The Intersphere – The Grand Delusion

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Style: Rock alternatif aux atours progressifsAnnee de sortie: 2018Label: Long Branch Records / SPV

De l’intérêt de ne pas se précipiter à balancer son top annuel, on ne le dira jamais assez… Ou comment une découverte tardive peut une nouvelle fois venir chambouler les certitudes. En l’occurence si la découverte de cet album est tardive c’est d’abord et tout simplement parce que ledit album est sorti en toute fin d’année. Parfois on a de bonnes excuses… The Intersphere, ça ne s’entend pas du tout, sont allemands et n’en sont pas à leur coup d’essai puisque The Grand Delusion est leur 5ème album. Après quelques recherches il m’est apparu que j’étais déjà tombé sur ce groupe, et plus particulièrement sur son précédent album Relations in the Unseen que j’avais du écouter une ou deux fois au moment de sa sortie sans le retenir au final parmi le flot des sorties de l’année 2014.

The Intersphere oeuvrent dans un rock alternatif direct dans la construction mais leur habileté à sortir ci et là des sentiers battus grâce à quelques fulgurances bienvenues les sortent du lot, de même que leur capacité à varier le propos tout en restant constamment accrocheurs et en proposant des refrains mémorables. Voilà également (et ce n’est pas si fréquent) un groupe qui a le bon goût de ménager ses effets et de ne pas griller ses meilleures cartouches dès le début de son album, puisque l’album commence plutôt timidement. C’est d’ailleurs vraiment à partir d' »Overflow » que l’album, jusque-là très agréable, prend une autre dimension et devient carrément bombastic d’autant plus que ce morceau est suivi de l’énorme « Secret Place », peut-être le meilleur morceau de l’album. Mais les suivants seront dans la même veine et les tubes vont s’enchaîner jusqu’à la toute fin de l’album.

Comme je l’ai évoqué, leur capacité à enrichir leur rock d’instrumentations malignes est particulièrement notable. Cette recherche de richesse orchestrale qui s’aventure sur des terres progressives s’avère parfois un peu « too much » sur « Man on the Moon » qui en fait des caisses avec son piano, ses cordes et même ses cuivres. Mais c’est au contraire particulièrement magistral, tout en étant plus mesuré, sur l’excellent « Antitype », titre qui se termine sur une rythmique bien lourde, quasi doom. Ces quelques détours progressifs n’empêchent pas le groupe de nous rappeler régulièrement qu’il est d’abord un groupe de rock qui sait aussi sortir les muscles et balancer des bons gros riffs de bûcheron, à l’image de ces guitares bien pêchues sur « Secret Place » ou « Smoke Screen ». Tout ceci contribue à apporter la variété des ambiances, même si on reste dans un registre bien rock et que le groupe ne donne jamais dans la balade lourdingue.

Evidemment un groupe comme The Intersphere, qui ne pratique pas une musique particulièrement complexe, ne serait pas grand chose sans un chanteur compétent. Sur ce point on est plus que servis puisque Chistoph Hessler est tout simplement un putain de chanteur. Pour situer son timbre évoquerait un mix des chanteurs d’Orgy, Dredg (on pense d’ailleurs régulièrement à ce groupe -R.I.P.- comme sur le final de « Mind Over Matter » ou sur celui de « Linger »), Coheed and Cambria, Foo Fighters ou Anberlin (groupe auquel on pense d’ailleurs sur « Shipwreck », le superbe morceau conclusif de l’album). Au final son timbre sonne frais et illumine les morceaux de l’album, comme sur le morceau titre sur lequel il se montre particulièrement brillant. Il démontre sa capacité à se faire rageur (sans hurler) mais aussi doux et extrêmement mélodique comme sur « Linger » par exemple, démontrant encore l’étendue de ses grandes qualités vocales.

Les allemands sont parfois paresseusement comparés à Muse mais inutile de dire qu’on serait plus près du Muse des débuts avec globalement un son plus américain (flirtant avec celui du Dredg de la grande époque), et que The Intersphere n’ont rien à voir avec l’orientation douteuse récente choisie par les anglais. Ajoutons à la qualité d’écriture des morceaux une production aux petits oignons (que l’on doit d’ailleurs au chanteur du groupe lui-même) ainsi qu’une vraie identité visuelle (allez donc voir les pochettes des albums précédents, toutes dans la même veine et franchement réussies), qui confirment que l’on est bien face à de vrais pro, sûrs de leur affaire (et à raison).

Au final The Grand Delusion est un album en tous points remarquable qui méritait bien qu’on revienne dessus malgré le changement d’année, et qui figurera clairement dans mon top annuel.

Tracklist :
1. Don’t Think Twice
2. Mind Over Matter
3. Man on the Moon
4. Overflow
5. Secret Place
6. Antitype
7. Smoke Screen
8. The Grand Delusion
9. New Maxim
10. Linger
11. You Feel Better When I Feel Bad
12. Shipwreck

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Groupes cités dans la chronique

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Commentaire

  1. jonben says:

    En regardant ces vidéos, ça m’a fait penser à un autre groupr rock alternatif pechu bordeline prog, Anglais eux, Godsticks : https://www.youtube.com/watch?v=jkVNXQxv_IM

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