Mono – Walking Cloud and Deep Red Sky, Flag Fluttered and the Sun Shined

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Style: post rockAnnee de sortie: 2004Label: Na

« Walking Cloud and Deep… » est le troisième album de Mono. Et quel album!
On ne peut passer à côté du fait que pour cet expédition en studio, les japonnais se sont aidés du grand Steve Albini. Abandonnant à plusieurs moments la structure post-rock habituelle (doux, fort, très fort, mur du son, calme, et rebelote) le groupe japonais en vient à des chansons simples, belles, tristes, mélancoliques, intimes.

La première piste du disque présente un schéma classique (en post-rock), puisque le murmure du son met 3 minutes à se mouvoir en douce chanson pour ensuite se transformer en véritable Mur. La basse se fait alors fracassante, la guitare lead nous guide et nous ne pouvons nous retenir de la suivre. On ne se pose alors plus de questions et on y va, tête baissée les yeux fermés. Le moment de se poser vient au bout des presque 11 minutes de la première chanson. Ce sont d’ailleurs 11 minutes qu’on ne sent absolument pas passer. Comme si l’on s’était retrouvé suspendu dans le temps.
On se pose alors pour « mere your pathetique light », seconde piste d’une beauté et d’une mélancolie incroyable. On vibre au son de la guitare, du violoncelle et du ronronnement qui traîne, comme si le vent soufflait. La musique de Mono c’est un voile de soie…au gré des vents et des tempêtes. Le temps de s’endormir et on repart, doucement.
Mais lorsque cela repart dans la très belle et langoureuse troisième pièce, on est figé, on ne bouge plus, on se laisse pénétrer par la musique. Et on comprend pourquoi Mono voit leur musique plus comme une bande son de film ou une espèce de musique classique! Car en effet, tout y est: l’ambiance, l’orchestration, des images déilent dans notre tête. C’est intense, rapide, mais en même temps très lent…comme je l’ai écrit tout à l’heure: langoureux.

Est-ce parce que je sais que le groupe vient du pays des pokemon mais leur musique me transporte dans une rue vide, bordée de cerisiers aux fleurs roses, et dont les pétales tombent contraints par la force du vent. Un vent qui non seulement les arrache mais les ramasse au sol pour les faire se soulever dans des remous d’air, mimant alors une mer mouvementée. Enfin une image du style manga romantique avec les cerisiers roses ;)

« Ode », le cinquième morceau de la galette se veut une ode à je ne sais quoi, mais il est sur que peu importe à qui ou quoi elle est destinée cette chose ou cette personne doit être magnifique pour inspirer une telle pièce. Moins triste et mélancolique que les (excellents) précédents morceaux, celui-ci est plus « lumineux », plus « hopefull » (si vous me permettez cette intrusion de la langue de Shakespeare). Lent, mais pas rampant, avec une batterie assez brute, c’est là qu’on reconnaît la patte de Steve Albini.

Je ne m’attarderais pas sur la transition de 2 minutes 30. En effet, même si ce laps de temps paraît plus que nécessaire pour une voire deux chansons dans certains style (hardcore, grind par exemple), ce ne sont, bien souvent dans ce genre d’album, pas les plus significatives.
Attardons nous plus sur la chanson la plus longue de l’album « Lost Snow » qui affiche au compteur un peu plus de quinze minutes. Véritable flambeau post-rock que cette chanson avec sa typique strucuture du genre. Elle n’en n’est pas inintéressante pour autant. L’arpège étant bien trouvé et très joli, la première explosion sonique digne de celles dont les (également) Japonais d’envy peuvent nous faire part, et des parties hypnotisantes à vous laisser léthargiques. La montée et l’accès de fureur du milieu de la chanson nous fait comprendre que le groupe ne plaisante pas, armé pour le coup d’une batterie qui frappe à tout va, d’une basse délicieusement métallique et de guitares acérées. Mais à peine a-t-on le temps de le comprendre que le groupe tombe dans un bain de larsens, de guitares lointaines puis dans une douce torpeur, comme un pansement après un bobo.

L’album se finit au clavier, habillé d’un nuage de bruit et d’une aura de guitares cosmiques. Pour une conclusion en apesanteur où c’est le piano qui aura le dernier mot. A ce moment deux choses se passent, soit on se réveille doucement comme émergeant d’un rêve explorateur; soit on ne peut se réveiller, le rêve ayant définitivement pris le dessus sur nous lors de cette expédition dans le paysage intime, langoureux, cosmique et mélancolique de mono. Fantastique.

Comme beaucoup de groupes un peu dans les mêmes eaux, ça ne se décrit pas. Ca s’écoute, ça se savoure, ça se ressent.

  1. 16.12
  2. mere your pathetique light
  3. halycon (beautiful days)
  4. 2 candles, 1 wish
  5. ode
  6. the sky remains the same as ever
  7. lost snow
  8. a thousand papers cranes
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3 Commentaires

  1. GrandPoil says:

    Hopeful avec un seul ‘l’ :op

  2. fewz says:

    bon, ok, un bon disque, peut-être pas assez novateur il est vrai…

  3. XXuK says:

    Wouahhhh. La claque. Je connaissais Mono par le « you are there » et là, je viens d’écouter sour la première fois ce « walking cloud… ». J’en suis toujours scotché sur mon siège…

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