:40 / Mainstage 2) :

L’ancien leader de Porcupine Tree, maintenant en solo, est une des mes idoles musicales et un des musiciens emblématiques du rock progressif de ces 20 dernières années. Il apportera une certaine fraîcheur au Hellfest, sa musique dénotant par rapport à l’esprit du Hellfest. Il s’entoure toujours de musiciens exceptionnels et ses concerts s’en ressentent quelque soit son humeur du moment, qui peut aller du calme de chansons pop au piano à des titres prog complexes de plus de 10 minutes. Je serai aux anges cependant si il pouvait faire un set avec ses morceaux les plus rock, et quelques titres de Porcupine Tree ne feraient pas de mal non plus, en particulier de In Absentia ou Deadwing, ses albums les plus axés sur des riffs rock/metal. Je serai aux anges si il joue « Arriving Somewhere » par exemple. Quoiqu’il en soit, Steven Wilson dénote agréablement sur cette affiche et devrait apaiser l’enfer en cette fin d’après midi.

Eyehategod (21:50 > 22:50 – Valley) :

Je n’ai pas inclus Crowbar qui jouent malheureusement pendant Steven Wilson, mais j’irai en voir un bout quand même et je me rattraperai avec Eyehategod, autre groupe phare du sludge et cousins de Crowbar (leur guitariste Jimmy Bower est batteur de Crowbar). Eyehategod sont à la fois plus rares, plus bordéliques, plus sauvages et emblématiques de ce genre vouant un culte au gros riff gras dégoulinant, version viscérale et infusée de drogues du blues. La promesse d’un concert potentiellement mythique, j’imagine qu’avec eux c’est du quitte ou double.

A Perfect Circle (01:00 > 02:05 – Mainstage 2) :

Un des concerts les plus attendus des festivaliers je pense, A Perfect Circle étant un groupe touchant un panel de fans étendu et c’est un groupe se faisant rare, qui semblait même avoir définitivement disparu mais est de retour en 2018 avec leur premier album depuis 14 ans, Eat the Elephant. Leur premier album Mer de Noms fut une des mes claques musicales et m’a permis ensuite de découvrir Tool, le groupe de leur chanteur Maynard James Keenan. Ce sera un plaisir de revoir MJK sur scène… en attendant de voir un jour Tool fouler une scène du Hellfest?

SAMEDI

Psykup (14:20 > 15:00 – Altar) :

J’imagine que les programmateurs ne savaient pas où les placer, mais Psykup sur l’Altar, c’est tout de même assez incongru. Psykup est un groupe tellement inclassable que pourquoi pas, mais on est loin du coté « true » metal extreme du reste de la programmation de cette scène. Le groupe français a un délire particulier, abordant de multiples styles à la façons de Mr Bungle, mais en bien plus agressif, les riffs metal cotoient du chant souvent farfelu, et des trips funky. Ces types sont surtout de très bons musiciens. Ils tournaient de manière intensive il y a 10-15 ans et j’ai assez de bons souvenirs de concerts d’eux pour n’avoir aucune envie de louper leur concert au Hellfest qui fait suite à la sortir d’un nouvel album en 2017 après presque 10 ans d’absence. Je n’ai pas encore découvert en détails cet album Ctrl+Alt+Fuck, ce que je ne manquerais pas de faire d’ici le Hellfest.

Jonathan Davis (16:55 > 17:45 – Mainstage 1) :

Malgré que ce soit un des groupes ayant bercé mon adolescence, je n’ai jamais vu Korn en concert. J’ai failli les voir plusieurs fois en fait mais ils ont annulé dont 2 fois au Hellfest en 2006 et 2007. Bref ça sera l’occasion de voir le chanteur de Korn, Jonathan Davis sur scène. Comme il n’a qu’un seul album solo sorti en 2018, j’imagine qu’il jouera aussi pas mal de morceaux de Korn. Je ne sais pas avec quelle formation il jouera mais je me rappelle avoir vu en video pas mal de prestations de Davis en solo intéressantes, il sait semble-t-il s’entourer de musiciens émérites pour proposer des versions alternatives des classiques de Korn.

Enslaved (20:45 > 21:45 – Temple) :

Fan du groupe norvégien depuis Monumension, soit il y a presque 20 ans, et ayant apprécié chacun de leurs 9 albums depuis, le concert d’Enslaved sera un de mes immanquables. Encore un groupe qui m’a autrefois marqué en festival, c’était au Fury Fest 2005 sur la petite scène couverte, une scène où les conditions idéales avaient permis à plusieurs groupes de faire des concerts d’exception (Envy en autre exemple). Les leaders Ivar et Grutle toujours à leur poste, Enslaved a depuis tout un panel de morceaux en plus à jouer, et leur black metal a évolué à la fois avec des influences rock progressif mais aussi grâce à une mystique viking imprégnant d’une ambiance particulière leur musique.
Leur dernier album E est tout bonnement excellent

Deftones (21:05 > 22:20 – Mainstage 1):

Un autre de mes groupes cultes ado, et contrairement à Korn, Deftones ont bien mieux vieilli et continuent à sortir des albums intéressants avec constance. Du coup avec tellement de tubes étalés sur 20 ans et 8 albums, le groupe ne peut que satisfaire un fan sur scène d’autant que leur chanteur Chino Moreno semble à peine vieillir, il est toujours le même entre des videos de concerts d’il y a 15 ans et d’il y a quelques mois, la même énergie et la même voix reconnaissable immédiatement. Dommage qu’ils ne jouent pas le même jour que A Perfect Circle, « Passenger » avec MJK sur scène, ça aurait pu être quelque chose.

