Tideless – Adrift In Grief

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Style: brutal death + shoegaze ?!Annee de sortie: 2021Label: Autoproduction

Tideless vient de San Diego et a débuté ses activités en 2015 en réunissant quelques membres de la scène metal locale (Xantam, Necrochamber parmi d’autres…). Le groupe californien aura attendu quatre ans après son dernier EP (Eclipsed Blood Horizon) pour sortir son premier long-format, ce Adrift In Grief. Et si ce groupe méconnu est digne d’intérêt, c’est surtout par la double étiquette qui lui a été collée: Tideless jouerait donc du death metal mélangé à du… shoegaze (!). Derrière ce mélange improbable qui m’a invité à jeter une oreille (et finalement les deux puisque je suis là à vous en parler !) se cache en réalité du death atmosphérique valant vraiment le détour !

Mené par un growl ultra caverneux comme fondu dans le décor, Tideless déploie un véritable savoir-faire en matière de composition, plutôt étendues en longueur mais renfermant des progressions très prenantes. L’aspect shoegaze enrobe l’atmosphère d’une réverb peu commune chez un groupe de death metal mais pas non plus trop vaporeuse comme pourrait l’être un My Bloody Valentine par exemple. Ici on s’oriente davantage vers une vision spatiale du death metal (référence perçue directement sur la cover). Le contraste entre cette grosse voix, cet espèce de magma de riffs et cette atmosphère céleste peut surprendre (et peut paraître bancal sur le papier) mais on s’en imprègne très facilement.

Par sa production maison un peu étouffée et ce parti pris ultra brutal mais mélodique, ces cinq compos nous ramènent du côté de Stargazer, de Blood Incantation, d’Artificial Brain (surtout pour leurs thématiques) mais surtout de Lykathea Aflame et de son incroyable Elvenefris (surtout pour cette qualité de prod compressée mais paradoxalement tellement expressive). On se retrouve sur Adrift In Grief ce même aspect torrentiel dans lequel les vocaux monstrueux semblent amalgamés aux instruments, avec quelques notes plus éthérées comme seuls passages « non saturés » au milieu des flots incessants (« Cascading Flesh » ou les arpèges de « Vast And Empty »). Les vitesses sont modulées, n’hésitant pas à ralentir dans des contrées doom conservant le pouvoir de captivation du groupe (« Twilight Luminescence »).

Malgré des titres bien longs et une production à apprivoiser, Tideless parvient à nous embarquer dans son trip cosmique où extrême brutalité et harmonies émotionnelles ne font qu’un. Entre hypnose, sentiment d’immensité et de pesanteur, ce premier album dégage une atmosphère unique et saisissante au pouvoir de séduction se renforçant écoute après écoute. Superbe découverte !

  1. The Disease That Is Time
  2. Cascading Flesh
  3. Vast And Empty
  4. Darkness In The Light
  5. Twilight Luminescence

beunz
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