Neurosis (00:00 > 01:00 – Valley):

Une autre référence sera présent cette année au Hellfest, un de ces groupes cultes ayant généré à eux seul une branche de la scène metal underground. Débutant comme une formation punk/harcore, Neurosis change de son de façon dramatique en 1992 avec Souls at Zero, et propose une musique expérimentant avec le noise, le psychédélisme et les ambiances, qui initiera le mouvement post-metal (qu’on appelait post-hardcore ici en France à l’époque). Le « post » rappelle évidemment le post-rock et Neurosis compose dans un registre « metal » les atmosphères qu’on retrouve parfois dans le post-rock. Le concert du Hellfest en 2007 fut un de mes concerts les plus mémorables, le temps s’était arrêté alors que le public en transe subissait à la fois les assauts des riffs lancinants, une pluie battante non-stop, et des visuels hypnotiques. Au vu de leurs dernières prestations au Roadburn festival, les désormais barbus grisonnants ont toujours le potentiel de réitérer l’expérience.

DIMANCHE

Killswitch Engage (17:35 > 18:20 – Mainstage 2):

Encore une référence dans son genre, cette fois du metalcore, avec les américains de Killswitch Engage. J’ai vu le groupe plusieurs fois avec Howard Jones qui assurait sur scène, le groupe en général est certainement une valeur sure, assurant des shows animés et précis, dans la bonne humeur. Cela dit je suis bien content de les voir cette fois avec Jesse Leach de retour au micro car c’est leur deuxième album, Alive or Just Breathing, sorti en 2002, qui reste pour moi leur monument et c’était Jesse Leach au chant sur cet album. Les riffs ultra efficaces, les mélodies marquantes, les paroles introspectives mais lumineuses, font du groupe le meilleur représentant d’un genre qui à vrai dire ce serait passé de la légion de suiveurs qui ont pourri sa réputation par la suite.

Baroness (19:20 > 20:20 – Valley):

Baroness est apparu au même moment que Mastodon, soit il y a 15 ans déjà et propose quelque chose de sensiblement dans la même veine, au croisement entre sludge, stoner et rock progressif, avec une évolution similaire avec des débuts dans la lourdeur massive et abrasive du sludge vers des albums plus rock et mélodiques. Je suis un inconditionnel du groupe, surtout des débuts certes, les Red et Blue albums, mais les 2 suivants sont également réussis`. Revoir la bande de John Baizley (à vrai dire entièrement renouvelée autour du leader/chanteur/guitariste) en concert sera un plaisir. J’avais énormément apprécié les 2 fois où je les ai vus précédemment.

At the Gates (21:30 > 22:30 – Altar)

Les pionniers du death metal mélodique, dont le son s’est retrouvé recyclé dans le metalcore par la suite, sont toujours les maîtres du genre, du moins un des rares parmi les premiers groupes de ce mouvement parti de Suède à ne pas avoir dévié. Slaughter of the Soul, qui date de 1995, reste leur monument mais le groupe revient cette année avec un nouvel album, To Drink From The Night Itself, manifestement en grande forme au vu des quelques titres déjà en écoute, 20 ans après At The Gates reprend est resté fidèle au style qu’il a contribué à initier.

Alice in Chains (22:35 > 23:35 – Mainstage 2):

Tout simplement un de mes groupes préférés ado, et celui qui m’a le plus touché, le groupe de grunge le plus introspectif et noir. La mort de Layne Staley en 2002 a clos un chapitre pour le groupe qui a tout de même réussi à rebondir, le guitariste/compositeur ayant réussi à trouver un chanteur capable de reprendre le flambeau, chanter les morceaux du groupe, alors que la voix de Staley était si reconnaissable. Je n’ai bien sur jamais vu le groupe avec Layne Staley, mais William DuVall

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 490 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. Marbaf says:

    Merci pour cet écho nostalgique. J’ai clairement été formé à la sauce Jonben :D

  2. Equipe Eklektik jonben says:

    Content d’entendre ça, il va falloir que je me motive un peu pour réécrire sur le webzine, d’autant que j’écoute toujours autant de musique, de nouveautés. J’avais même quasi terminé mon bilan 2017 que je n’ai jamais publié…

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